{"id":1905,"date":"2020-01-31T08:01:36","date_gmt":"2020-01-31T08:01:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=1905"},"modified":"2020-01-31T08:01:36","modified_gmt":"2020-01-31T08:01:36","slug":"larmee-et-le-nouveau-testament-les-adventistes-devraient-ils-sengager-dans-larmee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/larmee-et-le-nouveau-testament-les-adventistes-devraient-ils-sengager-dans-larmee\/","title":{"rendered":"L\u2019arm\u00e9e et le Nouveau Testament : Les adventistes devraient-ils s\u2019engager dans l\u2019arm\u00e9e ?"},"content":{"rendered":"<p><main class=\"layout-version-2\"><\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"has-drop-cap\">De nombreux adventistes du septi\u00e8me jour expriment aujourd\u2019hui le d\u00e9sir de porter les armes dans le cadre d\u2019un engagement militaire actif. Doit-il en \u00eatre ainsi ? Dans cet article, je m\u2019attacherai \u00e0 montrer que la r\u00e9ponse est clairement n\u00e9gative, en rappelant la position officielle de l\u2019\u00c9glise sur le refus du combat et du port d\u2019armes<sup>1<\/sup>. Pour ce faire, je replacerai la question de l\u2019engagement militaire dans le contexte des enseignements du Nouveau Testament concernant le lien avec les autorit\u00e9s civiles. Cette r\u00e9flexion est importante dans la mesure o\u00f9 l\u2019attitude des chr\u00e9tiens concernant le port d\u2019armes n\u2019est qu\u2019un aspect de leur approche de la relation entre le royaume de Dieu et l\u2019\u00c9tat. Je montrerai que le Nouveau Testament invite les chr\u00e9tiens \u00e0 accorder la priorit\u00e9 \u00e0 leur identit\u00e9 de citoyens du royaume de Dieu et non \u00e0 leur engagement vis-\u00e0-vis des royaumes de ce monde. Les chr\u00e9tiens ne sont jamais appel\u00e9s \u00e0 donner leur vie pour l\u2019\u00c9tat, cet engagement \u00e9tant r\u00e9serv\u00e9 au royaume de Dieu.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le Nouveau Testament ne traite pas directement les questions relatives au refus de combattre. Il ne parle pas de la fa\u00e7on dont les chr\u00e9tiens devraient agir quand ils se trouvent en position de contr\u00f4ler des ressources militaires. Il ne mentionne pas non plus la question des interventions militaires effectu\u00e9es dans un but humanitaire. Ainsi, les lecteurs du Nouveau Testament doivent identifier les principes bibliques universels qui permettent de les guider en de telles situations. Ces principes sont notamment les suivants :<\/p>\n<ol>\n<li>J\u00e9sus est venu sur la terre pour sauver, et non pour d\u00e9truire (voir par exemple Luc 1.69 ; 2.11 ; Jean 3.16 ; 4.42 ; Philippiens 3.20).<\/li>\n<li>Nous n\u2019avons pas \u00e0 rendre la justice nous-m\u00eames, c\u2019est le r\u00f4le de Dieu (voir Romains 12.19-21).<\/li>\n<li>De nombreux textes recommandent aux chr\u00e9tiens de ne pas avoir recours \u00e0 la vengeance, sans donner de d\u00e9tails concernant un contexte sp\u00e9cifique (voir Romains 12.19-21 ; 1 Thessaloniciens 5.15 ; 1 Pierre 3.9)<sup>2<\/sup>.<\/li>\n<li>Les chr\u00e9tiens sont invit\u00e9s \u00e0 faire all\u00e9geance \u00e0 la famille de Dieu plut\u00f4t qu\u2019aux royaumes de ce monde (voir \u00c9ph\u00e9siens 3.14,15).<\/li>\n<li>Refuser de faire usage de moyens militaires permet d\u2019encourager les royaumes de ce monde \u00e0 accepter la souverainet\u00e9 du Fils de l\u2019homme (voir Matthieu 28.16-20).<\/li>\n<li>Nous devons \u00e9viter d\u2019agir dans un pays d\u2019une fa\u00e7on qui pourrait compromettre le t\u00e9moignage des croyants dans un autre pays (voir 1 Thessaloniciens 4.9-12).<\/li>\n<\/ol>\n<h2>LE CHR\u00c9TIEN ET LES AUTORIT\u00c9S CIVILES<\/h2>\n<p>Le Nouveau Testament propose de nombreux enseignements sur la relation entre les chr\u00e9tiens et l\u2019\u00c9tat. Je d\u00e9buterai par les positions positives et je terminerai par les positions n\u00e9gatives, puis j\u2019en tirerai des conclusions concernant le service militaire.<\/p>\n<ol>\n<li><b>Les autorit\u00e9s civiles peuvent \u00eatre une force pour le bien.<\/b>Certains passages du Nouveau Testament pr\u00e9sentent les autorit\u00e9s civiles de fa\u00e7on tr\u00e8s positive. Le texte de Romains 13.1-7 est certainement l\u2019exemple le plus souvent cit\u00e9. Dans le monde chr\u00e9tien occidental, l\u2019\u00c9glise a souvent utilis\u00e9 cet argument pour justifier la position d\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise dans le monde s\u00e9cularis\u00e9<sup>3<\/sup>. Les autorit\u00e9s dirigeantes ont \u00e9t\u00e9 institu\u00e9es par Dieu pour punir les mauvais agissements et approuver les bons comportements (Romains 13.1-3). S\u2019opposer \u00e0 ces autorit\u00e9s dirigeantes signifie s\u2019opposer \u00e0 Dieu. C\u2019est la raison pour laquelle ces autorit\u00e9s portent l\u2019\u00e9p\u00e9e et accordent des r\u00e9compenses (versets 3 et 4). \u00c0 trois reprises, Paul parle des autorit\u00e9s en utilisant des termes relatifs au service et \u00e0 la pr\u00eatrise (<i>diakonos<\/i>, Romains 13.4 ;\u00a0<i>leitourgoi<\/i>, Romains 13.6)<sup>4<\/sup>. Ces serviteurs de Dieu font la distinction entre le bien et le mal non pas en fonction de la loi r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, mais selon la loi de la nature<sup>5<\/sup>. Par cons\u00e9quent, nous ne devons pas ob\u00e9ir aux autorit\u00e9s par peur, m\u00eame si cela est implicite en raison de la mention de l\u2019\u00e9p\u00e9e, mais nous sommes appel\u00e9s \u00e0 ob\u00e9ir parce que notre conscience nous y pousse (13.4,5). Parce que les autorit\u00e9s sont au service de Dieu, nous devons payer des imp\u00f4ts et des taxes aux autorit\u00e9s, et les honorer (verset 7).\n<p>Le texte de Romains 13.1-7 a souvent \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par les autorit\u00e9s au pouvoir pour d\u00e9fendre \u00ab un asservissement abject aux autorit\u00e9s politiques consid\u00e9r\u00e9es comme \u00e9tant virtuellement divines et encourageant la soumission sur la base de la promotion de la justice<sup>6<\/sup>\u00a0\u00bb. Durant la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance des \u00c9tats-Unis (1775-1783), de nombreux loyalistes ont fait r\u00e9f\u00e9rence au texte de Romains 13.1-7 pour justifier le fait que les citoyens devaient ob\u00e9ir aux autorit\u00e9s coloniales<sup>7<\/sup>. Les personnes hostiles aux autorit\u00e9s dirigeantes ont propos\u00e9 des interpr\u00e9tations plus nuanc\u00e9es de ce passages de l\u2019\u00e9p\u00eetre aux Romains, ce qui leur a permis de justifier la d\u00e9sob\u00e9issance civile. Elles citaient souvent les paroles de Pierre et des ap\u00f4tres \u2013 \u00ab il faut ob\u00e9ir \u00e0 Dieu plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 des humains \u00bb (Actes 5.29)<sup>8<\/sup>\u00a0\u2013 pour montrer que l\u2019obligation d\u2019ob\u00e9issance est nuanc\u00e9e par d\u2019autres textes bibliques. Ils s\u2019appuyaient g\u00e9n\u00e9ralement sur les enseignements des R\u00e9formateurs protestants, qui avaient d\u00fb s\u2019opposer \u00e0 l\u2019emploi du texte de Romains 13.1-7 par les autorit\u00e9s catholiques pour justifier la soumission des protestants<sup>9<\/sup>.<\/p>\n<p>En raison du grand nombre d\u2019interpr\u00e9tations erron\u00e9es, beaucoup de sp\u00e9cialistes des \u00e9crits de Paul ont renonc\u00e9 \u00e0 consid\u00e9rer le message de Romains 13.1-7 comme un principe universel selon lequel il serait n\u00e9cessaire de faire preuve d\u2019une ob\u00e9issance syst\u00e9matique aux autorit\u00e9s civiles. Au contraire, ils consid\u00e8rent ce texte comme un conseil sp\u00e9cifique donn\u00e9 aux croyants de Rome dans des circonstances particuli\u00e8res. Ils \u00e9voquent le contexte du passage pour justifier ce changement d\u2019interpr\u00e9tation. Selon eux, le texte de Romains 12.14-21 encourage les lecteurs \u00e0 ne pas avoir recours \u00e0 la vengeance, faisant donc \u00e9cho aux enseignements de J\u00e9sus dans le Sermon sur la montagne<sup>10<\/sup>. L\u2019une des hypoth\u00e8ses est que l\u2019ap\u00f4tre Paul fait r\u00e9f\u00e9rence aux enseignements de J\u00e9sus dans Romains 12 et 13.8-10 pour recommander aux croyants de Rome de se dissocier des juifs romains qui pouvaient causer des probl\u00e8mes aux autorit\u00e9s par solidarit\u00e9 vis-\u00e0-vis de leurs compatriotes palestiniens. Rome venait d\u2019expulser les chr\u00e9tiens de la ville en raison d\u2019\u00e9meutes foment\u00e9es \u00ab par Chrestus<sup>11<\/sup>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le point commun de ces liens historiques est le d\u00e9sir d\u2019\u00e9viter d\u2019interpr\u00e9ter le texte de Romains 13.1-7 comme une d\u00e9claration universelle et normative concernant l\u2019attitude des chr\u00e9tiens vis-\u00e0-vis des autorit\u00e9s civiles, et de le consid\u00e9rer plut\u00f4t comme un message sp\u00e9cifique destin\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9glise de Rome qui se trouvait alors dans une position bien particuli\u00e8re. Cependant, le sentiment de g\u00eane que nous \u00e9prouvons lorsqu\u2019il est fait mention de r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales et d\u2019applications universelles ne doit pas nous faire oublier le fait que le texte de Romains 13.1-7 d\u00e9crit les autorit\u00e9s civiles de mani\u00e8re tr\u00e8s positive. Cela permet d\u2019\u00e9chapper au ph\u00e9nom\u00e8ne tout aussi dangereux de la d\u00e9faillance totale et dramatique de la loi et de l\u2019ordre, comme cela s\u2019est r\u00e9cemment pass\u00e9 en Irak et en Syrie.<\/li>\n<li><b>Les autorit\u00e9s civiles ne sont pas monolithiques ; elles ont des bons et des mauvais c\u00f4t\u00e9s.<\/b>Cela appara\u00eet clairement dans le livre des Actes o\u00f9 aucun groupe ethnique ou social n\u2019est universellement bon ou mauvais. Les autorit\u00e9s juives ont pers\u00e9cut\u00e9 les premiers disciples de J\u00e9sus, elles ont tu\u00e9 Etienne et l\u2019ap\u00f4tre Jacques, et elles ont mis en prison bien d\u2019autres disciples (Actes 7.54 \u2013 8.3 ; 12.5)<sup>12<\/sup>. Cependant, quand le Sanh\u00e9drin a voulu tuer Pierre et Jean, Gamaliel \u2013 qui \u00e9tait Pharisien \u2013 a pris leur d\u00e9fense et a convaincu les autorit\u00e9s d\u2019ajourner leur jugement (5.34-39). Toutes les autorit\u00e9s juives n\u2019\u00e9taient pas hostiles au mouvement chr\u00e9tien<sup>13<\/sup>. Certains repr\u00e9sentants des autorit\u00e9s romaines sont pr\u00e9sent\u00e9s en des termes positifs dans le livre des Actes<sup>14<\/sup>. Un chapitre et demi est consacr\u00e9 au r\u00e9cit de la conversion du centurion romain Corneille (10.1 \u2013 11.18), ce qui est le signe qu\u2019il avait une grande importance en tant que repr\u00e9sentant de Rome. Plus tard dans le livre des Actes, un tribun militaire et ses soldats sont intervenus pour sauver Paul de la col\u00e8re d\u2019une grande foule (21.26-36). Les m\u00eames autorit\u00e9s qui ont crucifi\u00e9 J\u00e9sus pouvaient, dans d\u2019autres situations, offrir leur soutien et leur protection.\n<p>La le\u00e7on que nous pouvons en retirer est le fait que les royaumes de ce monde ne sont jamais totalement bons ou mauvais. Ainsi, les individus travaillant pour les autorit\u00e9s doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s au cas par cas. Cette attitude charitable vis-\u00e0-vis de \u00ab l\u2019autre \u00bb dispara\u00eet souvent en cas de tensions et de guerres, quand les oppositions sont l\u2019objet d\u2019actions de propagande destin\u00e9es \u00e0 rallier un soutien pour une intervention militaire. Les chr\u00e9tiens doivent se souvenir que des enfants de Dieu se trouvent dans tous les gouvernements et dans tous les pays.<\/li>\n<li><b>J\u00e9sus d\u00e9sire que ses disciples rendent \u00e0 C\u00e9sar ce qui est \u00e0 C\u00e9sar.<\/b>Les paroles de J\u00e9sus relat\u00e9es dans Marc 12.17 (voir aussi Matthieu 22.21 et Luc 20.25) sont souvent cit\u00e9es pour affirmer que les chr\u00e9tiens doivent soutenir pleinement l\u2019\u00c9tat. En r\u00e9pondant ainsi \u00e0 la question relative au paiement de l\u2019imp\u00f4t \u00e0 C\u00e9sar, J\u00e9sus ne voulait pas dire que nous devrions toujours donner \u00e0 C\u00e9sar ce qu\u2019il r\u00e9clame. Il ne voulait pas non plus dire que nous ne devrions jamais accepter ses demandes. Certaines choses appartiennent en effet \u00e0 C\u00e9sar. J\u00e9sus cherchait \u00e0 contredire ceux qui voulaient le mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve \u00ab en le contraignant \u00e0 d\u00e9cider ce qui appartenait \u00e0 C\u00e9sar et ce qui appartenait \u00e0 Dieu<sup>15<\/sup>\u00a0\u00bb. De fa\u00e7on d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, il n\u2019a pas pr\u00e9cis\u00e9 ce qui \u00e9tait \u00e0 C\u00e9sar et ce qui \u00e9tait \u00e0 Dieu. D\u00e9finir un principe \u00e9thique ou une ligne d\u2019action en fonction de cette d\u00e9claration de J\u00e9sus reviendrait donc \u00e0 prendre sa place et \u00e0 d\u00e9terminer quelle est la limite entre les choses de Dieu et les choses de C\u00e9sar.\n<p>En d\u00e9finissant ce qui appartient \u00e0 C\u00e9sar, nous devons nous souvenir que J\u00e9sus avait recommand\u00e9 \u00e0 ses disciples de se distinguer des Gentils dont les dirigeants agissaient \u00ab en seigneurs \u00bb et faisaient \u00ab sentir leur autorit\u00e9 \u00bb (Marc 10.42). Les paroles de J\u00e9sus vont donc \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019usage de la force pour maintenir l\u2019ordre de fa\u00e7on tyrannique. Ses disciples doivent \u00e9viter d\u2019exercer le moindre pouvoir de cette mani\u00e8re et, par cons\u00e9quent, d\u2019aider autrui \u00e0 diriger ainsi.<\/li>\n<li><b>Dieu gouverne la nation par l\u2019interm\u00e9diaire de ses disciples.<\/b>Nous trouvons une autre position dans le Nouveau Testament, selon laquelle les disciples de J\u00e9sus sont eux-m\u00eames des autorit\u00e9s l\u00e9gitimes, contrairement aux autorit\u00e9s ill\u00e9gitimes de l\u2019\u00e9poque. C\u2019est notamment le cas de l\u2019\u00e9vangile de Luc dans lequel J\u00e9sus cherche \u00e0 \u00e9tablir un nouveau mode de gouvernement pour Isra\u00ebl. Il nomme deux groupes distincts : l\u2019un constitu\u00e9 de douze ap\u00f4tres, et l\u2019autre form\u00e9 de soixante-dix (soixante-douze) disciples choisis pour \u00eatre ses repr\u00e9sentants (Luc 6.12-16 ; 10.1)<sup>16<\/sup>. Le chiffre douze \u00e9voque les douze fils de Jacob (Gen\u00e8se 35.22-26) et le chiffre soixante-dix rappelle les soixante-dix anciens d\u2019Isra\u00ebl qui avaient accompagn\u00e9 Mo\u00efse et Aaron pour conclure une alliance avec Dieu (Exode 24.1,9)<sup>17<\/sup>. Le Sanh\u00e9drin de J\u00e9rusalem comptait soixante et onze membres (soixante-dix anciens plus Mo\u00efse)<sup>18<\/sup>. En appelant douze disciples puis soixante-dix disciples, J\u00e9sus proposait en effet un syst\u00e8me de gouvernement alternatif pour Isra\u00ebl.\n<p>Dans Luc 12.32, J\u00e9sus encourage les douze disciples \u00e0 ne pas avoir peur, car le royaume de Dieu est \u00e0 eux. Ceci est confirm\u00e9 dans le r\u00e9cit de Luc concernant le dernier repas du Seigneur : \u00ab C\u2019est pourquoi je dispose du Royaume en votre faveur, comme mon P\u00e8re en a dispos\u00e9 en ma faveur.<sup>19<\/sup>\u00a0\u00bb Les douze disciples devaient juger les \u00ab douze tribus d\u2019Isra\u00ebl \u00bb en tant que dirigeants plac\u00e9s sous la direction de J\u00e9sus, qui avait lui-m\u00eame re\u00e7u le royaume de la part de son P\u00e8re (22.29,30). Il n\u2019y a aucune raison d\u2019interpr\u00e9ter ces paroles sur un plan purement spirituel. J\u00e9sus demandait \u00e0 ses disciples d\u2019\u00eatre les v\u00e9ritables juges d\u2019un royaume r\u00e9el, Isra\u00ebl<sup>20<\/sup>.<\/p>\n<p>Ce texte de Luc sur la souverainet\u00e9 de J\u00e9sus signifie que les chr\u00e9tiens doivent se demander si leur pays a accept\u00e9 la souverainet\u00e9 de J\u00e9sus avant de se h\u00e2ter \u00e0 le d\u00e9fendre. Les chr\u00e9tiens ont avant tout une responsabilit\u00e9 vis-\u00e0-vis du royaume de Dieu, un royaume qui exerce sa souverainet\u00e9 sur les royaumes de ce monde<sup>21<\/sup>. Si notre royaume terrestre n\u2019accepte pas la souverainet\u00e9 du Fils de l\u2019homme, alors d\u00e9fendre un tel royaume ne rel\u00e8ve pas de la responsabilit\u00e9 principale des chr\u00e9tiens. Cela reviendrait en effet \u00e0 d\u00e9fendre un royaume rebelle au royaume de Dieu.<\/li>\n<li><b>Les bons royaumes peuvent avoir des caract\u00e9ristiques mauvaises.<\/b>Le Nouveau Testament nous recommande aussi de nous m\u00e9fier des royaumes de ce monde, car ils ont souvent des caract\u00e9ristiques semblables \u00e0 celles des b\u00eates d\u00e9crites dans le texte biblique. Daniel 7 d\u00e9crit les royaumes de Babylone, de Perse, de la Gr\u00e8ce et de Rome en les comparant \u00e0 des b\u00eates agressives parce qu\u2019ils cherchent \u00e0 se renverser les uns les autres et \u00e0 renverser le peuple de Dieu. Ces b\u00eates sont l\u2019objet du jugement divin et elles perdront leur souverainet\u00e9 quand elles seront sous la domination de celui \u00ab qui ressemblait \u00e0 un \u00eatre humain \u00bb (Daniel 7.13,14) et des \u00ab saints du Tr\u00e8s-Haut \u00bb (7.18,22,27)<sup>22<\/sup>. Le sujet majeur de ce chapitre est la d\u00e9claration selon laquelle Dieu interviendra en faveur de son peuple pour le lib\u00e9rer des r\u00e9gimes de ce monde qui l\u2019oppriment. Mais ce qui n\u2019est pas mentionn\u00e9, c\u2019est la fa\u00e7on dont le peuple de Dieu peut \u00e9viter de devenir lui-m\u00eame une b\u00eate. Que doit faire l\u2019\u00c9glise pour \u00e9viter d\u2019adopter les caract\u00e9ristiques de ses oppresseurs ? Apr\u00e8s tout, l\u2019histoire contient de nombreux exemples de peuples opprim\u00e9s qui sont devenus oppresseurs \u00e0 leur tour.\n<p>Cette r\u00e9alit\u00e9 appara\u00eet malheureusement dans les \u00e9vangiles. Dans Matthieu, par exemple, les autorit\u00e9s juives s\u2019associent avec la b\u00eate de Rome pour d\u00e9truire le Fils de l\u2019homme<sup>23<\/sup>. Selon la perspective du livre de Daniel, les saints se sont unis \u00e0 l\u2019une des b\u00eates et se sont retourn\u00e9s contre leur lib\u00e9rateur, le Fils de l\u2019homme. M\u00eame l\u2019\u00c9glise est susceptible de faire ainsi volte-face. Dans le livre de l\u2019Apocalypse, le peuple de Dieu, initialement repr\u00e9sent\u00e9 par une femme rev\u00eatue du soleil (12.1), est prot\u00e9g\u00e9 dans le d\u00e9sert des attaques du dragon (12.13-17). Mais malheureusement, quand une femme appara\u00eet une deuxi\u00e8me fois, elle est assise sur une b\u00eate \u00e9carlate, v\u00eatue comme une prostitu\u00e9e, et elle boit le sang de ses enfants (17.6). Comme le peuple d\u2019Isra\u00ebl dans le d\u00e9sert (Exode 32.1-25), le peuple de Dieu a apostasi\u00e9<sup>24<\/sup>. N\u00e9anmoins, comme pour le peuple d\u2019Isra\u00ebl, il subsiste un petit reste fid\u00e8le, les enfants de la femme, \u00e0 savoir ceux \u00ab qui gardent les commandements de Dieu et qui portent le t\u00e9moignage de J\u00e9sus \u00bb (12.17 ; voir 14.12)<sup>25<\/sup>.<\/p>\n<p>Ces exemples du Nouveau Testament nous rappellent que le fait de d\u00e9fendre les royaumes de ce monde, quand ils semblent justes et droits, peut en effet sembler parfois l\u00e9gitime, mais que ceux-ci ont souvent tendance \u00e0 changer de nature et \u00e0 devenir mauvais. Tous ceux qui s\u2019engagent pour d\u00e9fendre leur patrie peuvent, sans le vouloir, en venir \u00e0 pers\u00e9cuter leur prochain. Tous ceux qui sont engag\u00e9s dans l\u2019arm\u00e9e n\u2019ont pas la possibilit\u00e9 de lever des objections de conscience s\u00e9lectives et de choisir o\u00f9 et quand ils veulent combattre<sup>26<\/sup>. De fait, ils d\u00e9l\u00e8guent leur conscience \u00e0 ceux qui leur donnent des ordres. Cet enseignement du Nouveau Testament selon lequel les royaumes bons en apparence peuvent adopter des qualit\u00e9s relatives aux b\u00eates mentionn\u00e9es dans la Bible est probablement l\u2019argument le plus fort encourageant les chr\u00e9tiens \u00e0 ne pas s\u2019engager dans l\u2019arm\u00e9e.<\/li>\n<li><b>Dieu \u00e9l\u00e8ve et renverse les royaumes de ce monde.<\/b>Certains passages du Nouveau Testament vont dans le sens d\u2019une m\u00e9fiance plus grande encore vis-\u00e0-vis des royaumes de ce monde. Le message principal de Daniel 2 est la d\u00e9claration selon laquelle Dieu \u00ab renverse les rois et [&#8230;] \u00e9tablit les rois \u00bb (2.21). Cette affirmation est peut-\u00eatre ambig\u00fce dans le sens o\u00f9 on ne sait pas si elle s\u2019applique aux rois de tous les temps, mais quoi qu\u2019il en soit, elle souligne le fait que tous les royaumes sont soumis \u00e0 la volont\u00e9 souveraine de Dieu. Dans le Nouveau Testament, ceci appara\u00eet notamment dans le d\u00e9sir de Dieu de juger son peuple pour son infid\u00e9lit\u00e9. Dans l\u2019\u00e9vangile de Matthieu, la mission de J\u00e9sus consiste \u00e0 \u00ab sauver son peuple de ses p\u00e9ch\u00e9s \u00bb (Matthieu 1.21). Dans ce contexte, la notion de \u00ab peuple \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Isra\u00ebl qui rassemble \u00ab les moutons perdus de la maison d\u2019Isra\u00ebl \u00bb (10.6) et les bergers \u00e9go\u00efstes qui gouvernaient depuis J\u00e9rusalem (16.21). Le salut qui est offert \u00e0 Isra\u00ebl est li\u00e9 \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 se repentir (voir 3.2,11 ; 4.17). L\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 se repentir et le d\u00e9sir de continuer \u00e0 pers\u00e9cuter J\u00e9sus et ses disciples laissera la maison vide et d\u00e9sol\u00e9e (23.34-36,38). M\u00eame la nation d\u2019Isra\u00ebl, qui forme le peuple de Dieu, est soumise au jugement divin.\n<p>Que cela implique-t-il pour les chr\u00e9tiens ? Cela signifie qu\u2019ils ne doivent pas s\u2019alarmer outre mesure lors de la mont\u00e9e ou de la chute des royaumes de ce monde, m\u00eame s\u2019il s\u2019agit de leur propre royaume<sup>27<\/sup>. Les premiers chr\u00e9tiens se consid\u00e9raient comme une nouvelle race (\u00c9ph\u00e9siens 2.15), une nouvelle nation (1 Pierre 2.9). Ainsi tout d\u00e9sir de mourir pour la nation avait disparu. Les premiers chr\u00e9tiens \u00e9taient d\u00e9sormais pr\u00eats \u00e0 souffrir au nom du Christ et pour son royaume. Aucune nation ne peut s\u2019arroger le droit divin d\u2019auto-d\u00e9termination et d\u2019ind\u00e9pendance, ni celui de diriger d\u2019autres nations. J\u00e9sus a conseill\u00e9 \u00e0 ses disciples juifs de fuir dans les montagnes plut\u00f4t que de d\u00e9fendre leur ville natale, J\u00e9rusalem, attaqu\u00e9e par les Gentils (Matthieu 24.16 ; voir Luc 21.20-24). Les chr\u00e9tiens doivent avant tout faire preuve de loyaut\u00e9 vis-\u00e0-vis du royaume de Dieu, et ils doivent prendre au s\u00e9rieux le fait que leur pays puisse \u00eatre l\u2019objet du jugement divin par l\u2019interm\u00e9diaire de nations \u00e9trang\u00e8res qui ne se soumettent pas au Dieu d\u2019Isra\u00ebl<sup>28<\/sup>. Par cons\u00e9quent, sans t\u00e9moignage proph\u00e9tique, il devient tr\u00e8s difficile de d\u00e9terminer si, en d\u00e9fendant son pays, un chr\u00e9tien se bat pour ou contre la volont\u00e9 souveraine de Dieu. En d\u00e9fendant son pays, on peut donc r\u00e9sister au jugement divin.<\/li>\n<li><b>Les royaumes de ce monde sont d\u00e9chus par nature.<\/b>Certains textes du Nouveau Testament sont bien plus n\u00e9gatifs au sujet des royaumes de ce monde<sup>29<\/sup>. C\u2019est notamment le cas de certains textes de Jean comme le quatri\u00e8me \u00e9vangile, 1 Jean, 2 Jean et 3 Jean, et l\u2019Apocalypse. Le texte de 1 Jean, par exemple, \u00e9tablit une limite tr\u00e8s pr\u00e9cise entre le monde et les enfants de Dieu. Le terme \u00ab monde \u00bb (<i>kosmos<\/i>) est g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9 dans 1 Jean pour faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble en dehors de l\u2019\u00c9glise, et le monde est donc d\u00e9crit de fa\u00e7on tr\u00e8s n\u00e9gative (voir 1 Jean 2.15-17 ; 3.1,13 ; 4.1). Il s\u2019agit du champ d\u2019action de \u00ab l\u2019antichrist \u00bb (4.3,4) et il est sous la domination du \u00ab Mauvais \u00bb (5.19).\n<p>Le probl\u00e8me d\u2019une vision si contrast\u00e9e du monde est que les chr\u00e9tiens peuvent \u00e9prouver le d\u00e9sir de se retirer de ce monde per\u00e7u comme hostile et agressif. Cependant, cette vision permet de comprendre \u00e0 quel point il peut \u00eatre dangereux de s\u2019engager pour les royaumes de ce monde, et renforce le d\u00e9sir de se placer sous la souverainet\u00e9 du Fils de Dieu. Elle rappelle aux chr\u00e9tiens ce qui doit \u00eatre l\u2019objet de leur loyaut\u00e9 et les met en garde contre le risque qu\u2019ils courent en servant des autorit\u00e9s qui sont peut-\u00eatre sous la domination de Satan.<\/li>\n<\/ol>\n<h2>CONCLUSION<\/h2>\n<p>Le Nouveau Testament ne d\u00e9finit pas des principes th\u00e9ologiques et politiques applicables \u00e0 des situations dans lesquelles les chr\u00e9tiens sont en position de gouverner, et il ne dit donc pas si les chr\u00e9tiens ayant une fonction d\u2019autorit\u00e9 doivent avoir recours \u00e0 des moyens militaires pour se d\u00e9fendre ou pour d\u00e9fendre d\u2019autres personnes \u2013 y compris des personnes n\u2019\u00e9tant pas chr\u00e9tiennes \u2013 qui seraient attaqu\u00e9es ou pers\u00e9cut\u00e9es<sup>30<\/sup>. Le Nouveau Testament n\u2019aborde pas la notion de guerre juste<sup>31<\/sup>. C\u2019est la raison pour laquelle les principes th\u00e9ologiques et politiques concernant le royaume d\u2019Isra\u00ebl dans l\u2019Ancien Testament ont si souvent \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s par le christianisme<sup>32<\/sup>. Se lamenter \u00e0 ce sujet revient \u00e0 se m\u00e9prendre totalement sur la nature du Nouveau Testament. En effet, le Nouveau Testament n\u2019est pas la Constitution des \u00c9tats-Unis de Dieu. Ce n\u2019est pas non plus un trait\u00e9 abordant des questions \u00e9thiques et juridiques. Ce n\u2019est pas un code l\u00e9gislatif. Le Nouveau Testament est un t\u00e9moignage inspir\u00e9 mais s\u00e9lectif des actions de Dieu men\u00e9es par l\u2019interm\u00e9diaire de J\u00e9sus et de l\u2019\u0153uvre constante du Saint-Esprit dans l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, nous trouvons des conseils dans le Nouveau Testament. Dans cet article, j\u2019ai montr\u00e9 que la question du refus de combattre \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 l\u2019attitude des chr\u00e9tiens vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00c9tat. Le Nouveau Testament propose diff\u00e9rents points de vue dans ce domaine, allant d\u2019un soutien prudent \u00e0 un r\u00e9alisme m\u00e9fiant et m\u00eame \u00e0 une critique tr\u00e8s vive. Ces diff\u00e9rents points de vue doivent aider l\u2019\u00c9glise \u00e0 prendre position. Tous les auteurs du Nouveau Testament montrent que, lorsqu\u2019une personne se donne \u00e0 Christ, elle fait preuve de loyaut\u00e9 avant tout vis-\u00e0-vis du royaume de Dieu. Je me suis attach\u00e9 \u00e0 souligner que, certes les autorit\u00e9s civiles ne sont pas monolithiques et peuvent agir pour le bien, mais qu\u2019en raison de leur nature d\u00e9chue, elles ont trop souvent tendance \u00e0 devenir des b\u00eates pers\u00e9cutant les saints et sont donc soumises \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu qui \u00e9tablit ou qui renverse les royaumes de ce monde.<\/p>\n<p>D\u00e9fendre son pays en cas d\u2019attaque ne devrait donc pas \u00eatre une r\u00e9action spontan\u00e9e, car ces attaques peuvent \u00eatre la manifestation du jugement divin. L\u2019identit\u00e9 et la loyaut\u00e9 chr\u00e9tiennes pr\u00e9dominent sur l\u2019identit\u00e9 et la loyaut\u00e9 nationales. La r\u00e9putation du royaume de Dieu est plus importante que la survie d\u2019un pays. Le Nouveau Testament n\u2019appelle jamais les chr\u00e9tiens \u00e0 mourir pour leur pays ; il les invite \u00e0 \u00eatre pr\u00eats \u00e0 mourir pour le Christ. Quand un chr\u00e9tien est pers\u00e9cut\u00e9 au nom du Christ, celui-ci est invit\u00e9 \u00e0 fuir et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 la mort plut\u00f4t que de r\u00e9sister activement. Ainsi, je pense que, par d\u00e9faut, l\u2019\u00c9glise doit pr\u00f4ner le refus de s\u2019engager dans l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"about\">Cedric Vine (titulaire d\u2019un doctorat de l\u2019universit\u00e9 de Sheffield, au Royaume-Uni, est professeur de Nouveau Testament \u00e0 la facult\u00e9 adventiste de th\u00e9ologie d\u2019Andrews, \u00e0 Berrien Springs, dans le Michigan, aux \u00c9tats-Unis. Courriel : cvine@andrews.edu.<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>VINE Cedric, \u00ab L\u2019arm\u00e9e et le Nouveau Testament : Les adventistes devraient-ils s\u2019engager dans l\u2019arm\u00e9e ? \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a031 (2019\/3), p. 5-10<\/p>\n<h2>NOTES ET R\u00c9F\u00c9RENCES<\/h2>\n<section class=\"references\">\n<ol>\n<li>Concernant les diff\u00e9rences de position sur le refus de combat- tre dans l\u2019\u00c9glise adventiste, voir par exemple Douglas Morgan, \u201cBetween Pacifism and Patriotism: Helping Students Think About Military Options\u201d,\u00a0<i>The Journal of Adventist Education<\/i>\u00a065:5 (Summer 2003): 16-27 ; Ronald E. Osborn, \u201cA Brief History of Seventh-day Adventists in Time of War\u201d in\u00a0<i>The Peacemaking Remnant: Essays and Historical Documents<\/i>, Douglas Morgan, ed. (Silver Spring, MD: Adventist Peace Fellowship, 2005), p. 71-77 ; George R. Knight, \u201cThe Great Disappearance: Adventist and Noncombatancy\u201d,\u00a0<i>The Journal of Adventist Education<\/i>\u00a070:3 (February\/March 2008), p. 11-14.<\/li>\n<li>Richard B. Hays,\u00a0<i>The Moral Vision of the New Testament: Community, Cross, New Creation: A Contemporary Introduction to New Testament Ethics<\/i>\u00a0(New York: HarperCollins, 1996), p. 336\u2012340 ; Jerome F. D. Creach,\u00a0<i>Violence in Scripture<\/i>\u00a0(Interpretation: Resources for the Use of Scripture in Research: Louisville, Ky.: Westminster John Knox Press, 2013), p. 222.<\/li>\n<li>Stephen Sykes,\u00a0<i>Power and Christian Theology<\/i>\u00a0(London: Continuum, 2006), p. 37, 38.<\/li>\n<li>C. H. Dodd,\u00a0<i>New Testament Studies<\/i>\u00a0(Manchester: Manchester University Press, 1953), p. 114. Ernst K\u00e4semann explique que l\u2019accent mis sur les fonctions de collecteur d\u2019imp\u00f4ts, de force de l\u2019ordre, de magistrat et dirigeant romain sugg\u00e8re que Paul ne pense pas en termes officiels ni en termes d\u2019une \u00ab m\u00e9taphysique de l\u2019\u00c9tat ou d\u2019une relation entre l\u2019\u00c9glise et l\u2019\u00c9tat \u00bb. Ernst K\u00e4semann,\u00a0<i>Commentary on Romans<\/i>, Geoffrey W. Bromiley, trans. [Grand Rapids, MI.: Eerdmans, 1980], p. 354.<\/li>\n<li>Dodd, p. 134.<\/li>\n<li>Daniel L. Dreisbach,\u00a0<i>Reading the Bible With the Founding Fathers<\/i>\u00a0(Oxford: Oxford University Press, 2017), p. 109\u2012135.<\/li>\n<li>Robert Jewett,\u00a0<i>Romans: A Commentary<\/i>\u00a0(Hermeneia: A Critical and Historical Commentary on the Bible), 66 (Minneapolis: Fortress Press, 2007), 785. Cf. J. L. Houlden,\u00a0<i>Ethics and the New Testament in Understanding the Bible and Its World<\/i>\u00a0(London: T&amp;T Clark, 2004), 81. Oliver O\u2019Donovan argues that in Romans 13, Paul releases the state of many of its functions: \u201cit strips down the role of government to the single task of judgment, and forbids human rule to pretend to sovereignty, the consummation of the community\u2019s identity in the power of its ruler\u201d (Oliver O\u2019Donovan,\u00a0<i>The Ways of Judgment: The Bampton Lectures, 2003<\/i>\u00a0[Grand Rapids, Mich.: Eerdmans, 2005], 4).<\/li>\n<li>Sauf mention contraire, tous les textes bibliques sont tir\u00e9s de la Nouvelle Bible Segond.<\/li>\n<li>Dreisbach, p. 112.<\/li>\n<li>Andries Van Aarde, \u201cPaul\u2019s Version of \u2012Turning the Other Cheek\u2019: Rethinking Violence and Tolerance.\u201d In\u00a0<i>Coping With Violence in the New Testament<\/i>, Pieter G. R. de Villiers and Jan Willem van Henten, eds. (Leiden: Brill, 2012), p. 43\u201267 (43).<\/li>\n<li>Tacite,\u00a0<i>Annals<\/i>, 15:44.<\/li>\n<li>Sur la pers\u00e9cution des Juifs, voir Douglas R. A. Hare,\u00a0<i>The Theme of Jewish Persecution of Christians in the Gospel According to St. Matthew<\/i>\u00a0(Society for New Testament Studies Monograph Series 6; Cambridge: Cambridge University Press, 1967), p. 1\u201279.<\/li>\n<li>Voir l\u2019attitude de Joseph d\u2019Arimath\u00e9e dans Marc 15.42-47.<\/li>\n<li>Houlden sugg\u00e8re que le but \u00e9tait de montrer aux autorit\u00e9s que le christianisme n\u2019\u00e9tait pas une menace. L\u2019argument avanc\u00e9 est le fait que le livre des Actes \u00e9tait lu par les autorit\u00e9s (Houlden, p. 83).<\/li>\n<li>Adela Yarbro Collins, Mark: A Commentary (Hermeneia: A Critical and Historical Commentary on the Bible 62, Harold W. Attridge, ed. (Minneapolis: Fortress Press, 2007), p. 557.<\/li>\n<li>Voir la position de Metzger sur les variantes de 70 et 72 disciples. Il conclut qu\u2019il est impossible de trancher la question. Bruce M. Metzger, \u201cSeventy or Seventy-Two Disciples?\u201d\u00a0<i>New Testament Studies<\/i>\u00a05:4 [July 1959]: p. 299\u2012306.<\/li>\n<li>Voir aussi les 70 personnes qui se sont rendues en \u00c9gypte avec Jacob (Deut\u00e9ronome 10.22) et les 70 nations de Gen\u00e8se 10. Keith J. Hacking,\u00a0<i>Signs and Wonders Then and Now: Miracle-Working, Commissioning, and Discipleship<\/i>\u00a0(Nottingham: Apollos, 2006), p. 190\u2012193.<\/li>\n<li>Pour les chiffres douze et soixante-dix dans un contexte administratif, voir Jos\u00e8phe,\u00a0<i>J.W.<\/i>\u00a04:336 ; 4:341 ;\u00a0<i>Life<\/i>\u00a0p. 56\u201258. Pour E. P. Sanders, le Sanh\u00e9drin \u00e9tait une institution compos\u00e9e de membres appartenant \u00e0 l\u2019\u00e9lite de la soci\u00e9t\u00e9 (E. P. Sanders,\u00a0<i>Judaism: Practice and Belief, 63 BCE &#8211; 66 CE<\/i>\u00a0[Harrisburg, PA: Trinity Press International, 1992], p. 472\u2012490).<\/li>\n<li>I. Howard Marshall,\u00a0<i>The Gospel of Luke: The New International Greek Testament Commentary on the Greek Text<\/i>\u00a0(Grand Rapids, MI: Eerdmans, 1978), p. 816-817 ; Fran\u00e7ois Bovon,\u00a0<i>Luke 3: A Commentary on the Gospel of Luke 19:28\u201224:53<\/i>\u00a0(Hermeneia 63C: Minneapolis: Fortress Press, 2012), p. 175, 176. Voir 2 Timoth\u00e9e 2.12 ; Apocalypse 2.26 et suivants ; 3.21.<\/li>\n<li>N. T. Wright,\u00a0<i>Jesus and the Victory of God<\/i>\u00a0(Christian Origins and the Question of God, Volume 2: Minneapolis: Fortress Press, 1997), p. 226\u2012229.<\/li>\n<li>Oliver O\u2019Donovan,\u00a0<i>The Desire of the Nations: Rediscovering the Roots of Political Theology<\/i>\u00a0(Cambridge: Cambridge University Press, 1996), p. 30\u201281.<\/li>\n<li>Pour les \u00ab saints \u00bb qui sont des \u00eatres c\u00e9lestes, voir John J. Collins,\u00a0<i>Daniel: A Commentary on the Book of Daniel<\/i>\u00a0(Hermeneia 27: Minneapolis: Fortress Press, 1993), p. 313\u2012319. Pour les \u00ab saints \u00bb qui forment le peuple de Dieu, voir Jacques B. Doukhan,\u00a0<i>Secrets of Daniel: Wisdom and Dreams of a Jewish Prince in Exile<\/i>\u00a0(Hagerstown, MD: Review and Herald, 2000), p. 108.<\/li>\n<li>Voir Matthieu 26.63-68 ; 27.1,2 ; Marc 14.61-65 ; 15.1-15 ; Luc 22.66- 71 ; 23.6-12.<\/li>\n<li>Le peuple d\u2019Isra\u00ebl est compar\u00e9 \u00e0 une prostitu\u00e9e dans J\u00e9r\u00e9mie 4.30 ; \u00c9z\u00e9chiel 16.15 ; Os\u00e9e 4.11,12.<\/li>\n<li>Richard P. Lehmann, \u201cThe Remnant in the Book of Revelation.\u201d In\u00a0<i>Toward a Theology of the Remnant<\/i>, \u00c1ngel M. Rodr\u00edguez, ed. (Silver Spring, MD: Biblical Research Insitute, 2009), p. 85\u2012112 (104\u2012106).<\/li>\n<li>Michael Farrell,\u00a0<i>Modern Just War Theory: A Guide to Research<\/i>\u00a0(Illuminations: Guides to Research in Religion: Lanham, MD: Scarecrow Press, 2013), p. 22.<\/li>\n<li>Matthieu 16.24-26 ; 23.31-35 ; Marc 8.34-37 ; Luc 9.23-25 ; Jean 15.13 ; 16.2,3 ; 1 Thessaloniciens 2.13-16 ; 3.4 ; 1 Jean 3.16 ; Apocalypse 2.10.<\/li>\n<li>Jos\u00e8phe pensait que Daniel annon\u00e7ait la destruction de J\u00e9rusalem (<i>Ant.<\/i>\u00a010.11.7).<\/li>\n<li>Richard Niebuhr parle d\u2019une \u00ab opposition entre le Christ et la culture \u00bb. H. Richard Niebuhr,\u00a0<i>Christ and Culture<\/i>\u00a0[New York: Harper Torchbooks, 1956], p. 45\u201282.<\/li>\n<li>L\u2019exemple le plus proche que nous ayons est la destruction de Satan et de ses adeptes par le feu du ciel et l\u2019av\u00e8nement de la Nouvelle J\u00e9rusalem sur cette terre (voir Apocalypse 20.7 \u2013 21.8).<\/li>\n<li>Pour des raisons justifiant la guerre, voir Farrell,\u00a0<i>Modern Just War Theory<\/i>, p. 15\u201217.<\/li>\n<li>O\u2019Donovan,\u00a0<i>The Desire of the Nations<\/i>, p. 21\u201229.<\/li>\n<\/ol>\n<\/section>\n<\/div>\n<p><\/main><\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2020 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<div>Auteur: Cedric Vine<\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De nombreux adventistes du septi\u00e8me jour expriment aujourd\u2019hui le d\u00e9sir de porter les armes dans le cadre d\u2019un engagement militaire actif. Doit-il en \u00eatre ainsi ? Dans cet article, je m\u2019attacherai \u00e0 montrer que la r\u00e9ponse est clairement n\u00e9gative, en rappelant la position officielle de l\u2019\u00c9glise sur le refus du combat et du port d\u2019armes1. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":1907,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[220,218,222],"tags":[517,844],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1905"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1905"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1905\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1907"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1905"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1905"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1905"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}