La clarté du texte biblique concernant la victoire sur le péché est incontestable : “Tu seras irréprochable [tamim, “parfait”] devant le Seigneur ton Dieu” (Deutéronome 18.13) ; “Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait [teleios]” (Matthieu 5.48). Cette attente divine n’est pas un idéal biblique à atteindre dans un avenir indéfini, mais ce que nous sommes appelés à être dès maintenant. L’appel à la perfection repose sur au moins deux hypothèses implicites. Premièrement, le péché est absolument incompatible avec la sainteté et l’intégrité morale de Dieu, et deuxièmement, le péché est non seulement inexcusable mais n’a aucune fonction dans l’univers de Dieu.
La clarté des passages bibliques dissimule en même temps la complexité du sujet, en partie parce que la terminologie utilisée peut être comprise de différentes manières. L’adjectif hébreu tamim pourrait être traduit par “complet, entier, irréprochable, sans défaut”, etc. L’adjectif grec teleios signifie, par exemple, “parfait, complet et mûr”. Dans les deux cas, l’idée de base est l’achèvement. Cela ne diminue en rien le caractère impératif de l’attente divine, mais nous incite à examiner attentivement la nature de la perfection biblique. Le texte biblique la caractérise de différentes manières et l’associe à d’autres sujets qui nous aident à en définir les contours fondamentaux.
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