{"id":1966,"date":"2020-02-17T23:21:07","date_gmt":"2020-02-17T23:21:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=1966"},"modified":"2020-02-17T23:21:07","modified_gmt":"2020-02-17T23:21:07","slug":"la-moralite-depend-elle-des-genes-un-scientifique-adventiste-examine-le-defi-de-la-sociobiologie-aux-notions-chretiennes-de-valeurs-et-de-comportement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/la-moralite-depend-elle-des-genes-un-scientifique-adventiste-examine-le-defi-de-la-sociobiologie-aux-notions-chretiennes-de-valeurs-et-de-comportement\/","title":{"rendered":"La moralit\u00e9 d\u00e9pend-elle des g\u00e8nes ? Un scientifique adventiste examine le d\u00e9fi de la sociobiologie aux notions chr\u00e9tiennes de valeurs et de comportement."},"content":{"rendered":"<p><main class=\"layout-version-1\"><\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"byline\">Ronald L. Carter<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;amour ? Comment d\u00e9finit-on la beaut\u00e9 ? L&rsquo;esprit et la foi sont-ils li\u00e9s ? L&rsquo;altruisme est-il h\u00e9rit\u00e9 ou se cultive-t-il ? Par qui ou par quoi les questions de moralit\u00e9 et de valeur sont-elles r\u00e9gl\u00e9es ?<\/p>\n<p>Il fut un temps o\u00f9 de telles pr\u00e9occupations \u00e9taient la responsabilit\u00e9 incontest\u00e9e des philosophes et des th\u00e9ologiens. Les chr\u00e9tiens, par exemple, consid\u00e9raient l&rsquo;amour, la foi, l&rsquo;esp\u00e9rance et les valeurs morales comme des qualit\u00e9s propres \u00e0 l&rsquo;homme d\u00e9montrant la cr\u00e9ation par Dieu de l&rsquo;humanit\u00e9. Ceux qui croyaient en un Dieu personnel \u00e9taient r\u00e9confort\u00e9s par le fait que la science avait peu d&rsquo;autorit\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;origine des valeurs humaines et de la foi.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais aujourd&rsquo;hui, les fondements semblent changer. La th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution organique a affect\u00e9 profond\u00e9ment et fondamentalement la soci\u00e9t\u00e9. Profond\u00e9ment enracin\u00e9e dans le paradigme de l&rsquo;\u00e9volution naturaliste, la science moderne s&rsquo;aventure dans des domaines qui \u00e9taient autrefois la responsabilit\u00e9 premi\u00e8re de la m\u00e9taphysique ou de la religion. Les biologistes \u00e9volutionnistes, particuli\u00e8rement ceux qui se sp\u00e9cialisent en sociobiologie, proposent des th\u00e9ories purement naturalistes de l&rsquo;\u00e9volution du comportement social et moral.<\/p>\n<p>Par exemple, les sociobiologistes pr\u00e9tendent comprendre la nature g\u00e9n\u00e9tique du comportement altruiste. Certains m\u00eame proposent des \u00e9tapes de l&rsquo;\u00e9volution cens\u00e9es produire le concept humain de \u00ab vertu \u00bb et d\u00e9clencher le besoin humain de religion.<\/p>\n<h2>Le comportement social a-t-il une base biologique ?<\/h2>\n<p>En 1975, Edward O. Wilson, entomologiste \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Harvard, publia son livre aujourd&rsquo;hui c\u00e9l\u00e8bre,\u00a0<i>Sociology: The New Synthesis<\/i>.<sup>\u00a0<\/sup>Wilson d\u00e9finit la sociobiologie comme \u00ab l&rsquo;\u00e9tude syst\u00e9matique de la base biologique du comportement social et de l&rsquo;organisation des soci\u00e9t\u00e9s chez tous les types d&rsquo;organismes, y compris les \u00eatres humains \u00bb. Cette d\u00e9finition combinait les concepts de la g\u00e9n\u00e9tique des ann\u00e9es 30 et les concepts d&rsquo;aptitude d&rsquo;Hamilton<sup>2<\/sup>\u00a0et Williams<sup>3<\/sup>\u00a0d&rsquo;une mani\u00e8re cr\u00e9ative et globale. La nouvelle synth\u00e8se de Wilson pr\u00e9cipita un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le comportement social. Elle enflamma l&rsquo;imagination des sp\u00e9cialistes du comportement et devint un sujet populaire de discussion et de d\u00e9bat. La discussion sur ce sujet \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 fut \u00e2pre. Beaucoup de profanes et de scientifiques, particuli\u00e8rement des anthropologues et des sociologues, r\u00e9agirent violemment au livre de Wilson. Leurs pr\u00e9occupations \u00e9taient impr\u00e9gn\u00e9es de la crainte qu&rsquo;un tel raisonnement sociobiologique ne ravive des formes racistes de darwinisme social.<sup>4<\/sup><\/p>\n<p>Le d\u00e9bat cr\u00e9a la confusion d&rsquo;abord parce qu&rsquo;il proposait des m\u00e9canismes \u00e9volutionnistes qui semblaient menacer des aspects de l&rsquo;\u00e9volution darwinienne, qui consid\u00e9raient l&rsquo;action de la s\u00e9lection naturelle comme principalement focalis\u00e9e au niveau de l&rsquo;individu. La th\u00e9orie de Darwin \u00e9tait devenue synonyme de \u00ab survie des plus aptes \u00bb. La sociobiologie parut s&rsquo;opposer \u00e0 cette interpr\u00e9tation en d\u00e9fendant l&rsquo;id\u00e9e que le g\u00e8ne, et non l&rsquo;individu, est la principale unit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9volution. Donc, selon cette perspective, l&rsquo;individu n&rsquo;est plus qu&rsquo;un v\u00e9hicule qui transf\u00e8re le mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre.<sup>5<\/sup><\/p>\n<p>Au lieu de d\u00e9truire l&rsquo;\u00e9volution darwinienne, comme certains le pr\u00e9dirent, la sociobiologie, en un sens, vint au secours de la th\u00e9orie de la s\u00e9lection naturelle pour expliquer les comportements d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s. Des comportements curieux ou bizarres qui rendaient perplexes Darwin et ses partisans furent interpr\u00e9t\u00e9s \u00e0 la lumi\u00e8re de la sociobiologie.<\/p>\n<h2>Le r\u00f4le des g\u00e8nes dans le comportement<\/h2>\n<p>La th\u00e9orie sociobiologique ramena la compr\u00e9hension des comportements d&rsquo;altruisme et de coop\u00e9ration \u00e0 trois concepts : l&rsquo;aptitude globale (Hamilton),<sup>6<\/sup>\u00a0la s\u00e9lection de parent\u00e8le (Maynard-Smith)<sup>7<\/sup>\u00a0et l&rsquo;altruisme r\u00e9ciproque (Trivers).<sup>8<\/sup>\u00a0Hamilton \u00e9non\u00e7a le principe g\u00e9n\u00e9ral que la s\u00e9lection naturelle tend \u00e0 maximiser non pas l&rsquo;aptitude individuelle mais l&rsquo;aptitude globale ; autrement dit, la probabilit\u00e9 de transmission d&rsquo;un g\u00e8ne d\u00e9pend non seulement de la survie d&rsquo;un individu donn\u00e9 porteur du g\u00e8ne, mais du nombre total de copies du g\u00e8ne qui peut \u00eatre transmis par un groupe entier d&rsquo;individus apparent\u00e9s. La s\u00e9lection de parent\u00e8le, ou la capacit\u00e9 d&rsquo;accomplir des actes d&rsquo;altruisme au b\u00e9n\u00e9fice des parents proches, est une partie importante de la th\u00e9orie de l&rsquo;aptitude globale.<\/p>\n<p>Selon ce concept, il serait adaptatif pour un individu de sacrifier sa vie pour au moins deux fr\u00e8res ou au moins huit cousins germains. Les fr\u00e8res partagent, en moyenne, la moiti\u00e9 de leurs g\u00e8nes et les cousins germains un huiti\u00e8me de leurs g\u00e8nes. Les actes altruistes sont adaptatifs seulement si l&rsquo;aptitude globale produit un gain net pour un g\u00e8ne particulier.<sup>9<\/sup>\u00a0Donc, l&rsquo;aptitude globale d&rsquo;un individu ne d\u00e9pend pas seulement de la survie de ses descendants mais aussi de celle de ses proches parents.<\/p>\n<p>Si on suppose que le comportement a une cause g\u00e9n\u00e9tique, l&rsquo;altruisme envers la parent\u00e8le peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme de la part du responsable des g\u00e8nes, parce qu&rsquo;il est probable que des copies des m\u00eames g\u00e8nes soient pr\u00e9sentes chez les proches parents. L&rsquo;altruisme pourrait aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une forme d&rsquo;\u00e9go\u00efsme g\u00e9n\u00e9tique si en \u00e9tant altruiste un individu peut se garantir un altruisme r\u00e9ciproque plus tard. Le concept de l&rsquo;altruisme g\u00e9n\u00e9tique, ainsi que diverses formes de \u00ab coop\u00e9ration \u00bb, fournissent des exemples de moyens par lesquels l&rsquo; \u00ab altruisme \u00bb envers les non-apparent\u00e9s peut provenir de g\u00e8nes \u00e9go\u00efstes qui cherchent \u00e0 accro\u00eetre la probabilit\u00e9 de leur perp\u00e9tuation.<\/p>\n<p>Le fait qu&rsquo;un animal risque sa vie pour un autre ou renonce \u00e0 ses chances de reproduction pour assister d&rsquo;autres adultes dans le soin aux jeunes apparut \u00e0 Darwin comme contraire aux concepts de \u00ab survie des plus aptes \u00bb qu&rsquo;il avait illustr\u00e9s avec tant de soin. Une m\u00e8re oiseau simulant une aile cass\u00e9e pour d\u00e9tourner un pr\u00e9dateur de ses poussins ; un chien de prairie jouant le r\u00f4le de sentinelle pour faire le guet pour les autres chiens de prairie ; les geais de Floride adultes renon\u00e7ant \u00e0 leur propre reproduction tandis qu&rsquo;ils assistent d&rsquo;autres adultes dans l&rsquo;entretien du nid ne sont que quelques exemples de comportements qui \u00e9taient inexplicables par les concepts darwiniens de survie des plus aptes.<\/p>\n<p>En appliquant les concepts de l&rsquo;aptitude globale, la sociobiologie a fourni des r\u00e9ponses aux nombreuses contradictions apparentes avec les concepts darwiniens de s\u00e9lection. Par exemple, le chien de prairie donnant l&rsquo;alarme quand un pr\u00e9dateur appara\u00eet peut diminuer son aptitude ou sa survie individuelle, mais peut accro\u00eetre son aptitude globale en aidant ses proches parents. Les \u00e9tudes du comportement et de la g\u00e9n\u00e9tique ont d\u00e9couvert que quand les jeunes spermophiles atteignent la maturit\u00e9, les m\u00e2les se dispersent sur une certaine distance avant de s&rsquo;installer et de choisir un territoire. Les jeunes femelles ne se dispersent pas, mais \u00e9tablissent leur territoire plus pr\u00e8s de leurs parents. Les femelles ont par cons\u00e9quent de nombreux proches parents vivant \u00e0 proximit\u00e9, contrairement aux m\u00e2les. Tout comme la th\u00e9orie le pr\u00e9dit, ce sont les femelles qui donnent l&rsquo;alarme et donc qui risquent leur vie.<sup>10<\/sup>\u00a0On a montr\u00e9 que les actes altruistes des geais des arbustes de Floride, comme beaucoup d&rsquo;autres actes apparemment d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s, \u00e9taient g\u00e9n\u00e9tiquement coh\u00e9rents avec les pr\u00e9dictions de la s\u00e9lection de parent\u00e8le.<sup>11<\/sup><\/p>\n<p>Parmi les insectes, Wilson a observ\u00e9 des formes de comportement social allant de la solitude de type ermite aux syst\u00e8mes de castes pleinement d\u00e9velopp\u00e9s o\u00f9 des soci\u00e9t\u00e9s complexes se partagent les t\u00e2ches et asservissent d&rsquo;autres esp\u00e8ces pour qu&rsquo;elles travaillent pour elles. Il combina ses observations sur l&rsquo;\u00e9volution des diverses formes de comportement social avec la nouvelle compr\u00e9hension de l&rsquo;altruisme (v\u00e9ritable \u00e9go\u00efsme g\u00e9n\u00e9tique) et proposa ces m\u00e9canisme comme point de d\u00e9part du d\u00e9veloppement de la moralit\u00e9 et de la religion chez l&rsquo;homme. D&rsquo;apr\u00e8s lui, l&rsquo;action des groupes apparent\u00e9s coop\u00e9rant pour une aide mutuelle et une aptitude globale maximise les comportements d&rsquo;entraide, non par amour \u00ab fraternel \u00bb, mais parce que leurs g\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s pour produire un comportement qui maximise la probabilit\u00e9 de leur transmission aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes.<\/p>\n<h2>Implications pour les chr\u00e9tiens<\/h2>\n<p>Bien que la sociobiologie se soit av\u00e9r\u00e9e une th\u00e9orie utile dans l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;\u00e9cologie du comportement et du comportement social, ses conclusions logiques quand elles sont appliqu\u00e9es au comportement humain ont des implications tr\u00e8s troublantes pour les chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p><b>La sociobiologie avance la croyance que le comportement humain et animal r\u00e9sulte uniquement de l&rsquo;interaction entre les g\u00e8nes et l&rsquo;environnement<\/b>\u00a0sous l&rsquo;influence de la s\u00e9lection naturelle et du hasard. Wilson dit qu&rsquo; \u00ab aucune esp\u00e8ce, y compris la n\u00f4tre, n&rsquo;a de dessein d\u00e9passant les imp\u00e9ratifs cr\u00e9\u00e9s par son histoire g\u00e9n\u00e9tique \u00bb et que l&rsquo;esp\u00e8ce humaine \u00ab n&rsquo;a pas de projet ext\u00e9rieur \u00e0 sa propre nature biologique \u00bb. Nos g\u00e8nes \u00e9go\u00efstes ont donc cr\u00e9\u00e9 \u00ab l&rsquo;esprit humain comme un dispositif pour la survie et la reproduction \u00bb.<sup>12<\/sup>\u00a0Ceci fait essentiellement de nous des machines productrices de g\u00e8nes \u00e9go\u00efstes.<sup>13<\/sup><\/p>\n<p><b>La biologie \u00e9volutionniste naturaliste ne laisse aucune place pour Dieu ou les absolus moraux.<\/b>\u00a0Selon cette perspective, le bien et le mal ne peuvent \u00eatre mesur\u00e9s que comme r\u00e9sultats de l&rsquo;\u00e9volution. \u00ab Il existe dans le cerveau des facteurs inn\u00e9s de censure et de motivation qui affectent profond\u00e9ment et inconsciemment nos pr\u00e9misses \u00e9thiques ; \u00e0 partir de ces bases la moralit\u00e9 a \u00e9volu\u00e9 comme un instinct. \u00bb<sup>14<\/sup><\/p>\n<p><b>La moralit\u00e9 au sens chr\u00e9tien ou traditionnel est absente de la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution.<\/b>\u00a0M\u00eame dans le concept de l&rsquo;aptitude darwinienne, ce qui est \u00ab le mieux \u00bb ou \u00ab le plus apte \u00bb ne peut \u00eatre d\u00e9fini ou d\u00e9clar\u00e9 vrai que pour un ensemble particulier de conditions \u00e9cologiques \u00e0 un moment particulier. Donc toute tentative de tirer un ensemble de crit\u00e8res \u00e9thiques sera au mieux relativiste ou conditionnelle.<\/p>\n<p>Les sociobiologistes ont appliqu\u00e9 leurs th\u00e9ories \u00e0 un large \u00e9ventail de probl\u00e8mes sociaux. Ils ont d\u00e9velopp\u00e9 des id\u00e9es fond\u00e9es sur l&rsquo;aptitude globale pour r\u00e9pondre \u00e0 des questions concernant le viol, l&rsquo;homosexualit\u00e9, l&rsquo;infanticide, les tabous de l&rsquo;inceste, le dimorphisme sexuel, la polygamie et la monogamie. Leurs explications sont enracin\u00e9es dans la croyance que nos g\u00e8nes \u00e9go\u00efstes ont fait de nous ce que nous sommes, parce que tout comportement fix\u00e9 dans notre patrimoine g\u00e9n\u00e9tique a d\u00fb \u00eatre avantageux pour notre survie.<\/p>\n<p><b>La sociobiologie a tent\u00e9 de mettre l&rsquo;\u00e9tude de la moralit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9thique sur une base purement mat\u00e9rialiste.<\/b>\u00a0Wilson dit que la science \u00ab peut bient\u00f4t \u00eatre en position de rechercher l&rsquo;origine et le sens m\u00eames des valeurs humaines, d&rsquo;o\u00f9 d\u00e9coulent toutes les d\u00e9clarations \u00e9thiques et une bonne partie de la pratique politique \u00bb.<sup>15<\/sup>\u00a0Il sugg\u00e8re de plus que les scientifiques et les humanistes devraient consid\u00e9rer ensemble qu&rsquo;il est peut-\u00eatre temps de retirer temporairement l&rsquo;\u00e9thique des mains des philosophes et des th\u00e9ologiens pour la confier aux biologistes.<\/p>\n<p>Bien que la plupart des scientifiques rejettent cette suggestion, c&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 exactement ce qui s&rsquo;est pass\u00e9.<sup>16<\/sup>\u00a0Les sociobiologistes qui \u00e9l\u00e8vent la voix au sujet de la morale et de l&rsquo;altruisme sont souvent accus\u00e9s de commettre l&rsquo; \u00ab erreur naturaliste \u00bb qui fut rendue c\u00e9l\u00e8bre par leurs partisans du darwinisme social qui tent\u00e8rent de justifier une th\u00e9ologie ou une philosophie naturelles fond\u00e9es sur la survie des plus aptes. Wilson et d&rsquo;autres sociobiologistes de premier plan ne pr\u00e9conisent pas la cr\u00e9ation d&rsquo;une \u00e9thique fond\u00e9e sur ce qui se trouve dans la nature. Beaucoup d&rsquo;entre eux croient que les humains devraient utiliser leur cerveau hautement \u00e9volu\u00e9 pour aller au-del\u00e0 de l&rsquo;instinct. Selon eux, l&rsquo;utilisation de l&rsquo;intellect et du consensus du groupe peut aboutir \u00e0 une \u00e9thique plus \u00e9lev\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution culturelle. Wilson croit que la religion a \u00e9volu\u00e9 via la s\u00e9lection naturelle et est donc utile pour notre survie, mais qu&rsquo;il est maintenant temps que la science aide \u00e0 cr\u00e9er une expression religieuse qui contribuera \u00e0 pr\u00e9server la vie sur terre.<\/p>\n<p>Wilson d\u00e9clare : \u00ab La t\u00e2che principale de la biologie humaine est d&rsquo;identifier et de mesurer les contraintes qui influencent les d\u00e9cisions des moralistes et de toute autre personne, et de d\u00e9duire leur signification \u00e0 travers les reconstructions neurophysiologiques et phylog\u00e9n\u00e9tiques de l&rsquo;esprit. &#8230; Au cours de ce processus se fa\u00e7onnera une biologie de l&rsquo;\u00e9thique, qui rendra possible la s\u00e9lection d&rsquo;un code de valeurs morales plus profond\u00e9ment compris et plus durable. \u00bb<sup>17<\/sup><\/p>\n<h2>Une r\u00e9ponse chr\u00e9tienne<\/h2>\n<p>Toute tentative de d\u00e9finition d&rsquo;une morale ou d&rsquo;une \u00e9thique sur la base de la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution d\u00e9fie clairement les croyances fondamentales de l&rsquo;Eglise adventiste du septi\u00e8me jour et la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne dans son entier. Comment devrions-nous r\u00e9pondre ? Certains \u00e9tudiants confront\u00e9s \u00e0 la logique de la sociobiologie et \u00e0 son utilit\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9tude du comportement animal ont abandonn\u00e9 la foi en la Bible. D&rsquo;autres ont rejet\u00e9 toute forme d&rsquo;\u00e9volution. Au premier abord il peut sembler que la sociobiologie exige un choix entre les Ecritures et la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution.<\/p>\n<p>Certes, les th\u00e9ories de l&rsquo;\u00e9volution naturalistes qui rejettent Dieu sont incompatibles avec la Bible, mais ceci ne veut pas dire que les Ecritures et des aspects du raisonnement sociobiologique sont incompatibles. La plus grande partie de ce qui est connu au sujet du processus de l&rsquo;\u00e9volution, ses m\u00e9canismes et les forces de s\u00e9lection sont compr\u00e9hensibles m\u00eame avec une lecture conservatrice des Ecritures. La Bible nous dit que depuis le d\u00e9but de grands changements ont eu lieu au sein de la cr\u00e9ation de Dieu, particuli\u00e8rement comme r\u00e9sultat de la chute, et que ces changements ont \u00e9t\u00e9 transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>Je crois que les lois divines de la nature s&rsquo;appliquent \u00e0 la fois \u00e0 l&rsquo;homme et aux autres cr\u00e9atures, et que les organismes furent cr\u00e9\u00e9s avec des comportements autant qu&rsquo;avec des morphologies qui ont depuis subi des g\u00e9n\u00e9rations de changement conduit par les mutations et les recombinaisons et qui ont \u00e9t\u00e9 model\u00e9s par la s\u00e9lection naturelle. En cons\u00e9quence, une partie du caract\u00e8re humain refl\u00e8te des g\u00e9n\u00e9rations de s\u00e9lection naturelle qui a accentu\u00e9 le c\u00f4t\u00e9 \u00e9go\u00efste de notre nature. La Bible nous dit que les humains ne sont pas totalement d\u00e9termin\u00e9s biologiquement, mais qu&rsquo;ils ont une part de libre arbitre qui leur permet de rechercher aupr\u00e8s de Dieu la capacit\u00e9 d&rsquo;agir de mani\u00e8re vraiment altruiste. Un tel comportement n&rsquo;est pas seulement le r\u00e9sultat d&rsquo;une modification g\u00e9n\u00e9tique et d&rsquo;un d\u00e9terminisme biologique.<\/p>\n<p>Il est possible que le processus fondamental de la s\u00e9lection de parent\u00e8le et son effet sur l&rsquo;aptitude globale aient op\u00e9r\u00e9 au sein des humains et des autres groupes cr\u00e9\u00e9s d&rsquo;organismes. L&rsquo;acceptation de cette notion n&rsquo;exige pas qu&rsquo;on suppose que l&rsquo;ensemble du monde vivant ait \u00e9volu\u00e9 \u00e0 partir d&rsquo;une cellule ou que l&rsquo;\u00e9volution ait cr\u00e9\u00e9 la moralit\u00e9.<\/p>\n<p>Cela \u00e9tant dit, la r\u00e9ponse chr\u00e9tienne au d\u00e9fi de la science dans le domaine de la moralit\u00e9 et des valeurs reste in\u00e9vitable.<\/p>\n<p><b>Premi\u00e8rement, un attachement \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<\/b>\u00a0Plus que jamais, il est n\u00e9cessaire que les chr\u00e9tiens d\u00e9veloppent des moyens d&rsquo;int\u00e9grer les v\u00e9rit\u00e9s r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par diverses sources, bibliques comme scientifiques, tout en conservant une haute estime des Ecritures. S&rsquo;attacher \u00e0 l&rsquo;un ne n\u00e9cessite pas un refus de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p><b>Deuxi\u00e8mement, une implication plus active dans le d\u00e9veloppement des valeurs.<\/b>\u00a0Les chr\u00e9tiens peuvent apprendre beaucoup des autres m\u00e9thodes de recherche, y compris de la sociobiologie, sur la fa\u00e7on dont les valeurs sont apprises, d\u00e9velopp\u00e9es et cultiv\u00e9es et dont la moralit\u00e9 se d\u00e9veloppe. A une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;humanit\u00e9, y compris la communaut\u00e9 scientifique, est \u00e0 la recherche de moyens de r\u00e9introduire des semences de moralit\u00e9 et de valeurs dans la soci\u00e9t\u00e9, et o\u00f9 les syst\u00e8mes de morale et de valeurs entretenus autrefois semblent s&rsquo;effondrer de toute part, le chr\u00e9tien a un devoir \u00e0 la fois religieux et sociologique. Les chr\u00e9tiens, particuli\u00e8rement les adventistes, qui ont un attachement pressant \u00e0 un syst\u00e8me de valeurs objectif et une foi in\u00e9branlable dans le pouvoir de Dieu pour transformer les \u00eatres humains, ne doivent s\u00fbrement pas manquer \u00e0 leur responsabilit\u00e9 envers la soci\u00e9t\u00e9 en encourageant le d\u00e9veloppement de valeurs solides.<\/p>\n<p><b>Troisi\u00e8mement, un d\u00e9fi au style de vie.<\/b>\u00a0En d\u00e9finitive la croyance en Dieu qui nous donne toutes les lois morales, et nous rend capables de les garder, sera test\u00e9e au tribunal du style de vie humain. Montrons-nous dans notre conduite qu&rsquo;\u00e0 cause de notre confiance en Dieu nous sommes capables de voir notre int\u00e9r\u00eat personnel tout en \u00e9tant d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s ?<\/p>\n<p class=\"about\">Ronald L. Carter (Ph.D., Loma Linda University) est chercheur et pasteur, professeur de biologie \u00e0 Loma Linda, sp\u00e9cialis\u00e9 dans la syst\u00e9matique mol\u00e9culaire. Son travail sur le terrain l&rsquo;a men\u00e9 jusqu&rsquo;au c\u0153ur de la jungle amazonienne.<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>Ronald L. Carter, \u00ab La moralit\u00e9 d\u00e9pend-elle des g\u00e8nes ? Un scientifique adventiste examine le d\u00e9fi de la sociobiologie aux notions chr\u00e9tiennes de valeurs et de comportement. \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a05 (1993\/3), p. 5-8<\/p>\n<h2>NOTES ET R\u00c9F\u00c9RENCES<\/h2>\n<section class=\"references\">\n<ol>\n<li>Edward O. Wilson,\u00a0<i>Sociobiology: The New Synthesis<\/i>\u00a0(Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1975).<\/li>\n<li>W. D. Hamilton, \u00ab The Genetical Theory of Social Behaviour (I and II) \u00bb,\u00a0<i>Journal of Theoretical Biology<\/i>\u00a07 (1964), p. 1-32.<\/li>\n<li>G. C. Williams,\u00a0<i>Adaptation and Natural Selection<\/i>\u00a0(Princeton, NJ: Princeton University Press, 1966).<\/li>\n<li>A. L. Caplan, Ed.,\u00a0<i>The Sociobiology Debate<\/i>\u00a0(New York: Harper and Row, 1978).<\/li>\n<li>R. Dawkins,\u00a0<i>The Selfish Gene<\/i>\u00a0(Oxford: Oxford University Press, 1976), Traduit en fran\u00e7ais sous le titre : Le G\u00e8ne \u00e9go\u00efste (Paris : Meng\u00e8s, 1978).<\/li>\n<li>Voir note 2.<\/li>\n<li>John Maynard-Smith, \u00ab The Theory of Games and the Evolution of Animal Conflict \u00bb,\u00a0<i>Journal of Theoretical Biology<\/i>\u00a047 (1974), p. 209-221.<\/li>\n<li>R. L. Trivers, \u00ab The Evolution of Reciprocal Altruism \u00bb,\u00a0<i>Quarterly Review of Biology<\/i>\u00a046 (1971), p. 35-57.<\/li>\n<li>A. Fisher, \u00ab A New Synthesis Comes of Age \u00bb,\u00a0<i>Mosaic<\/i>\u00a0(National Science Foundation) 22 (1991), p. 1-17.<\/li>\n<li>W. G. Holmes and P. W. Sherman, \u00ab Kin Recognition in Animals \u00bb,\u00a0<i>American Science<\/i>\u00a071 (1983), p. 46-55.<\/li>\n<li>J. R. Krebs and N. B. Davies,\u00a0<i>An Introduction to Behavioral Ecology<\/i>, 2nd ed. (Sunderland, Mass.: Sinauer Associates, 1987): Fisher,\u00a0<i>ibid<\/i>.<\/li>\n<li>Wilson,\u00a0<i>On Human Nature<\/i>\u00a0(Cambridge, Mass.: Harvard University Press. 1978), p. 2, 3.<\/li>\n<li>R. D. Alexander,\u00a0<i>The Biology of Moral Systems<\/i>\u00a0(New York : Aldyne de Gruyster, 1987).<\/li>\n<li>Wilson, 1978, p. 5.<\/li>\n<li><i>Id<\/i>., p. 4-5.<\/li>\n<li>Voir Alexander ; G. D. Snell,\u00a0<i>Search for a Rational Ethic<\/i>\u00a0(New York: Springer-Verlag, 1988).<\/li>\n<li>Wilson, 1978, p. 196.<\/li>\n<\/ol>\n<\/section>\n<\/div>\n<p><\/main><\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2020 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ronald L. Carter Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;amour ? Comment d\u00e9finit-on la beaut\u00e9 ? L&rsquo;esprit et la foi sont-ils li\u00e9s ? L&rsquo;altruisme est-il h\u00e9rit\u00e9 ou se cultive-t-il ? Par qui ou par quoi les questions de moralit\u00e9 et de valeur sont-elles r\u00e9gl\u00e9es ? Il fut un temps o\u00f9 de telles pr\u00e9occupations \u00e9taient la responsabilit\u00e9 incontest\u00e9e des philosophes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":1968,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[220,218,222],"tags":[870,869],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1966"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1966"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1966\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1968"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1966"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1966"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1966"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}