{"id":2381,"date":"2020-06-02T23:01:50","date_gmt":"2020-06-02T23:01:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=2381"},"modified":"2020-06-02T23:01:50","modified_gmt":"2020-06-02T23:01:50","slug":"comment-reagir-a-une-offense","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/comment-reagir-a-une-offense\/","title":{"rendered":"Comment r\u00e9agir \u00e0 une offense ?"},"content":{"rendered":"<p><main class=\"layout-version-1\"><\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"byline\">Mario Pereyra<\/p>\n<p class=\"subhead\">\u00ab\u00a0Si ton fr\u00e8re a p\u00e9ch\u00e9 contre toi, va et reprends-le seul \u00e0 seul. S\u2019il t\u2019\u00e9coute, tu as gagn\u00e9 ton fr\u00e8re\u00a0\u00bb (Matthieu 18.15, NBS).<\/p>\n<p>Collette Malreux se l\u00e8ve p\u00e9niblement. Tout son corps lui fait mal et son visage est couvert de bleus. La nuit derni\u00e8re, Pierre, son mari, l\u2019a battue, pris de rage. Elle se contemple dans le miroir et \u00e9tale une \u00e9paisse couche de maquillage sur ses h\u00e9matomes et sur les parties gonfl\u00e9es de son visage. Elle ram\u00e8ne ses cheveux sur un c\u00f4t\u00e9 pour couvrir un \u0153il au beurre noir, tentant de se rendre pr\u00e9sentable pour aller au travail.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Jacques est furieux. Jean-Luc, son coll\u00e8gue de travail, a pr\u00e9sent\u00e9 une proposition au comit\u00e9 directeur de leur entreprise, ce qui lui a donn\u00e9 de l\u2019importance au sein de la maison et lui a valu une augmentation de salaire. Mais Jacques est en col\u00e8re parce que l\u2019id\u00e9e \u00e0 la base de cette proposition \u00e9tait la sienne et qu\u2019il en avait fait part \u00e0 Jean-Luc lors d\u2019une conversation amicale. Il passe ses journ\u00e9es \u00e0 m\u00e9diter sa revanche, voulant ch\u00e2tier son tra\u00eetre de coll\u00e8gue.<\/p>\n<p>Odette re\u00e7oit un appel anonyme. On lui dit qu\u2019Andr\u00e9, son mari, la trompe avec sa secr\u00e9taire. Quand Andr\u00e9 rentre du travail, elle le confronte \u00e0 son infid\u00e9lit\u00e9 \u2014 exp\u00e9rience traumatisante pour leur mariage. Apr\u00e8s de longues semaines de th\u00e9rapie conjugale et de nombreuses conversations, ils parviennent \u00e0 surmonter cette crise. Aussi douloureuse qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9, cette exp\u00e9rience, admettent-ils tous deux, a contribu\u00e9 \u00e0 renforcer leur mariage.<\/p>\n<p>Examinons ces trois r\u00e9actions \u00e0 des situations d\u2019offense. Collette subit la violence, la camouflant avec deux cosm\u00e9tiques \u2014 le silence et la dissimulation \u2014 ce qui nourrit et perp\u00e9tue la situation. Bless\u00e9, Jacques r\u00e9agit avec agressivit\u00e9, suivant le principe \u00ab\u00a0\u0153il pour \u0153il, dent pour dent\u00a0\u00bb. Odette affronte avec courage sa crise et la douleur qui l\u2019accompagne, afin de sauver son mariage. Nous avons l\u00e0 trois r\u00e9actions typiques \u00e0 la douleur de l\u2019offense\u00a0: attitude passive, r\u00e9action agressive et conduite sociale proactive de n\u00e9gociation et de r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>Depuis 1992, avec un groupe de coll\u00e8gues de l\u2019universit\u00e9 adventiste de River Plate, en Argentine, nous observons la mani\u00e8re dont les gens r\u00e9agissent aux offenses, les troubles provoqu\u00e9s par les frictions interpersonnelles et les modalit\u00e9s permettant de surmonter les disputes (Moreno et Delfino, 1993\u00a0; Pereyra, 1996, 2003\u00a0; Moreno et Pereyra, 1999, 2000, 2001). Nos recherches ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019existence de huit attitudes caract\u00e9ristiques. Les attitudes sont des formes distinctes de comportement qui refl\u00e8tent diff\u00e9rents \u00e9tats de l\u2019\u00e9motion, de la pens\u00e9e et de la volont\u00e9. On peut d\u00e9finir comme suit ces huit-l\u00e0.<\/p>\n<h2>Huit attitudes<\/h2>\n<p>1.\u00a0<em>Soumission<\/em>\u00a0: acceptation passive de l\u2019insulte, avec subordination de la personne \u00e0 la critique ou \u00e0 l\u2019attitude de reproche de l\u2019offenseur et invention de justifications pour se faire humble ou se diminuer soi-m\u00eame \u2014 exemples\u00a0: \u00ab\u00a0Je le m\u00e9rite\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0C\u2019est de ma faute\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>2.\u00a0<em>D\u00e9ni<\/em>\u00a0: exclusion consciente hors de la m\u00e9moire des id\u00e9es ou sentiments associ\u00e9s au mal subi\u00a0; efforts pour \u00ab\u00a0oublier tout \u00e7a\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>3.\u00a0<em>R\u00e9action hostile<\/em>\u00a0: pr\u00e9disposition \u00e0 r\u00e9agir imm\u00e9diatement avec violence, en attaquant l\u2019agresseur sur le m\u00eame mode que le sien\u00a0; attitude primaire qui peut soulager de son ressentiment le sujet concern\u00e9 mais qui aggravera probablement le conflit avec la personne cible de ce coup d\u2019\u00e9motion.<\/p>\n<p>4.\u00a0<em>Revanche<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0\u0153il pour \u0153il, dent pour dent\u00a0\u00bb. Recherche et planification d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es de la vengeance, pour tenter de faire subir \u00e0 l\u2019offenseur un sort similaire ou plus grave que celui endur\u00e9 par le sujet. Cette fa\u00e7on de r\u00e9agir diff\u00e8re aussi de l\u2019attitude pr\u00e9c\u00e9dente en ce qu\u2019elle n\u2019est pas imm\u00e9diate \u2014 un grand laps de temps pouvant s\u2019\u00e9couler avant que ne s\u2019exercent les repr\u00e9sailles.<\/p>\n<p>5.\u00a0<em>Ressentiment<\/em>\u00a0: tendance \u00e0 accumuler des sentiments de col\u00e8re et de haine, avec rem\u00e9moration fr\u00e9quente du mal subi, maintien de comportements d\u2019animosit\u00e9 et de ranc\u0153ur envers la personne coupable sans pour autant se livrer \u00e0 des actes vengeurs proprement dits comme dans l\u2019attitude de revanche d\u00e9crite ci-dessus.<\/p>\n<p>6.\u00a0<em>Explication<\/em>\u00a0: confrontation avec l\u2019offenseur pour obtenir une explication, une justification ou un motif de son action, afin de surmonter la discorde par le dialogue et de \u00ab\u00a0clarifier la situation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>7.\u00a0<em>Pardon<\/em>\u00a0: cette attitude est elle aussi centr\u00e9e sur la communication mais parvient \u00e0 la compr\u00e9hension pour d\u00e9gager de mani\u00e8re satisfaisante les causes de la dispute\u00a0; le sujet se refuse \u00e0 toute action hostile, \u00e0 la vengeance ou \u00e0 la ranc\u0153ur.<\/p>\n<p>8.\u00a0<em>R\u00e9conciliation<\/em>\u00a0: surmonter la discorde par le dialogue et gr\u00e2ce \u00e0 une pr\u00e9disposition au pardon, tout comme dans les deux attitudes pr\u00e9c\u00e9dentes, mais avec en plus l\u2019intention de restaurer des liens d\u2019affection avec l\u2019offenseur, pour r\u00e9tablir une bonne relation.<\/p>\n<p>Quand nous avons pratiqu\u00e9 l\u2019analyse statistique de centaines d\u2019\u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es avec un test con\u00e7u pour la mesure de ces attitudes (Questionnaire d\u2019attitudes en situation d\u2019offense, ou QASO [Moreno et Pereyra, 2000]), auquel s\u2019\u00e9taient soumis des gens des deux sexes d\u2019\u00e2ges divers et aux situations maritales, aux croyances et aux origines diff\u00e9rentes, nous avons d\u00e9couvert que ces formes sp\u00e9cifiques de r\u00e9action correspondaient \u00e0 trois grands mod\u00e8les primaires.<\/p>\n<h2>Trois r\u00e9actions comportementales g\u00e9n\u00e9rales<\/h2>\n<p>En d\u2019autres termes, lorsque nous sommes victimes d\u2019un affront, nous r\u00e9agissons selon l\u2019une de ces trois modalit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales de comportement, comme ce fut le cas pour Colette, Jacques et Odette. La premi\u00e8re pr\u00e9sente les attitudes de soumission et de d\u00e9ni, ce que l\u2019on peut interpr\u00e9ter comme une tendance \u00e0 int\u00e9rioriser les impulsions hostiles, \u00e0 les r\u00e9primer ou \u00e0 les nier. C\u2019est le cas de la personne qui \u00ab\u00a0ravale\u00a0\u00bb ou contr\u00f4le \u00e9troitement ses \u00e9motions, montrant au dehors une apparence de calme, \u00ab\u00a0prenant les choses avec courage\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La seconde modalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de r\u00e9action correspond \u00e0 des comportements d\u2019hostilit\u00e9, de revanche et de ressentiment. \u00c0 la diff\u00e9rence des comportements de soumission, cette tendance fait la part belle \u00e0 l\u2019agression, quand on s\u2019assure de bien faire du mal \u00e0 ceux qui nous en ont fait. Elle implique des \u00ab\u00a0explosions\u00a0\u00bb et des moments o\u00f9 l\u2019on est boulevers\u00e9, qui alimentent la col\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle puisse \u00eatre lib\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me forme de r\u00e9action canalise les \u00e9motions par le dialogue et la n\u00e9gociation. Elle embrasse les trois derni\u00e8res attitudes d\u00e9cel\u00e9es \u2014 explication, pardon et r\u00e9conciliation et consiste \u00e0 chercher \u00e0 surmonter les conflits, \u00e0 pr\u00e9server de bonnes relations interpersonnelles et \u00e0 g\u00e9rer le probl\u00e8me par la communication, comme l\u2019a fait Odette.<\/p>\n<h2>R\u00e9sultats de la recherche<\/h2>\n<p>De multiples \u00e9tudes scientifiques indiquent que tant la r\u00e9pression et le d\u00e9ni de l\u2019agression (premier mode g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9action) que l\u2019ext\u00e9riorisation violente des \u00e9motions hostiles (second mode g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9action) peuvent se trouver associ\u00e9s \u00e0 de graves troubles physiques et mentaux. On peut donc en d\u00e9duire que les comportements de dialogue, de pardon et de r\u00e9conciliation sont plut\u00f4t li\u00e9s \u00e0 une bonne sant\u00e9. Lors d\u2019une \u00e9tude men\u00e9e sur un \u00e9chantillon de 126 jeunes adultes normaux, on a d\u00e9couvert que ceux qui disaient souffrir d\u2019une plus grande proportion de sympt\u00f4mes psychosomatiques figuraient sur des \u00e9chelons plus \u00e9lev\u00e9s des \u00e9chelles de revanche et de ranc\u0153ur\u00a0; par contraste, ceux dont les r\u00e9actions relevaient plut\u00f4t du pardon ou de la r\u00e9conciliation ont pr\u00e9sent\u00e9 une corr\u00e9lation n\u00e9gative avec des sympt\u00f4mes \u00ab\u00a0n\u00e9vrotiques\u00a0\u00bb (Pereyra et Kerbs, 1998).<\/p>\n<p>Une autre \u00e9tude, men\u00e9e par A. Barchi (1999) a compar\u00e9 des patients ayant fait une tentative de suicide avec un \u00e9chantillon de contr\u00f4le. Barchi a d\u00e9couvert que le groupe des suicidaires se situait \u00e0 des niveaux significativement plus \u00e9lev\u00e9s sur trois \u00e9chelles d\u2019agressivit\u00e9. On a observ\u00e9 le m\u00eame r\u00e9sultat lors d\u2019une \u00e9tude de patients en dialyse pour d\u00e9ficience r\u00e9nale chronique (Pereyra, Bernhardt et Fontana, 1999).<\/p>\n<p>La documentation sur ce th\u00e8me fait appara\u00eetre que ceux qui n\u2019expriment jamais leurs \u00e9motions mais les accumulent au plus profond d\u2019eux-m\u00eames sont les plus pr\u00e9dispos\u00e9s au cancer. Pareillement, la lib\u00e9ration de la col\u00e8re sur un mode explosif, \u00e9motionnellement violent, peut aussi provoquer des affections telles que les crises cardiaques ou d\u2019autres sympt\u00f4mes cardio-vasculaires.<\/p>\n<p>La documentation existante a d\u00e9fini les \u00ab\u00a0personnalit\u00e9s de type A\u00a0\u00bb comme des personnes r\u00e9actives, emphatiques, qui explosent facilement une fois provoqu\u00e9es. Parmi elles, on note une fr\u00e9quence certaine des cas de crises cardiaques, d\u2019embolies c\u00e9r\u00e9brales ou d\u2019autres troubles cardio-vasculaires graves. Ces informations ne permettent pars n\u00e9cessairement de pr\u00e9voir ce qui va arriver \u00e0 quelqu\u2019un, mais montrent seulement une corr\u00e9lation entre les tendances de la mani\u00e8re de r\u00e9agir aux agressions et les tendances pathologiques.<\/p>\n<p>Pour \u00e9tudier cette corr\u00e9lation, nous avons propos\u00e9 le QASO \u00e0 plus de 50 patients des deux sexes souffrant de diff\u00e9rents types de cancer et \u00e0 50 autres qui souffraient de diverses maladies cardio-vasculaires. Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude correspondent bien \u00e0 ce que l\u2019on trouve dans les publications sur le sujet\u00a0; les diff\u00e9rences \u00e9taient significatives pour les trois facteurs, en particulier dans le cas des \u00ab\u00a0r\u00e9actions passives\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019occurrence d\u2019attitudes soumises \u00e9tait significative chez les patients atteints de cancer. Par ailleurs, si les membres du premier groupe cit\u00e9 adoptaient fr\u00e9quemment une position de d\u00e9ni, les cardiaques se montraient plus hostiles et prompts \u00e0 la ranc\u0153ur, allant m\u00eame plus loin encore dans ce sens quant \u00e0 leur rapport avec Dieu, comme s\u2019ils le bl\u00e2maient pour leurs souffrances et pour leur maladie (Moreno et Pereyra, 2000).<\/p>\n<p>Enfin, une autre \u00e9tude des plus int\u00e9ressantes (ibid.), bas\u00e9e sur un \u00e9chantillon de 863 personnes de cinq pays du continent am\u00e9ricain et d\u2019orientations religieuses diff\u00e9rentes, a fait appara\u00eetre que celles qui admettaient poss\u00e9der des convictions et des coutumes religieuses bien vivantes pr\u00e9sentaient, en contraste avec celles qui n\u2019en avaient pas, des degr\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rents dans tous les types d\u2019attitude face \u00e0 une offense. C\u2019est en mati\u00e8re de r\u00e9action agressive que ces diff\u00e9rences \u00e9taient le plus marqu\u00e9es. Les personnes non religieuses pr\u00e9sentaient le niveau le plus \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9sir de revanche, de ranc\u0153ur et d\u2019hostilit\u00e9, alors que les croyants faisaient montre d\u2019un degr\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 de pr\u00e9disposition \u00e0 la soumission et au d\u00e9ni, ainsi que des comportements tendant au dialogue et \u00e0 la qu\u00eate du pardon et de la r\u00e9conciliation.<\/p>\n<h2>Une perspective biblique<\/h2>\n<p>La Bible ne cesse de nous surprendre avec ses concepts qui nous \u00e9tonnent et nous \u00e9clairent. Les r\u00e9sultats des recherches que nous avons pr\u00e9sent\u00e9s jusqu\u2019ici viennent conforter ce que la parole de Dieu nous dit \u00e0 propos des relations entre \u00eatres humains. Dans le sermon sur la montagne, J\u00e9sus s\u2019est \u00e9lev\u00e9 avec s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 contre l\u2019usage de l\u2019insulte et de l\u2019agression. Il en a fait un objet de jugement, m\u00e9ritant d\u2019\u00eatre condamn\u00e9. Qui offense un \u00ab\u00a0fr\u00e8re\u00a0\u00bb devra para\u00eetre non seulement devant un simple juge mais aussi devant quelqu\u2019un de plus haut, avec \u00e0 la cl\u00e9 une sentence plus grave\u00a0: il \u00ab\u00a0sera passible de la g\u00e9henne de feu\u00a0\u00bb (Matthieu 5.22, NBS).<\/p>\n<p>L\u2019agression consume celui qui la perp\u00e8tre et il est imp\u00e9ratif, \u00e0 ce titre, d\u2019y rem\u00e9dier promptement en faisant le n\u00e9cessaire pour se r\u00e9concilier avec la victime. Pour souligner le caract\u00e8re urgent et obligatoire de la restauration d\u2019une relation endommag\u00e9e, la Bible d\u00e9clare que l\u2019on doit accorder \u00e0 ce devoir un degr\u00e9 de priorit\u00e9 sup\u00e9rieur m\u00eame \u00e0 l\u2019accomplissement des obligations religieuses, telles qu\u2019apporter une offrande \u00e0 l\u2019autel (versets 23, 24). La loi sugg\u00e8re que, si l\u2019on ne parvient pas \u00e0 obtenir la r\u00e9conciliation avec un adversaire, on doit s\u2019efforcer de parvenir \u00e0 un accord avec lui, afin que la situation n\u2019aboutisse pas devant un juge (versets 26, 27). On appellera \u00ab\u00a0r\u00e9conciliation\u00a0\u00bb cette formule de r\u00e9solution des conflits, ou \u00ab\u00a0m\u00e9diation\u00a0\u00bb s\u2019il y a intervention d\u2019un tiers.<\/p>\n<p>Mais que peut-on faire si, malgr\u00e9 tout cela, l\u2019agresseur ne remplit pas son devoir, qui est de prendre l\u2019initiative de mettre un terme au conflit, ou s\u2019il n\u2019en a peut-\u00eatre pas conscience\u00a0? L\u2019\u00c9criture pr\u00e9voit aussi pareille situation. Dans Matthieu 18, J\u00e9sus revient sur le sujet, admonestant la victime\u00a0: \u00ab\u00a0Si ton fr\u00e8re a p\u00e9ch\u00e9 contre toi, va et reprends-le\u00a0\u00bb (Matthieu 18.15). C\u2019est \u00e0 celui \u00e0 qui l\u2019on a fait du tort qu\u2019\u00e9choit alors la responsabilit\u00e9 de faire cesser le conflit. En pratiquant une lecture conjointe de Matthieu 5 et 18, on comprend que c\u2019est en premier lieu \u00e0 l\u2019agresseur qu\u2019il revient de r\u00e9soudre le probl\u00e8me, mais que si, apr\u00e8s un laps de temps raisonnable, il n\u2019a toujours pas agi en ce sens, c\u2019est alors la victime qui doit prendre l\u2019initiative afin de parvenir \u00e0 un accord. Pour y parvenir, la Bible recommande de passer par une s\u00e9rie d\u2019\u00e9tapes (versets 16, 17).<\/p>\n<p>Nos recherches montrent que ceux qui jouissent d\u2019une conviction religieuse ont tendance \u00e0 r\u00e9soudre les conflits interpersonnels par le dialogue priv\u00e9, tout comme l\u2019a conseill\u00e9 le Christ. Mais une proportion \u00e9lev\u00e9e de gens pr\u00e9f\u00e8re n\u00e9anmoins oublier la dispute, mettre de c\u00f4t\u00e9 les divergences et continuer comme si de rien n\u2019\u00e9tait, pensant que l\u00e0 r\u00e9side la meilleure solution.<\/p>\n<p>Il arrive pourtant que le silence intensifie la douleur et renforce les murs de s\u00e9paration. Le dialogue, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, nous aide \u00e0 ma\u00eetriser les turbulences de nos \u00e9motions, \u00e0 parvenir \u00e0 l\u2019harmonie et \u00e0 pr\u00e9server les relations interpersonnelles de la dissolution. Pour accomplir ces objectifs, le dialogue doit se d\u00e9rouler dans des conditions appropri\u00e9es, une fois que la col\u00e8re est calm\u00e9e et quand la r\u00e9conciliation est en mesure de surmonter les malentendus, pour la sauvegarde de l\u2019amiti\u00e9. Le maintien d\u2019un r\u00e9seau ouvert de relations amicales et satisfaisantes avec nos voisins est favorable \u00e0 une bonne sant\u00e9 mentale. Cela contribue \u00e0 pr\u00e9server un sentiment de bien-\u00eatre et \u00e0 garder intacte notre joie de vivre.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi qu\u2019il est bon de se souvenir de l\u2019exhortation de Paul\u00a0: \u00ab\u00a0S\u2019il est possible, pour autant que cela d\u00e9pende de vous, soyez en paix avec tous\u00a0\u00bb (Romains 12.18, NBS).<\/p>\n<p class=\"about\">Mario Pereyra (doctorat de l\u2019universit\u00e9 de C\u00f3rdoba) dirige le d\u00e9partement de psychologie clinique de l\u2019universit\u00e9 de Montemorelos, au Mexique. On peut le joindre par le site www.mariorpereyra.com.<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>PEREYRA Mario, \u00ab Comment r\u00e9agir \u00e0 une offense\u00a0? \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a016 (2004\/1), p. 5-7<\/p>\n<h2>R\u00c9F\u00c9RENCES<\/h2>\n<section class=\"references\">A. Barchi (1999), \u00ab\u00a0Organizaci\u00f3n familiar, agresividad y esperanza en intentos de suicidio\u00a0\u00bb, th\u00e8se, universit\u00e9 adventiste de River Plate, Libertador San Mart\u00edn, Argentine.<\/p>\n<p>E. Moreno et C. Delfino (1993), \u00ab\u00a0Estudio sobre el significado referencial de la noci\u00f3n de perd\u00f3n\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Enfoques<\/em>\u00a05:12, p. 54-65.<\/p>\n<p>E. Moreno et M. Pereyra (1999), \u00ab\u00a0Aplicaciones cl\u00ednicas del CASA. Estudio comparativo con pacientes cardiol\u00f3gicos, oncol\u00f3gicos, renales cr\u00f3nicos y psiqui\u00e1tricos con intento suicida\u00a0\u00bb, contribution au XXVIIe Congreso Interamericano de Psicolog\u00eda, Caracas, Venezuela.<\/p>\n<p>E. Moreno et M. Pereyra (2000),\u00a0<em>Cuestionario de actitudes frente a situaciones de agravio\u00a0: Fundamentaci\u00f3n te\u00f3rica. validaci\u00f3n y administraci\u00f3n.<\/em>\u00a0Universit\u00e9 adventiste de River Plate, Argentine.<\/p>\n<p>Moreno E. et Pereyra M. (2001). \u00ab\u00a0Attitude toward offenders scale\u00a0: Assessment, validation and research\u00a0\u00bb, in Manuela Mart\u00ednez, \u00e9d.,\u00a0<em>Prevention and Control of Aggression and the Impact on its Victims<\/em>\u00a0(New York\u00a0: Kluwer Academic\/Plenum Publishers), p. 377-384.<\/p>\n<p>M. Pereyra (1996),<em>\u00a0Estrategias y t\u00e9cnicas de reconciliaci\u00f3n<\/em>. Psicoteca Editorial, Buenos Aires, Argentine.<\/p>\n<p>M. Pereyra et M. Ag\u00fcero de Kerbs (1998), \u00ab\u00a0Personalidad, esperanza-desesperanza, control de la agresividad y salud mental en adventistas y no adventistas\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Theologika<\/em>\u00a012:2, p. 330-355.<\/p>\n<p>M. Pereyra, E. Bernhardt et A. Fontana (1999), \u00ab\u00a0Esperanza-desesperanza y manejo de la agresividad en pacientes renales cr\u00f3nicos en hemodi\u00e1lisis\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Psicolog\u00eda y Salud<\/em>\u00a0113, p. 63-71.<\/p>\n<p>M. Pereyra (2003),\u00a0<em>Reconciliaci\u00f3n\u00a0: C\u00f3mo reparar los v\u00ednculos da\u00f1ados.<\/em> Publication de l\u2019universit\u00e9 de Montemorelos, Montemorelos, Mexique.<\/p>\n<\/section>\n<\/div>\n<p><\/main><\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2020 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mario Pereyra \u00ab\u00a0Si ton fr\u00e8re a p\u00e9ch\u00e9 contre toi, va et reprends-le seul \u00e0 seul. S\u2019il t\u2019\u00e9coute, tu as gagn\u00e9 ton fr\u00e8re\u00a0\u00bb (Matthieu 18.15, NBS). Collette Malreux se l\u00e8ve p\u00e9niblement. Tout son corps lui fait mal et son visage est couvert de bleus. La nuit derni\u00e8re, Pierre, son mari, l\u2019a battue, pris de rage. Elle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":2383,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[220,218,213,217,222],"tags":[1022,1023],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2381"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2381"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2381\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2383"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2381"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2381"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2381"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}