Attendre et espérer

Au nombre des expériences courantes de la vie, il y a attendre et espérer. Des étudiants demandent une bourse, puis attendent. Tandis que l’attente se prolonge, l’espérance vient à la rescousse, car elle aspire toujours à un résultat positif, même au cœur des incertitudes. Lorsqu’un jeune homme et une jeune femme apprennent à se connaître, ils espèrent qu’ils sont faits l’un pour l’autre, et attendent le grand jour où ils prononceront leurs vœux. Une fois ces vœux prononcés, ils désirent que ce lien sacré les gardera toujours unis dans la promesse divine que les deux seront une seule chair, « os de mes os et chair de ma chair ! » (Gn 2.23)1.

Et ce parcours semé d’attentes et d’espérances se poursuit dans chaque mouvement du cycle tumultueux de la vie – obtenir une éducation de bonne qualité, trouver un emploi, fonder une famille chrétienne, élever des enfants, atteindre la sécurité financière, construire une maison, planifier en vue de la santé et de la sécurité, et attendre l’accomplissement final de l’espérance chrétienne dans le retour de Jésus.

Si la vie chrétienne est une attente liée à l’espérance, l’accomplissement de ces choses semble souvent s’éterniser. L’attente soulève de l’anxiété, engendre des questions, met la patience à l’épreuve, et parfois, suscite des doutes. Cependant, dans la perspective biblique, l’attente et l’espérance sont inséparables et constituent des éléments essentiels de la vie. Hébreux 11 brosse un tableau clair de la façon dont le peuple de Dieu attend et espère. Depuis le début de l’histoire, dès le moment où le péché a envahi la vie humaine, les enfants de Dieu ont été décrits comme faisant un pas à la fois, dans le sentier ardu de la vie, attendant que leur espérance se réalise. De nombreux saints, tels ceux décrits dans Hébreux 11, semblent attendre les saints du temps de la fin, afin qu’ensemble ils complètent le processus de l’attente et héritent l’accomplissement de l’espérance – c’est-à-dire le moment où Jésus, le Créateur et le Rédempteur, nous accueillera à bras ouverts par ces paroles : « Venez, […] prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde » (Mt 25.34). Ainsi, nous attendons et espérons en vue de cet ultime héritage.

Pour le moment, « nous sommes des pèlerins et des étrangers qui attendent, qui espèrent et prient en vue de la bienheureuse espérance et de la glorieuse apparition de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ »2. Cette attente et cette espérance que nous entretenons doivent nous rappeler notre devoir présent et notre fervente responsabilité.

Notre devoir consiste donc à attendre le Seigneur. Les luttes et les forces constantes de la vie doivent nous amener non à nous enliser dans les incertitudes d’aujourd’hui, mais plutôt à les accepter comme des défis où nous plaçons toute notre confiance en le Seigneur et espérons en lui. C’est sans doute cette sorte de relation fondée sur la foi et la confiance qu’Ésaïe a envisagée, il y a fort longtemps, pour les enfants de Dieu, lorsqu’il leur fournit un solide rocher sur lequel ils devaient se tenir : « Mais ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles ; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point » (Es 40.31).

Remarquez la nature de l’attente. L’attente que le prophète de l’Évangile envisage n’a rien d’humain et de terrestre. Les enfants espèrent que leurs parents comblent leurs besoins et réalisent leurs souhaits. Un homme et une femme mariés espèrent compter l’un sur l’autre dans la réalisation de leurs rêves. Un travailleur espère que son patron lui accordera une augmentation de salaire ou une promotion. Un fermier espère la pluie en vue d’une récolte exceptionnelle. Face à de multiples attentes, Ésaïe présente celle qui, au lieu d’échouer au test de la vie, nous ouvrira, au contraire, la porte à des possibilités infinies – à la vie éternelle. « Espère en l’Éternel », dit le prophète. Un autre serviteur de Dieu reprend le refrain : celui qui espère en l’Éternel ne sera jamais confondu. Parfois, la réponse viendra de façon si manifeste que nous en serons surpris. La bénédiction réjouira notre âme et fera jaillir nos louanges à Dieu. Nous serons conscients de l’accomplissement de la promesse : « Avant qu’ils m’invoquent, je répondrai ; avant qu’ils aient cessé de parler, j’exaucerai3. »

Quelle expérience attend ceux qui espèrent en l’Éternel ? Premièrement, Dieu renouvellera leur force. Par nature, les êtres humains sont fragiles, faibles, timides, effrayés, incapables de relever les défis du présent, et incertains de pouvoir faire face à l’inconnu. Ainsi, Dieu lui-même devient leur force. Comme le chante le psalmiste, « Éternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur ! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri ! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite ! » (Ps 18.3) Deuxièmement, Dieu leur fera prendre le vol de l’aigle. Ceux qui espèrent en l’Éternel ont des possibilités aussi élevées que le ciel ! Ils peuvent les atteindre avec facilité et confiance parce que le Seigneur demeure leur pilote éternel et l’encouragement de leur vie. Troisièmement, le fait d’espérer en l’Éternel leur procure les forces dont ils ont besoin, de sorte que ni les obstacles quotidiens, ni les défis inconnus de demain ne peuvent les épuiser ou les faire défaillir.

Dans notre marche vers le royaume, l’acte qui consiste à espérer en l’Éternel constitue le sûr antidote pour chaque obstacle. « L’homme qui espère en L’Éternel puise sa force dans la sienne, et est suffisamment fort pour tenir ferme sous une grande pression. […] Relié au Dieu infini, l’homme devient participant de la nature divine. Les flèches du mal n’ont plus de prise sur lui, car il est revêtu de la justice du Christ4. » Tandis que nous espérons en l’Éternel et renouvelons nos forces pour nous acquitter de nos devoirs et supporter nos attentes, reste encore le défi de vivre dans l’espérance quant à l’avenir. Le psalmiste dit : « J’espère en l’Éternel […] et j’attends sa promesse. » (Ps 130.5) Quelle est cette espérance vers laquelle notre vie doit s’orienter ? La réponse jaillit des Écritures : le retour du Christ. Ce point culminant de l’histoire de la terre constitue l’espérance ultime du chrétien. L’apôtre Paul s’écrie : « En attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres » (Tt 2.13,14).

Notre attente et notre espérance atteindront leur point culminant final au retour de Jésus ! De quelle affirmation plus puissante aurions-nous besoin ? Cet événement est l’apogée de l’histoire ! C’est l’accomplissement de toute l’attente et de toute l’espérance du peuple de Dieu, depuis Adam jusqu’à la dernière génération sur la terre ! Par conséquent, fixons toujours les yeux sur le retour de Jésus. En effet, celui qui a enduré la croix « pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut » (He 9.28).

Ainsi, pour le chrétien, la seule espérance, c’est cette anticipation biblique que Dieu accomplira finalement ce qu’il a promis il y a longtemps. Bien que par la mort et la résurrection du Christ, Dieu « nous [ait] délivrés de la puissance des ténèbres et nous [ait] transportés dans le royaume du Fils de son amour » (Col 1.13), nous pouvons déclarer, à cause de cette espérance, que « notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses » (Ph 3.20,21).

À ce moment-là – lorsque ceux qui étaient pèlerins et étrangers sur cette terre recevront leur citoyenneté céleste – l’attente sera terminée, et l’espérance deviendra une réalité éternelle.

Hudson E. Kibuuka, Rédacteur de Dialogue

Citation recommandée

Hudson E. Kibuuka, « Attendre et espérer », Dialogue 28 (2016/2-3), p. 3-4

REFERENCES

  1. Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.
  2. Ellen G. White, Évangéliser, p. 203.
  3. Idem., The Youth’s Instructor, 23 mars 1893, 6e paragraphe.
  4. Idem., My Life Today, Washington, D.C., Review and Herald, 1952, p. 277.

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