{"id":1875,"date":"2020-01-21T06:34:30","date_gmt":"2020-01-21T06:34:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=1875"},"modified":"2020-01-21T06:34:30","modified_gmt":"2020-01-21T06:34:30","slug":"six-mythes-sur-le-mariage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/six-mythes-sur-le-mariage\/","title":{"rendered":"Six mythes sur le mariage"},"content":{"rendered":"<p><main class=\"layout-version-1\"><\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"byline\">Calvin Thomsen<\/p>\n<p>Le bonheur dans le mariage peut \u00eatre durable, ou insaisissable. Certains couples sont mari\u00e9s depuis 40 ans ou plus, et leur amour, leur romance, sont aussi frais et vivaces que si leurs noces dataient d\u2019un mois. D\u2019autres ont \u00e0 peine ouvert leurs cadeaux de mariage qu\u2019ils sentent une sorte d\u2019amertume envahir leur relation et se mettent \u00e0 r\u00eaver d\u2019avocats plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019achat d\u2019une maison. \u00c0 quoi tient donc, dans le mariage, la diff\u00e9rence entre un bonheur durable et une trop br\u00e8ve romance\u00a0?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La recherche moderne nous fournit quelques indices. John Gottman, professeur de psychologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Washington, a r\u00e9alis\u00e9 des enqu\u00eates novatrices dans le contexte nord-am\u00e9ricain actuel\u00a0: il a \u00e9tudi\u00e9 des milliers de couples, prenant en consid\u00e9ration de nombreuses variables qui jouent sur la stabilit\u00e9 conjugale. Il a alors pu d\u00e9finir les facteurs du bonheur conjugal ainsi que ceux qui poussent \u00e0 une lutte sans merci pouvant aboutir au divorce.<\/p>\n<p>Ces recherches font aussi appara\u00eetre certains des grands mythes tournant autour de l\u2019amour et du mariage, mythes qui ne proviennent pas d\u2019anciens rituels ou de l\u00e9gendes tribales mais de lieux communs qui, pour la plupart des gens, \u00ab\u00a0vont de soi\u00a0\u00bb. Il est utile de se pencher sur ces mythes et d\u2019envisager leurs implications pour la construction d\u2019une bonne relation conjugale.<\/p>\n<p><em>Mythe n\u00b0 1\u00a0: un exc\u00e8s d\u2019attentes peut ruiner un mariage.<\/em>\u00a0On con\u00e7oit souvent le mariage sous l\u2019angle d\u2019une bonne proposition, comme en affaires\u00a0: \u00e9lever des enfants, g\u00e9rer des biens, b\u00e2tir des alliances entre familles. Nous en attendons aussi qu\u2019il demeure \u00e9ternellement romantique, passionn\u00e9ment \u00e9rotique et tiss\u00e9 d\u2019une profonde amiti\u00e9, sans rien renier de toutes ses fonctions traditionnelles\u00a0: parentalit\u00e9, liens familiaux et gestion patrimoniale.<\/p>\n<p>De telles esp\u00e9rances sont parfois tenues pour irr\u00e9alistes et nuisibles au bonheur conjugal. Mais des recherches r\u00e9centes indiquent que, s\u2019il est n\u00e9cessaire de faire preuve de r\u00e9alisme dans nos attentes, en nourrir d\u2019un haut niveau peut stimuler un surcro\u00eet d\u2019investissement dans le mariage et donner de meilleurs r\u00e9sultats. Des attentes m\u00e9diocres semblent emp\u00eacher que l\u2019on s\u2019investisse autant pour avoir un bon mariage, et faire qu\u2019on se contente d\u2019un mariage quelconque plut\u00f4t que d\u2019une excellente union. Et Gottman de dire\u00a0: \u00ab\u00a0Les mariages des gens qui ont des crit\u00e8res et des attentes plus \u00e9lev\u00e9s en mati\u00e8re conjugale sont les meilleurs mariages et non les pires.\u00a0\u00bb<sup>1<\/sup><\/p>\n<p><em>Mythe n\u00b0 2\u00a0: les hommes viennent de Mars et les femmes de V\u00e9nus.<\/em>\u00a0Ce dicton, tir\u00e9 du titre d\u2019un livre bien connu, sugg\u00e8re qu\u2019il y a entre hommes et femmes de profondes diff\u00e9rences et qu\u2019ils attendent du mariage des choses fondamentalement diff\u00e9rentes. De nombreux livres \u00e0 succ\u00e8s visent \u00e0 aider les couples \u00e0 faire face \u00e0 leurs diff\u00e9rences, en tenant pour acquis qu\u2019un grand foss\u00e9 s\u00e9pare ce que veulent les femmes et les hommes.<\/p>\n<p>Hommes et femmes sont-ils \u00e0 ce point diff\u00e9rents que cela affecte le mariage\u00a0? Si la r\u00e9ponse, comme nous le verrons, est bien \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb, les livres \u00e0 succ\u00e8s ignorent fr\u00e9quemment l\u2019abondance de points communs caract\u00e9risant ce qu\u2019hommes et femmes veulent trouver dans le mariage et leurs d\u00e9sirs et besoins communs. Chose plus importante encore, ils n\u00e9gligent le fait que seules les diff\u00e9rences les plus extr\u00eames entre deux partenaires sont li\u00e9es, d\u2019apr\u00e8s les chercheurs, \u00e0 des unions malheureuses, alors que \u00ab\u00a0les mariages heureux se caract\u00e9risent par peu de divergences entre les partenaires\u00a0\u00bb<sup>2<\/sup>. Quant au \u00ab\u00a0traditionalisme masculin\u00a0\u00bb (\u00e0 savoir une approche du mariage par la domination et la volont\u00e9 de contr\u00f4le), il est statistiquement corr\u00e9l\u00e9 avec une moindre qualit\u00e9 des relations conjugales.<sup>3<\/sup><\/p>\n<p>Certes, des diff\u00e9rences tr\u00e8s r\u00e9pandues sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par ces recherches. Les hommes, par exemple, ont plus tendance \u00e0 rentrer dans leur carapace en cas de conflit conjugal, alors que les femmes pr\u00e9f\u00e9reront faire un usage plus intensif de la parole. C\u2019est sans doute d\u00fb au fait que les hommes tendent \u00e0 \u00ab\u00a0se noyer\u00a0\u00bb plus facilement dans un flot d\u2019\u00e9motions n\u00e9gatives et qu\u2019il leur faut plus longtemps pour r\u00e9cup\u00e9rer psychologiquement apr\u00e8s une dispute. Ils ont aussi plus tendance \u00e0 essayer d\u2019\u00ab\u00a0arranger\u00a0\u00bb les probl\u00e8mes, alors que les femmes souhaitent plus fr\u00e9quemment que l\u2019homme les \u00e9coute. S\u2019agissant de l\u2019attraction sexuelle, sa m\u00e9canique masculine passe plut\u00f4t par la stimulation visuelle et par une moindre influence du contexte relationnel. Les femmes sont souvent plus aptes \u00e0 se connecter \u00e0 l\u2019\u00e9tat \u00e9motionnel d\u2019autrui, et les hommes tendent \u00e0 aborder les conversations sous l\u2019angle de la comp\u00e9tition.<\/p>\n<p>Mais on doit aussi constater que les recherches montrent qu\u2019hommes et femmes attendent du mariage des choses remarquablement similaires, et que les deux sexes indiquent qu\u2019une profonde amiti\u00e9 est ce qu\u2019il y a de plus satisfaisant dans un bon mariage. Et la liste des autres facteurs r\u00e9ellement annonciateurs des bons mariages montre qu\u2019il n\u2019y a que de l\u00e9g\u00e8res diff\u00e9rences dans le classement, par chacun des deux sexes, de ce qui le satisfait r\u00e9ellement dans une relation intime<sup>4<\/sup>. Un des secrets les mieux gard\u00e9s du monde relationnel est que l\u2019homme, en moyenne, souffre de plus de troubles de sant\u00e9 \u00e9motionnelle ou physiologique quand il est priv\u00e9 de relation intime que la femme vivant la m\u00eame situation.<\/p>\n<p>Les couples li\u00e9s par de solides relations sont en harmonie avec la personnalit\u00e9 propre des deux partenaires et consid\u00e8rent que ces forts liens d\u2019amiti\u00e9 sont la pierre angulaire d\u2019une bonne relation. Ils respectent leurs \u00e9ventuelles diff\u00e9rences li\u00e9es au sexe de chacun et cherchent les moyens de satisfaire mutuellement leurs besoins respectifs. Si la Bible utilise des termes un peu diff\u00e9rents pour d\u00e9crire le r\u00f4le de l\u2019homme et celui de la femme dans le mariage, il reste un \u00e9l\u00e9ment commun, \u00e0 savoir l\u2019altruisme r\u00e9ciproque gr\u00e2ce auquel chacun des deux se montre ouvert aux besoins de l\u2019autre et y r\u00e9pond (voir \u00c9ph\u00e9siens 5.21-33). Ce texte ne d\u00e9crit pas une vaste divergence de r\u00f4le entre les sexes, il ne justifie pas la domination de la femme par l\u2019homme, mais pr\u00e9conise un partenariat d\u2019amour mutuel, au sein duquel chacun des deux participants est pr\u00eat \u00e0 faire \u00ab\u00a0un mille de plus\u00a0\u00bb pour le bien de l\u2019autre.<\/p>\n<p><em>Mythe n\u00b0 3\u00a0: l\u2019\u00e9coute active et le refus de la col\u00e8re sont les instruments cl\u00e9s de la gestion des conflits dans une bonne relation.<\/em>\u00a0Ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, moult livres et articles ont sugg\u00e9r\u00e9 aux couples la mise en \u0153uvre, en cas de conflit conjugal, du processus dit d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9coute active\u00a0\u00bb. Dans l\u2019\u00e9coute active, on d\u00e9clare clairement ses propres sentiments \u00e0 l\u2019aide d\u2019expressions d\u2019ordre affectif et on s\u2019efforce de reformuler, en les paraphrasant, les pr\u00e9occupations du partenaire. C\u2019est tr\u00e8s proche de ce que font les th\u00e9rapeutes quand ils \u00e9coutent leurs clients. Les chercheurs qui ont \u00e9tudi\u00e9 de pr\u00e8s les disputes conjugales s\u2019attendaient \u00e0 trouver que les couples heureux faisaient r\u00e9guli\u00e8rement usage de cette m\u00e9thode pour r\u00e9sorber leurs d\u00e9saccords et r\u00e9soudre les conflits survenant dans leur mariage.<\/p>\n<p>Or ce n\u2019est pas ce qu\u2019ils ont constat\u00e9. En premier lieu, ils ont remarqu\u00e9 que, pour ainsi dire, personne ne parle vraiment ainsi dans le feu d\u2019une dispute. Les gens ne font tout simplement pas usage des affirmations de soi prescrites, du type \u00ab\u00a0moi, je\u2026\u00a0\u00bb, quand ils sont tr\u00e8s \u00e9nerv\u00e9s. Et m\u00eame dans les rares occurrences o\u00f9 ils le font, on n\u2019a pas relev\u00e9 que cela ait eu la moindre influence directe sur la r\u00e9solution du conflit. Comme l\u2019a \u00e9crit Gottman, \u00ab\u00a0cela ne pr\u00e9dit rien<sup>5<\/sup>\u00a0\u00bb. Il est bien possible que les partenaires ayant voulu adopter cette approche en soient venus \u00e0 esp\u00e9rer trouver un genre de perfection qui, dans le feu des disputes, \u00e9tait tout simplement irr\u00e9alisable.<\/p>\n<p>Ces recherches, par contre, ont montr\u00e9 qu\u2019une \u00e9coute active, attentive, \u00e9tait pr\u00e9cieuse \u00e0 plusieurs points de vue. Elle peut \u00eatre efficace quand un des partenaires emploie ce mode d\u2019\u00e9coute lorsque l\u2019autre se plaint d\u2019une tierce personne (son patron, par exemple). Elle est aussi des plus utiles dans le cadre d\u2019une \u00ab\u00a0conversation de restauration\u00a0\u00bb, lorsque le couple travaille \u00e0 raccommoder sa relation apr\u00e8s une dispute. Et elle peut certainement aider les couples \u00e0 renforcer leur intimit\u00e9 et \u00e0 apprendre \u00e0 se mieux conna\u00eetre quand ils ne sont pas en pleine bagarre. Mais la recherche en conjugalit\u00e9 montre que, dans le feu des disputes, bien rares sont les gens capables de suivre les r\u00e8gles d\u2019une bonne communication. La plupart des gens \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 entendre vraiment ce que dit leur partenaire, et m\u00eame le meilleur des communicateurs se laisse aller, lors des disputes, \u00e0 d\u00e9fendre sa position propre. En cas de conflit conjugal, il faut surtout de la patience\u00a0!<\/p>\n<p>Les recherches sur la col\u00e8re dans le mariage sont elles aussi int\u00e9ressantes. Aucune corr\u00e9lation statistique n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie entre la col\u00e8re elle-m\u00eame et le divorce, au contraire de la corr\u00e9lation fiable \u00e9tablie entre divorce et m\u00e9pris et attitude d\u00e9fensive<sup>6<\/sup>. Les couples qui se disputent beaucoup ne sont pas n\u00e9cessairement moins heureux que ceux qui ne le font pas. De nombreux couples ayant tendance \u00e0 se disputer savent aussi comment se r\u00e9concilier, et on a constat\u00e9 une corr\u00e9lation entre une certaine proportion de conflits et de disputes et une passion durable au sein du mariage<sup>7<\/sup>.<\/p>\n<p>La col\u00e8re en elle-m\u00eame ne fragilise pas le mariage, alors que ce peut \u00eatre le cas de l\u2019\u00e9chec \u00e0 la r\u00e9sorber. Les recherches effectu\u00e9es \u00e0 ce sujet montrent que \u00ab\u00a0l\u2019ext\u00e9riorisation\u00a0\u00bb de la col\u00e8re est ce qui pose probl\u00e8me. Plusieurs chercheurs diff\u00e9rents ont d\u00e9couvert que tenter de \u00ab\u00a0vider son sac\u00a0\u00bb en se d\u00e9chargeant sur son partenaire accro\u00eet en fait le niveau de col\u00e8re et de stress de la personne courrouc\u00e9e. C\u2019est le ratio global entre d\u00e9clarations positives et n\u00e9gatives adress\u00e9es au partenaire qui permet d\u2019\u00e9valuer de mani\u00e8re fiable la probabilit\u00e9 de divorce. Dans les couples heureux, on a relev\u00e9 au moins cinq commentaires favorables pour chaque commentaire d\u00e9favorable. Un mode d\u2019expression conflictuel, chamailleur, pose aussi probl\u00e8me si un seul des \u00e9poux se sent \u00e0 l\u2019aise avec ce style, et si un des partenaires aime disputer l\u2019autre alors que l\u2019autre s\u2019en trouve \u00e9motionnellement d\u00e9vast\u00e9 et subit alors un stress qui perdure des heures, voire des jours.<\/p>\n<p>La Bible affirme que la col\u00e8re n\u2019est pas en elle-m\u00eame un p\u00e9ch\u00e9 (\u00c9ph\u00e9siens 4.26, NBS), mais elle ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Que le soleil ne se couche pas sur votre irritation .\u00bb L\u2019\u00e9coute active peut donc participer au raccommodage d\u2019une relation, apr\u00e8s le conflit. Pour autant, il nous faudra sans doute pardonner, tant notre partenaire que nous-m\u00eame, pour les imperfections de notre gestion des d\u00e9saccords.<\/p>\n<p><em>Mythe n\u00b0 4\u00a0: au fil du temps, tout mariage suit in\u00e9vitablement une pente descendante.<\/em>\u00a0La plupart des gens croient qu\u2019avec le temps la passion s\u2019\u00e9tiole fatalement et que tout mariage se banalise. Mais si de nombreux couples font part, avec le temps, d\u2019un d\u00e9clin de la satisfaction conjugale, de r\u00e9centes recherches ont donn\u00e9 plusieurs r\u00e9sultats int\u00e9ressants, montrant que cela n\u2019a rien d\u2019in\u00e9vitable. Il en est en fait du mariage comme de bien d\u2019autres choses\u00a0: il est r\u00e9ellement possible de le rendre meilleur \u00e0 force de pratique. Le th\u00e9rapeute conjugal David Schnarch dit que ce n\u2019est que plus tard dans la vie avec un partenaire monogame que les gens peuvent commencer \u00e0 d\u00e9couvrir leur potentiel passionnel et sexuel<sup>8<\/sup>. Pareillement, les recherches de Gottman ont montr\u00e9 que de nombreux couples se d\u00e9couvrent avec le temps plus tol\u00e9rants l\u2019un envers l\u2019autre, plus appr\u00e9ciatifs et anim\u00e9s d\u2019un plus grand d\u00e9sir de rester ensemble. Le degr\u00e9 le plus \u00e9lev\u00e9 du bonheur conjugal ne r\u00e9side pas dans l\u2019euphorie des premiers temps, mais dans la satisfaction \u00e0 long terme d\u2019un mariage comptant de nombreux anniversaires.<\/p>\n<p>La passion n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019\u00e2ge. On conna\u00eet bien mieux, maintenant, la biochimie et la neurologie de l\u2019amour et de la passion. Les \u00ab\u00a0atomes crochus\u00a0\u00bb d\u2019une relation varient dans le temps. L\u2019euphorie initiale ressentie avec un nouvel amour dure g\u00e9n\u00e9ralement environ deux ans, et le type de bonne entente caract\u00e9ristique d\u2019une relation \u00e0 long terme n\u2019est pas le m\u00eame que le cocktail enivrant d\u2019un amour tout neuf. Or trop de gens renoncent \u00e0 une relation d\u00e8s que la bonne entente initiale commence \u00e0 \u00e9voluer. Ils s\u2019adonnent \u00e0 des relations s\u00e9quentielles ne semblant pas durer plus de deux ans chacune, et ne se rendent pas compte que la satisfaction affective d\u2019un amour au long cours peut \u00eatre plus \u00e9panouissante que l\u2019excitation d\u2019une passion nouvelle.<\/p>\n<p><em>Mythe n\u00b0 5\u00a0: quelqu\u2019un qui n\u2019est que rarement la proie de la passion sexuelle est probablement sexuellement inerte, et donc m\u00e9diocre partenaire conjugal.<\/em>\u00a0Avec toutes les images de sexualit\u00e9 surchauff\u00e9e que nous ass\u00e8nent les m\u00e9dias, la plupart des gens mari\u00e9s en viennent \u00e0 croire qu\u2019ils devraient br\u00fbler continuellement de passion pour leur partenaire. Et s\u2019ils sont absorb\u00e9s par les factures d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et la fi\u00e8vre du petit dernier, s\u2019ils pensent rarement au sexe et ne salivent pas \u00e0 l\u2019id\u00e9e de faire l\u2019amour \u00e0 chaque occasion, ils risquent de se sentir coupables.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 tout r\u00e9cemment, les sexologues supposaient que tout un chacun exp\u00e9rimente le d\u00e9sir sexuel de la m\u00eame fa\u00e7on. On ressent quelque chose qui d\u00e9clenche une sensation subjective d\u2019excitation, laquelle engendre le d\u00e9sir de sexualit\u00e9. Mais, comme le remarque Michelle Weiner Davis, \u00ab\u00a0pour certains, le d\u00e9sir sexuel \u2014 la pulsion de sexualit\u00e9 \u2014 ne pr\u00e9c\u00e8de pas les sensations d\u2019excitation, mais en fait leur succ\u00e8de\u00a0\u00bb<sup>9<\/sup>. En d\u2019autres termes, certains connaissent rarement des fantasmes passionn\u00e9s, alors que, quand ils vivent leur sexualit\u00e9 dans leur couple, ils prennent un profond plaisir \u00e0 cette exp\u00e9rience et se sentent bien plus li\u00e9s \u00e0 leur partenaire.<\/p>\n<p>Les gens qui ont ressenti un sentiment tenace d\u2019\u00e9chec, de culpabilit\u00e9 et d\u2019ali\u00e9nation dans leur couple s\u2019apercevront peut-\u00eatre que se d\u00e9barrasser de ce mythe les aidera \u00e0 se sentir bien mieux dans leur peau et en meilleure harmonie avec leur partenaire. Cela leur rappellera aussi que le contexte d\u2019un mariage stable et vivace, dont les deux partenaires ne n\u00e9gligent pas leurs besoins r\u00e9ciproques d\u2019intimit\u00e9, peut en fait \u00eatre un cadre propice \u00e0 la passion conjugale. Tant pour les maris que pour les femmes, s\u2019investir dans l\u2019intimit\u00e9 conjugale est une bonne d\u00e9cision.<\/p>\n<p><em>Mythe n\u00b0 6\u00a0: les extr\u00eames s\u2019attirent.<\/em>\u00a0Par \u00ab\u00a0extr\u00eames\u00a0\u00bb on entend \u00ab\u00a0oppos\u00e9s\u00a0\u00bb, et l\u2019on veut dire par l\u00e0 qu\u2019on peut \u00eatre attir\u00e9 par des gens tr\u00e8s diff\u00e9rents de soi, cette grande diff\u00e9rence nous rendant plus complets. Ce n\u2019est pas d\u00e9nu\u00e9 de v\u00e9rit\u00e9, mais il n\u2019en est pas tout \u00e0 fait ainsi. Les gens semblent bel et bien trouver que certaines diff\u00e9rences sont un \u00e9l\u00e9ment positif et un facteur d\u2019attraction. Mais les recherches montrent que les couples les mieux assortis pr\u00e9sentent plus de similarit\u00e9s que de diff\u00e9rences, et que le fait d\u2019\u00eatre pareils sous des angles divers (l\u2019\u00e2ge, l\u2019\u00e9ducation, les choix confessionnels, les valeurs de base, etc.) est corr\u00e9l\u00e9 avec les niveaux les plus \u00e9lev\u00e9s de satisfaction conjugale<sup>10<\/sup>. Les \u00e9tudes effectu\u00e9es sur les types de temp\u00e9rament (l\u2019inventaire de Meyer\u2019s Briggs, par exemple) montrent que les couples peuvent tirer parti de certaines diff\u00e9rences, mais que ceux dont les composantes figurent aux extr\u00e9mit\u00e9s des quatre \u00e9chelles d\u2019\u00e9valuation des diff\u00e9rences sont moins heureux que ceux o\u00f9 les similarit\u00e9s sont plus fortes<sup>11<\/sup>.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de diff\u00e9rences, la meilleure approche consiste \u00e0 \u00eatre conscient du fait que la plupart d\u2019entre nous appr\u00e9cient quelques diff\u00e9rences cl\u00e9s, susceptibles d\u2019apporter un certain \u00e9quilibre \u00e0 notre vie. Il est bon d\u2019embrasser ces diff\u00e9rences et de ne pas se lancer dans un \u00e9norme \u00ab\u00a0projet de r\u00e9forme\u00a0\u00bb une fois qu\u2019on s\u2019est dit \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb. Mais si l\u2019on cherche un partenaire pour la vie, il ne faut pas croire que des diff\u00e9rences copieuses seront faciles \u00e0 surmonter. Celles sur lesquelles on d\u00e9cide de ne pas s\u2019arr\u00eater au d\u00e9but de la relation peuvent prendre, au fil du temps, une importance accrue. Il vaut bien mieux chercher quelqu\u2019un qui partage vraiment nos valeurs de base et notre mode de vie.<\/p>\n<h2>Quelques conclusions<\/h2>\n<p>Le mariage est une grande aventure. C\u2019est aussi l\u2019un des domaines de la vie les plus riches en d\u00e9fis. Dans un monde satur\u00e9 de fausses images d\u2019amour et de romance, plus nous sommes avertis, plus nous pouvons \u00eatre efficaces tant dans notre qu\u00eate d\u2019un partenaire que dans la construction d\u2019un superbe mariage une fois trouv\u00e9e la personne idoine.<\/p>\n<p>Quels principes retenir\u00a0? S\u2019assurer, tout d\u2019abord, que l\u2019on b\u00e2tit bien une amiti\u00e9 robuste avec la personne que l\u2019on envisage d\u2019\u00e9pouser ou avec qui l\u2019on est d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9. \u0152uvrer \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une communication solide mais ne pas s\u2019attendre \u00e0 la perfection, et surtout pas en pleine dispute. Ne se laisser ni prendre par l\u2019euphorie suscit\u00e9e par la bonne entente initiale, ni paniquer quand celle-ci s\u2019att\u00e9nue. Les ingr\u00e9dients d\u2019une passion et d\u2019un engagement durables sont bien diff\u00e9rents dans la vie de ce que l\u2019on peut voir au cin\u00e9ma ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Partir de ce que l\u2019on a en commun \u2014 en particulier pour les valeurs de base et la mani\u00e8re dont on m\u00e8ne r\u00e9ellement sa vie. Et si vous n\u2019\u00eates pas encore mari\u00e9, souvenez-vous bien que ces points communs risquent de compter bien plus que vous ne le croyez\u00a0!<\/p>\n<p class=\"about\">Calvin Thomsen est le pasteur charg\u00e9 des minist\u00e8res pour la famille \u00e0 l\u2019\u00e9glise adventiste de l\u2019universit\u00e9 de Loma Linda, en Californie. Il termine une th\u00e8se de doctorat en th\u00e9rapie conjugale et familiale. Il enseigne la th\u00e9rapie familiale et conjugale ainsi que la sexologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Loma Linda, et le conseil psychologique pastoral \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de La Sierra. Email\u00a0: cthomsen@lluc.org.<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>THOMSEN Calvin, \u00ab Six mythes sur le mariage \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a017 (2005\/2), p. 10-12<\/p>\n<h2>R\u00c9F\u00c9RENCES<\/h2>\n<section class=\"references\">\n<ol>\n<li>John Gottman,\u00a0<em>The Marriage Clinic\u00a0: A Scientifically Based Marital Therapy<\/em>\u00a0(New York\u00a0: Norton, 1999), p. 18.<\/li>\n<li>Ibid., p. 83.<\/li>\n<li>Robert Sternberg,\u00a0<em>Cupid\u2019s Arrow\u00a0: The Course of Love Through Time<\/em>\u00a0(Cambridge\u00a0: Cambridge University Press, 1998), p. 123.<\/li>\n<li>Ibid., p. 150-152.<\/li>\n<li>Gottman, p. 11.<\/li>\n<li>Ibid., p. 12.<\/li>\n<li>Ibid., p. 14.<\/li>\n<li>Voir David Schnarch,\u00a0<em>Passionate Marriage<\/em>\u00a0(New York\u00a0: Holt, 1997).<\/li>\n<li>Michelle Weiner Davis,\u00a0<em>The Sex-Starved Marriage<\/em>\u00a0(New York\u00a0: Simon and Schuster, 2003), p. 12.<\/li>\n<li>Ayala Pines,\u00a0<em>Falling in Love\u00a0: Why We Choose the Lovers We Choose<\/em>\u00a0(New York\u00a0: Routledge, 1999), p. 53.<\/li>\n<li>David Keirsey,\u00a0<em>Please Understand Me II<\/em>\u00a0(Del Mar, Californie\u00a0: Prometheus Nemesis Book Company, 1998), p. 212.<\/li>\n<\/ol>\n<\/section>\n<\/div>\n<p><\/main><\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2020 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Calvin Thomsen Le bonheur dans le mariage peut \u00eatre durable, ou insaisissable. Certains couples sont mari\u00e9s depuis 40 ans ou plus, et leur amour, leur romance, sont aussi frais et vivaces que si leurs noces dataient d\u2019un mois. D\u2019autres ont \u00e0 peine ouvert leurs cadeaux de mariage qu\u2019ils sentent une sorte d\u2019amertume envahir leur relation [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":1877,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[220,218,213,217,222],"tags":[214,835],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1875"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1875"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1875\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1877"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1875"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}