{"id":2266,"date":"2020-05-01T07:30:31","date_gmt":"2020-05-01T07:30:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=2266"},"modified":"2020-05-04T23:37:08","modified_gmt":"2020-05-04T23:37:08","slug":"meme-si-lunivers-seffondrait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/meme-si-lunivers-seffondrait\/","title":{"rendered":"M\u00eame si l\u2019univers s\u2019effondrait"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"byline\">Greg A. King<\/p>\n<p>Il y a deux ans, lors d\u2019un voyage en Isra\u00ebl, j\u2019ai visit\u00e9\u00a0<em>Yad Vashem<\/em>, le mus\u00e9e de l\u2019Holocauste. Si vous \u00eates all\u00e9 soit au\u00a0<em>Yad Vashem<\/em>\u00a0soit \u00e0 son \u00e9quivalent \u00e0 Washington, vous savez que c\u2019est une exp\u00e9rience m\u00e9morable \u2014 saisissante serait peut-\u00eatre plus pr\u00e9cis. J\u2019ai d\u00e9ambul\u00e9 dans le Hall des enfants, o\u00f9 une voix \u00e9gr\u00e8ne nom apr\u00e8s nom des jeunes dont la vie a \u00e9t\u00e9 abr\u00e9g\u00e9e lors de cette folie. J\u2019ai vu l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 des pierres grav\u00e9es \u00e0 la m\u00e9moire de tous les Juifs gaz\u00e9s \u00e0 Dachau, Treblinka, Sobior, Auschwitz et autres maisons d\u2019horreurs construites par Hitler et ses sbires.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La seule note positive pendant cette visite triste et accablante fut ma travers\u00e9e de l\u2019Avenue des Gentils justes. Cette all\u00e9e est bord\u00e9e d\u2019arbres plant\u00e9s en l\u2019honneur de non-juifs qui ont \u0153uvr\u00e9 \u00e0 arracher des Juifs \u00e0 la mort, parfois au prix de leur vie. Chaque personne est comm\u00e9mor\u00e9e par un arbre et une plaque. L\u2019une d\u2019entre elles porte le nom de John Weidner, le pasteur adventiste qui a presque perdu la vie, en tant que dirigeant du r\u00e9seau souterrain entre la Hollande et Paris, et dont la s\u0153ur est morte aux mains des nazis<sup>1<\/sup>.<\/p>\n<h2>Prendrais-je le risque\u00a0?<\/h2>\n<p>En r\u00e9fl\u00e9chissant sur le\u00a0<em>Yad Vashem<\/em>, je me demande\u00a0: ai-je le courage moral d\u2019un John Weidner\u00a0? D\u2019autres situations que l\u2019Holocauste invitent aussi \u00e0 ce type de questions. Est-ce que je me faufilerais dans une foule en col\u00e8re pour sauver quelqu\u2019un d\u2019un autre groupe ethnique, comme cela a \u00e9t\u00e9 fait lors des \u00e9meutes \u00e0 Los Angeles il y a quelques ann\u00e9es\u00a0? Est-ce que je mettrais de c\u00f4t\u00e9 ma propre s\u00e9curit\u00e9 pour sauver personne apr\u00e8s personne tout en glissant vers ma mort sous les eaux glac\u00e9es du Potomac, \u00e0 Washington, comme l\u2019a fait un h\u00e9ros apr\u00e8s le crash de ce vol d\u2019Air Florida il y a quelques an-n\u00e9es\u00a0? Refuserais-je de participer \u00e0 une \u00e9preuve des Jeux Olympiques si elle devait avoir lieu lors de mon jour d\u2019adoration, me privant apparemment de ma meilleure occasion d\u2019obtenir une m\u00e9daille d\u2019or, comme l\u2019a fait Eric Liddell dans\u00a0<em>Chariots de feu<\/em>\u00a0? En somme, mes actions se basent-elles sur des principes plut\u00f4t que sur l\u2019opportunisme\u00a0? Suis-je pr\u00eat, selon les termes d\u2019Ellen White, \u00e0 tenir \u00ab\u00a0pour la justice et la v\u00e9rit\u00e9 m\u00eame si l\u2019univers s\u2019effondrait<sup>2<\/sup>\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 notre d\u00e9sir profond de montrer du courage moral et de prendre des d\u00e9cisions fond\u00e9es sur des principes, il n\u2019est pas toujours facile de vivre ainsi dans notre soci\u00e9t\u00e9 moderne. En fait, c\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s aussi difficile que la t\u00e2che ardue qu\u2019est l\u2019ascension de l\u2019Everest. C\u2019est en g\u00e9n\u00e9ral plus facile de s\u2019asseoir quand les choses se compliquent plut\u00f4t que de d\u00e9fendre v\u00e9rit\u00e9 et justice m\u00eame si l\u2019univers s\u2019\u00e9croule. Pourquoi\u00a0? Il y a diff\u00e9rentes raisons, mais la tentation qu\u2019apportent la mentalit\u00e9 et les valeurs du postmodernisme en est s\u00fbrement une. Cette mentalit\u00e9, c\u2019est notamment la fa\u00e7on de penser et d\u2019\u00e9valuer que les m\u00e9dias et les grands de la pens\u00e9e ou des loisirs promeuvent r\u00e9guli\u00e8rement, une mentalit\u00e9 hostile \u00e0 l\u2019engagement spirituel et au d\u00e9veloppement moral. Un certain nombre de tendances de notre soci\u00e9t\u00e9 contemporaine cherchent \u00e0 nous distraire, nous chr\u00e9tiens, de la fa\u00e7on dont nous devrions vivre et penser. Ces tendances sont pour nous quelques-uns des d\u00e9fis les plus grands dans l\u2019ascension de notre Everest et notre d\u00e9fense de la justice et de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<h2>La tendance \u00e0 la s\u00e9cularisation<\/h2>\n<p>Quelles sont ces tendances au juste\u00a0? Nous devons les identifier pr\u00e9cis\u00e9ment, comme les docteurs doivent \u00e9tablir un diagnostic correct pour administrer un traitement appropri\u00e9. La premi\u00e8re est la s\u00e9cularisation. C\u2019est en quelque sorte la religion populaire de notre \u00e9poque. Le russe Soljenitsyne, candidat au prix Nobel, l\u2019a formul\u00e9 ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0Si on me demandait de d\u00e9finir bri\u00e8vement la caract\u00e9ristique principale du XXe si\u00e8cle, l\u00e0 aussi je serais incapable de trouver autre chose de plus pr\u00e9cis et concis que de r\u00e9p\u00e9ter une fois de plus\u00a0: \u201c Les hommes ont oubli\u00e9 Dieu. \u201d\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme l\u2019ont bien d\u00e9montr\u00e9 Phillip Johnson et d\u2019autres, le naturalisme philosophique, et l\u2019id\u00e9ologie mat\u00e9rialiste qui l\u2019accompagne, dominent les principales institutions de notre soci\u00e9t\u00e9<sup>3<\/sup>. Cette philosophie rend le surnaturel impossible et nie donc la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un Dieu cr\u00e9ateur transcendant. Le naturalisme est une religion fondamentaliste en elle-m\u00eame, car c\u2019est un syst\u00e8me ferm\u00e9, et ses adh\u00e9rents ont tendance \u00e0 d\u00e9nigrer et avilir quiconque mettrait en question l\u2019orthodoxie \u00e9tablie.<\/p>\n<p>Dans les victoires remport\u00e9es par ceux qui sont engag\u00e9s dans cette religion du s\u00e9culier, la plus importante se situe au niveau du syst\u00e8me scolaire. Cela s\u2019est produit si graduellement que l\u2019on doit regarder les vestiges du pass\u00e9 pour se souvenir de comment c\u2019\u00e9tait avant. Il est difficile de comprendre, par exemple, qu\u2019au milieu du campus de Duke University, aujourd\u2019hui c\u00e9l\u00e8bre pour ses championnats de basket-ball, une plaque dit ceci\u00a0: \u00ab\u00a0Duke University se propose d\u2019affirmer la foi en l\u2019union \u00e9ternelle de la connaissance et de la religion d\u00e9termin\u00e9e par les enseignements et le caract\u00e8re de J\u00e9sus, le Fils de Dieu.\u00a0\u00bb Voil\u00e0 ce que Duke repr\u00e9sentait \u00e0 un moment donn\u00e9. Aujourd\u2019hui, toute affirmation pr\u00e9tendant que Duke est une universit\u00e9 chr\u00e9tienne d\u00e9clencherait soit une temp\u00eate de protestations soit des \u00e9clats de rires. Duke rejoint ainsi Harvard, Yale et de nombreuses autres institutions d\u2019enseignement prestigieuses qui ont voyag\u00e9 le long de cette rue \u00e0 sens unique \u2014 parce qu\u2019aucune universit\u00e9 ne va dans l\u2019autre direction de l\u2019incroyance \u00e0 la foi. Les \u00e9coles ont pris le chemin descendant de la facilit\u00e9, voyageant, comme le titre du r\u00e9cent ouvrage de l\u2019historien de l\u2019Eglise George Marsden,\u00a0<em>From Protestant Establishment to Established Nonbelief<\/em><sup>4<\/sup>\u00a0(De l\u2019Establishment protestant \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de la non-croyance).<\/p>\n<p>Ne croyons pas que les chr\u00e9tiens, adventistes inclus, ne soient pas affect\u00e9s par la religion du s\u00e9culier. En raison des points de vue s\u00e9culiers qui envahissent la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, en particulier dans le domaine acad\u00e9mique, nous nous retrouvons parfois en train de lutter avec des questions comme la validit\u00e9 de la pri\u00e8re, la croyance en un Dieu personnel, ou la r\u00e9alit\u00e9 de la Bible en tant que r\u00e9v\u00e9lation de Dieu \u00e0 l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<h2>La tendance au relativisme moral<\/h2>\n<p>Une autre tendance qui s\u2019insinue dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine est le relativisme moral, ce que Robert Simon appelle \u00ab\u00a0absolutophobie\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la peur, le rejet ou le d\u00e9nigrement des absolus moraux<sup>5<\/sup>. L\u2019article de Simon et un autre l\u2019accompagnant dans le m\u00eame num\u00e9ro r\u00e9cent de\u00a0<em>The Chronicle of Higher Education<\/em>, tous deux publi\u00e9s sous le titre \u00ab\u00a0Suspendre tout jugement moral\u00a0: Etudiants qui refusent de condamner l\u2019impensable\u00a0\u00bb, soulignent cette r\u00e9ticence \u00e0 faire des jugements moraux qui pr\u00e9vaut dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine. Dans l\u2019article l\u2019accompagnant, Kay Haugaard, enseignante \u00e0 Pasadena City College, relate une exp\u00e9rience r\u00e9cente dans sa classe d\u2019\u00e9criture libre<sup>6<\/sup>. Les \u00e9tudiants devaient lire la nouvelle de Shirley Jackson intitul\u00e9e \u00ab\u00a0The Lottery\u00a0\u00bb, qui d\u00e9crit un rite annuel dans un village de campagne am\u00e9ricain. C\u2019est un rituel sinistre car la loterie d\u00e9termine un candidat au sacrifice humain annuel. Ce rite macabre est cens\u00e9 assurer une bonne r\u00e9colte. On fait rapidement taire tout villageois qui remettrait en question le rituel. Dans l\u2019histoire, une femme nomm\u00e9e Tess Hutchinson est la victime malchanceuse. Lorsque son mari tire le malheureux ticket de la bo\u00eete noire, les gens du village se pr\u00e9cipitent sur elle et la lapident \u00e0 mort, y compris son fils de quatre ans.<\/p>\n<p>Selon le professeur Haugaard, les classes des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes avaient toujours su reconna\u00eetre les apports et les le\u00e7ons de l\u2019auteur dans cette histoire fictive. Ils avaient toujours relev\u00e9 les dangers inh\u00e9rents d\u2019une approche irr\u00e9fl\u00e9chie des rituels et des habitudes, sans examiner leur logique avec soin. Les \u00e9tudiants avaient aussi r\u00e9guli\u00e8rement reconnu le pouvoir de la foule et le danger d\u2019y succomber. Cette histoire n\u2019avait jamais manqu\u00e9 de parler \u00e0 leur sens du bien et du mal.<\/p>\n<p>Mais cette fois-l\u00e0, la discussion autour de cette histoire est partie dans une autre direction. Le commentaire d\u2019une \u00e9tudiante\u00a0: \u00ab\u00a0Eh bien, je donne au personnel de notre h\u00f4pital un cours sur la compr\u00e9hension multiculturelle, et si cela fait partie de leur culture et que cela leur convient, comme on nous enseigne \u00e0 ne pas juger&#8230;\u00a0\u00bb. Une autre \u00e9tudiante a sugg\u00e9r\u00e9 que, peut-\u00eatre, on ne devrait pas condamner les sacrifices humains si c\u2019\u00e9tait un rituel qui faisait partie d\u2019une religion \u00e9tablie depuis longtemps. Le professeur Haugaard \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019\u00e9tais boulevers\u00e9e\u00a0: C\u2019\u00e9tait la femme qui \u00e9crivait si passionn\u00e9ment qu\u2019il fallait sauver les baleines et la for\u00eat tropicale\u00a0; qui racontait comment elle avait secouru et tendrement soign\u00e9 un chien perdu<sup>7<\/sup>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Haugaard conclut son article en disant\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai abandonn\u00e9. Pas un seul dans toute cette classe de plus de vingt individus ostensiblement intelligents ne voulait se d\u00e9marquer et prendre position contre les sacrifices humains&#8230; J\u2019\u00e9tais secou\u00e9e, et je pense que l\u2019auteur de cette histoire qui en avait choqu\u00e9 tant aurait \u00e9t\u00e9 secou\u00e9e aussi. La classe s\u2019est enfin termin\u00e9e. Ce soir-l\u00e0, alors que je marchais en direction de ma voiture apr\u00e8s la classe, il faisait chaud, mais je me sentais tremblante, glac\u00e9e jusqu\u2019aux os<sup>8<\/sup>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est bien \u00e7a, glac\u00e9 jusqu\u2019aux os, puisque, selon les r\u00e9sultats d\u2019enqu\u00eate publi\u00e9s dans\u00a0<em>The Day America Told the Truth<\/em>, 23 % des interrog\u00e9s ont dit que, pour 10 millions de dollars, ils accepteraient de se prostituer pendant une semaine, 16 % de quitter leur conjoint et 7 % de tuer un inconnu<sup>9<\/sup>. Glac\u00e9 jusqu\u2019aux os, quand un tiers des interrog\u00e9s lors de l\u2019enqu\u00eate du Barna Research Group en 1997 ont dit que regarder des documents pornographiques est une question de go\u00fbt, pas de morale. Malheureusement, 84 % des m\u00eames interrog\u00e9s pr\u00e9tendaient adh\u00e9rer \u00e0 la foi chr\u00e9tienne<sup>10<\/sup>.<\/p>\n<p>Il existe bien s\u00fbr un lien \u00e9vident entre le d\u00e9fi du relativisme moral et celui du pr\u00e9c\u00e9dent, la s\u00e9cularisation. La religion du s\u00e9culier, avec son rejet d\u2019un Dieu transcendant, a \u00e9limin\u00e9 le fondement de l\u2019\u00e9thique, laissant les humains, comme l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 mon ami William Johnsson dans un \u00e9ditorial r\u00e9cent de l\u2019<em>Adventist Review<\/em>, \u00ab\u00a0submerg\u00e9s dans une mer de relativisme<sup>11<\/sup>\u00a0\u00bb. Oui, la s\u00e9cularisation a coup\u00e9 les amarres de la soci\u00e9t\u00e9 et nous laisse d\u00e9river sans le compas de la morale. Dosto\u00efevski avait raison lorsqu\u2019il a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Si on ne croit pas en Dieu, on peut tout faire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2>La tendance \u00e0 une vie incoh\u00e9rente<\/h2>\n<p>Il y a pourtant une troisi\u00e8me tendance\u00a0: la pr\u00e9valence d\u2019une vie incoh\u00e9rente ou \u00e0 deux vitesses. Beaucoup vivent une double vie, \u00e9talant parfois des contradictions profondes entre leurs croyances, m\u00eames celles qu\u2019ils maintiennent publiquement, et leur comportement, entre leurs doctrines et leurs actes. Les exemples abondent. Cible facile et habituelle\u00a0: les \u00e9vang\u00e9listes qui pr\u00e9tendent \u00eatre des disciples de J\u00e9sus le simple tout en se garnissant les poches avec les contributions que leurs larmes ont soutir\u00e9es \u00e0 leurs t\u00e9l\u00e9spectateurs. Il y a le journaliste qui, dans une rubrique populaire, encourageait fortement le contr\u00f4le des armes, avant d\u2019\u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 avec un pistolet non d\u00e9clar\u00e9 alors qu\u2019il avait pris des intrus pour cible. Je pense \u00e0 une connaissance qui s\u2019est souvent prononc\u00e9e contre l\u2019immigration clandestine, bien que lui-m\u00eame se soit mari\u00e9 en \u00e9change d\u2019une somme d\u2019argent confortable pour permettre \u00e0 sa femme de devenir am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Ces tendances se sont infiltr\u00e9es et ont infect\u00e9 l\u2019Eglise chr\u00e9tienne. Comme l\u2019a dit une fois J. I. Packer, \u00ab\u00a0les gens disent croire en Dieu, mais ils n\u2019ont aucune id\u00e9e de la personne en qui ils croient, ou quelle diff\u00e9rence cette croyance en lui entra\u00eene<sup>12<\/sup>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Nous devons reconna\u00eetre que nous ne sommes pas immunis\u00e9s contre ces tendances. Nous avons trop respir\u00e9 \u2014 et certains d\u2019entre nous y ont presque succomb\u00e9 \u2014 les vapeurs toxiques du s\u00e9culier, du relativisme et de l\u2019incoh\u00e9rence. Comme l\u2019enfant dans un foyer de fumeur est affect\u00e9 simplement par l\u2019atmosph\u00e8re l\u2019environnant, nous sommes tous de la m\u00eame mani\u00e8re plus ou moins influenc\u00e9s par le milieu intellectuel qui envahit la fin du XXe si\u00e8cle. Ce n\u2019est que par la gr\u00e2ce de Dieu, ce n\u2019est qu\u2019en \u00e9tant rev\u00eatus de son armure (voir Eph\u00e9siens 6\u00a0: 11-17) que nous pouvons r\u00e9sister \u00e0 ces tendances. Et si nous ne r\u00e9sistons pas, il nous sera impossible de r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel que Dieu nous lance de d\u00e9fendre justice et v\u00e9rit\u00e9 m\u00eame si l\u2019univers s\u2019\u00e9croule.<\/p>\n<h2>D\u00e9fendre justice et v\u00e9rit\u00e9<\/h2>\n<p>Un exemple en est cette histoire touchante de ces deux \u00e9tudiants qui ont r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 ces tendances et qui ont d\u00e9fendu la justice et la v\u00e9rit\u00e9. Peut-\u00eatre avez-vous vu la vid\u00e9o intitul\u00e9e\u00a0<em>The White Rose<\/em>\u00a0ou lu un des nombreux livres \u00e0 son sujet. La Rose blanche \u00e9tait le nom choisi par le groupe d\u2019\u00e9tudiants allemands qui, inspir\u00e9s par leur engagement pour le Christ et galvanis\u00e9s par le courage moral de l\u2019un de leurs professeurs, d\u00e9cid\u00e8rent de d\u00e9noncer les maux du nazisme<sup>13<\/sup>.<\/p>\n<p>Hans et Sophie Scholl, un fr\u00e8re et une s\u0153ur qui furent peut-\u00eatre les plus c\u00e9l\u00e8bres de ces \u00e9tudiants, n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 des chr\u00e9tiens particuli\u00e8rement engag\u00e9s pendant leur enfance. Mais quand ils all\u00e8rent en classe et rencontr\u00e8rent des gens comme Carl Muth, un chr\u00e9tien pieux et \u00e9diteur d\u2019une publication interdite par les nazis, ils commenc\u00e8rent \u00e0 consid\u00e9rer le christianisme sous un nouvel angle. Ils se mirent \u00e0 r\u00e9fll\u00e9chir sur la conception chr\u00e9tienne du monde et \u00e0 lire de grands ouvrages chr\u00e9tiens. L\u2019Esprit de Dieu les convainquit et, le 7 d\u00e9cembre 1941, Hans \u00e9crivit \u00e0 un ami\u00a0: \u00ab\u00a0Je pense \u00e0 toi en ce deuxi\u00e8me dimanche de l\u2019Avent, dont je fais l\u2019exp\u00e9rience en chr\u00e9tien sinc\u00e8re pour la premi\u00e8re fois de ma vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour sa part, Sophie \u00e9crivit dans son journal\u00a0: \u00ab\u00a0Je prie pour un c\u0153ur compatissant, sinon comment pourrais-je aimer\u00a0?\u00a0\u00bb Elle dut lutter avec les questions difficiles que nous rencontrons tous \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre\u00a0: \u00ab\u00a0Comment est-il possible que Dieu soit souverain, que Christ soit Seigneur, s\u2019il y a tant d\u2019injustice et de souffrance\u00a0?\u00a0\u00bb Mais avec le temps, les racines de sa foi et de celle de son fr\u00e8re sont devenues plus profondes et plus fortes, acqu\u00e9rant une plus grande intensit\u00e9 et une plus ferme d\u00e9finition. Comme leur s\u0153ur a\u00een\u00e9e l\u2019a d\u00e9crit plus tard\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Evangile chr\u00e9tien devint le crit\u00e8re de leurs pens\u00e9es et conduite.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En continuant leurs \u00e9tudes universitaires, Hans et Sophie commenc\u00e8rent \u00e0 se sentir responsables de l\u2019Allemagne. Quand Hans remarqua les maux qui envahissaient la soci\u00e9t\u00e9 allemande et la r\u00e9sistance minime qui leur \u00e9tai offerte, il demanda avec justesse\u00a0: \u00ab\u00a0O\u00f9 sont les chr\u00e9tiens\u00a0?\u00a0\u00bb Plus pos\u00e9ment, Sophie \u00e9crivit\u00a0: \u00ab\u00a0Je tiens \u00e0 partager les souffrances de cette \u00e9poque. La sympathie devient fausse si on ne ressent aucune douleur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le d\u00e9clic s\u2019est fait le jour o\u00f9 Hans \u00e9tait le seul \u00e9tudiant invit\u00e9 \u00e0 une soir\u00e9e chez l\u2019un des professeurs de l\u2019universit\u00e9 de Munich. La conversation en vint \u00e0 la politique. Comme les invit\u00e9s ne se connaissaient pas bien, c\u2019\u00e9tait un sujet dangereux. Tout le monde tombait d\u2019accord pour dire que la culture allemande \u00e9tait sur le d\u00e9clin. Quelqu\u2019un sugg\u00e9ra que le seul moyen de faire face aux nazis \u00e9tait de s\u2019accrocher, de s\u2019occuper de ses obligations culturelles et de ses devoirs en tant que chercheurs, et d\u2019attendre la fin du cauchemar.<\/p>\n<p>A ce moment, Hans a fait une remarque caustique\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi ne pas louer une \u00eele de la mer Eg\u00e9e et offrir des cours sur les points de vue mondiaux\u00a0?\u00a0\u00bb L\u2019atmosph\u00e8re a d\u00fb se glacer apr\u00e8s un commentaire aussi impertinent. Mais Kurt Huber, professeur de philosophie, a \u00e9t\u00e9 galvanis\u00e9 par cette impertinence. Il s\u2019est exclam\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut faire quelque chose, et le faire maintenant\u00a0!\u00a0\u00bb Le professeur Huber a commenc\u00e9 \u00e0 aider les \u00e9tudiants de la Rose blanche, et, pendant les deux ann\u00e9es qui suivirent, ils ont produit et distribu\u00e9 une quantit\u00e9 de tracts soulignant les m\u00e9faits du parti nazi.<\/p>\n<p>Mais l\u2019in\u00e9vitable se produisit. Le jeudi 18 f\u00e9vrier 1943, quand Hans et Sophie apport\u00e8rent leurs derniers pamphlets pour les distribuer sur le campus de l\u2019universit\u00e9, ils furent appr\u00e9hend\u00e9s. Ils ne d\u00e9voil\u00e8rent aucun nom, mais leur arrestation f\u00fbt bient\u00f4t suivie par celles d\u2019autres membres de la Rose blanche. Le professeur Huber, qui, jusqu\u2019\u00e0 la fin, fut le seul professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 \u00e0 soutenir ouvertement la Rose blanche, fut aussi arr\u00eat\u00e9. Au proc\u00e8s qui pr\u00e9c\u00e9da son ex\u00e9cution, il d\u00e9clara\u00a0: \u00ab\u00a0Mes actions et mes intentions seront justifi\u00e9es dans le cours inexorable de l\u2019histoire. Telle est ma foi profonde. J\u2019esp\u00e8re par Dieu que la force int\u00e9rieure qui r\u00e9habilitera mes actes jaillira en son temps de mon propre peuple. J\u2019ai agi comme je devais agir selon les incitations d\u2019une voix int\u00e9rieure. J\u2019en assume toutes les cons\u00e9quences, comme Johann Gottlieb Fichte l\u2019a si joliment formul\u00e9\u00a0: \u201c Et tu agiras comme si c\u2019\u00e9tait de toi et de ton acte que d\u00e9pendait l\u2019avenir de l\u2019Allemagne et que tu devais en r\u00e9pondre seul. \u201d\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Hans et Sophie ont aussi \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s et condamn\u00e9s sommairement, et ils furent d\u00e9capit\u00e9s le soir de leur proc\u00e8s. Mais ils avaient d\u00e9fendu la justice et la v\u00e9rit\u00e9. Inspir\u00e9s par leur engagement envers J\u00e9sus-Christ, influenc\u00e9s par un mentor pieux et un professeur courageux, ils avaient pris position pour la v\u00e9rit\u00e9. Comme Sophie l\u2019avait dit tout simplement\u00a0: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s tout, il fallait que quelqu\u2019un commence.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Hans et Sophie furent enterr\u00e9s dans le cimeti\u00e8re de Perlach, au sud de Munich. Dans la ville, des graffitis sont apparus sur les murs. Ils disaient\u00a0: \u00ab\u00a0Leur esprit vit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je me le demande, leur esprit vit-il\u00a0? Vit-il dans le c\u0153ur et l\u2019esprit des professeurs et \u00e9tudiants adventistes\u00a0? Sommes-nous pr\u00eats \u00e0 avoir le courage de nos convictions et \u00e0 montrer ce que signifie \u00eatre chr\u00e9tien \u00e0 notre \u00e9poque\u00a0? Leur esprit peut vivre, il vivra, si nous acceptons le d\u00e9fi qui consiste \u00e0 tenir \u00ab\u00a0pour la justice et la v\u00e9rit\u00e9 m\u00eame si l\u2019univers s\u2019effondrait\u00a0\u00bb, si nous sommes d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 r\u00e9sister par la gr\u00e2ce de Dieu aux tendances pernicieuses qui envahissent la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine et \u00e0 vivre le genre de vies chr\u00e9tiennes consacr\u00e9es que le monde a besoin de voir.<\/p>\n<p class=\"about\">Greg A. King (Ph. D., Union Theological Seminary) est professeur adjoint d\u2019\u00e9tudes bibliques \u00e0 Pacific Union College. Ses domaines de pr\u00e9dilection sont les \u00e9tudes sur l\u2019Ancien Testament et l\u2019\u00e9thique biblique. Son adresse\u00a0: 1 Angwin avenue\u00a0; Angwin, CA 94508\u00a0; U.S.A. E-mail\u00a0: gking@puc.edu<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>Greg A. King, \u00ab M\u00eame si l\u2019univers s\u2019effondrait \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a010 (1998\/2), p. 5-7, 23<\/p>\n<h2>Notes et r\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<section class=\"references\">\n<ol>\n<li>Voir\u00a0<em>Flee the Captor<\/em>, de Herbert Ford (Nashville, Tennessee\u00a0: Southern Publishing Association , 1966) pour les exp\u00e9riences passionnantes de Weidner pendant la Seconde Guerre mondiale.<\/li>\n<li>Ellen White,\u00a0<em>Education<\/em>\u00a0(Dammarie-les-Lys, France\u00a0: Editions Vie et Sant\u00e9, 1986), p. 68.<\/li>\n<li>Voir\u00a0<em>Reason in the Balance: The Case Against Naturalism in Science, Law, and Education<\/em>, de Philip Johnson (Downers Grove, Illinois\u00a0: Intervarsity Press, 1995).<\/li>\n<li>George Mardsen,\u00a0<em>The Soul of the American University: From Protestant Establishment to Established Nonbelief<\/em>\u00a0(Oxford\u00a0: Oxford University Press, 1994).<\/li>\n<li>Robert L. Simon, \u00ab\u00a0The paralysis of \u201cAubsolutophobia\u201d\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The Chronicle of Higher Education<\/em>\u00a0(27 juin 1997), p. B5, B6.<\/li>\n<li>Kay Haugaard, \u00ab\u00a0A Result of Too Much Tolerance?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The Chronicle of Higher Education<\/em>\u00a0(27 juin 1997), p. B4, B5.<\/li>\n<li>Idem, p. B5.<\/li>\n<li>Idem.<\/li>\n<li>Vous trouverez ces r\u00e9sultats, ainsi que d\u2019autres aussi troublants, dans\u00a0<em>The Day America Told the Truth<\/em>, de James Patterson et Peter Kim (New-York\u00a0: Prentice Hall, 1991), p. 66.<\/li>\n<li>William Johnson discute de d\u00e9couvertes accablantes, dont celle-ci, dans \u00ab\u00a0Awash in a Sea of Relativism\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Adventist Review<\/em>, ao\u00fbt 1997, p. 5.<\/li>\n<li>Idem.<\/li>\n<li>J. I. Packer,\u00a0<em>Knowing God<\/em>\u00a0(Downers Grove, Illinois\u00a0: Intervarsity Press, 1973), p. 159.<\/li>\n<li>Cette reformulation de l\u2019histoire de la Rose blanche, y compris les citations, est tir\u00e9e en grande partie de\u00a0<em>The Fabric of Faithfulness<\/em>, de Garber, p. 162-171. Elle glane aussi des \u00e9l\u00e9ments dans\u00a0<em>An Honourable Defeat<\/em>, de Anton Gill (New-York\u00a0: Henry Holt &amp; Co., 1994), p. 183-195. Ce dernier ouvrage est disponible sur le Web \u00e0 http:\/\/www.english.upenn.edu\/~afilreis\/Holocaust\/gill-white-rose.html<\/li>\n<\/ol>\n<\/section>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2020 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Greg A. King Il y a deux ans, lors d\u2019un voyage en Isra\u00ebl, j\u2019ai visit\u00e9\u00a0Yad Vashem, le mus\u00e9e de l\u2019Holocauste. Si vous \u00eates all\u00e9 soit au\u00a0Yad Vashem\u00a0soit \u00e0 son \u00e9quivalent \u00e0 Washington, vous savez que c\u2019est une exp\u00e9rience m\u00e9morable \u2014 saisissante serait peut-\u00eatre plus pr\u00e9cis. J\u2019ai d\u00e9ambul\u00e9 dans le Hall des enfants, o\u00f9 une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":2268,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[220,218],"tags":[979,274],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2266"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2266"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2266\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2268"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2266"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2266"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2266"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}