{"id":1468,"date":"2019-09-17T07:34:18","date_gmt":"2019-09-17T07:34:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=1468"},"modified":"2019-09-29T21:58:50","modified_gmt":"2019-09-29T21:58:50","slug":"leglise-en-etre-ou-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/leglise-en-etre-ou-pas\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00c9glise, en \u00eatre, ou pas ?"},"content":{"rendered":"<p><main class=\"layout-version-1\"><\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"byline\">Chantal J. Klingbeil et Gerald A. Klingbeil<\/p>\n<p class=\"subhead\">L\u2019\u00c9glise tient \u00e0 notre besoin de nous montrer solidaires les uns des autres, d\u2019apprendre comment vivre ensemble tant que nous sommes encore sur cette terre &#8211; et au service que nous devons au monde qui nous entoure.<\/p>\n<p><b><i>Pourquoi l\u2019\u00c9glise reste l\u2019id\u00e9al du Seigneur pour le XXI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/i><\/b>Communaut\u00e9s virtuelles, Tweeter, r\u00e9seaux sociaux \u2014 de nos jours, les meilleures pr\u00e9dications adventistes (ou autres) sont \u00e0 port\u00e9e de clic. \u00c0 quoi bon une \u00c9glise locale ? Et puis, qu\u2019est-ce qu\u2019une \u00c9glise ? Juste un b\u00e2timent, souvent vieillot, avec des bancs, de hauts plafonds et des vitraux, ou la notion d\u2019\u00c9glise recouvre-t-elle un \u00ab plus \u00bb d\u00e9passant les murs, les organigrammes et les articles de foi ? Et, par del\u00e0 ces profondes questions, \u00e0 mon niveau individuel, pourquoi devrais-je rejoindre une \u00c9glise ou m\u2019y engager \u2014 mon rapport personnel \u00e0 J\u00e9sus ne suffit-il pas ?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Nous aimerions apporter \u00e0 ces questions des r\u00e9ponses bibliques et th\u00e9ologiques. Retra\u00e7ons d\u2019abord rapidement les origines du concept d\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<h2>Qu\u2019est-ce qu\u2019une \u00c9glise ?<\/h2>\n<p>Nous associons en g\u00e9n\u00e9ral le terme\u00a0<i>\u00c9glise<\/i>\u00a0\u00e0 J\u00e9sus et au christianisme des origines. S\u2019il est vrai que la d\u00e9finition du peuple de Dieu a clairement \u00e9volu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque du Nouveau Testament, passant d\u2019une base essentiellement ethnique \u00e0 une autre, plus inclusive et transcendant les barri\u00e8res ethniques, le concept d\u2019\u00c9glise n\u2019est pas une invention du Nouveau Testament (NT). Remontons du Nouveau \u00e0 l\u2019Ancien Testament (AT)<sup>1<\/sup>.<\/p>\n<p>Les grands lexiques proposent un bon r\u00e9sum\u00e9 de l\u2019emploi du terme grec\u00a0<i>ekklesia<\/i>\u00a0(\u00ab \u00c9glise \u00bb) et\u00a0<i>synagogue<\/i>\u00a0(\u00ab synagogue \u00bb) dans le contexte du NT. Le mot\u00a0<i>ekklesia<\/i>, issu de la combinaison de la pr\u00e9position\u00a0<i>ek<\/i>\u00a0et du verbe\u00a0<i>kaleo<\/i>\u00a0(\u00ab appeler \u00bb), concernait surtout les injonctions officielles exprim\u00e9es en grec ancien, g\u00e9n\u00e9ralement dans des contextes politiques ou fortement structur\u00e9s.\u00a0<i>Synagoge<\/i>\u00a0avait un sens plus large, indiquant le regroupement ou l\u2019assembl\u00e9e de choses et de gens.<\/p>\n<p>La notion d\u2019assembl\u00e9e ou d\u2019appel date de l\u2019AT, o\u00f9 nous pouvons retracer nos origines spirituelles en remontant jusqu\u2019\u00e0 un homme appel\u00e9 \u00e0 quitter le pays d\u2019Ur et dirig\u00e9 vers une terre nouvelle (Gen\u00e8se 12.1-3). La premi\u00e8re \u00ab \u00c9glise \u00bb ne doit rien \u00e0 la main ou \u00e0 l\u2019imagination de l\u2019homme. Dieu appelle un homme et lui promet de lui donner une famille, laquelle a pour destin de devenir une b\u00e9n\u00e9diction pour toute l\u2019humanit\u00e9. Dieu a alors accompli l\u2019impossible et a donn\u00e9 au vieil Abraham, une copieuse descendance, qu\u2019il appela \u00e0 nouveau des ann\u00e9es plus tard \u2014 pour lui faire quitter l\u2019\u00c9gypte o\u00f9 elle \u00e9tait esclave. S\u2019ensuit une nouvelle cr\u00e9ation, celle, pour la premi\u00e8re fois, d\u2019un people<sup>2<\/sup>. Le NT appelle les Isra\u00e9lites \u00ab l\u2019assembl\u00e9e au d\u00e9sert \u00bb (Actes 7.38, la Bible en anglais dit \u00ab \u00c9glise \u00bb). Nous savons que celle-ci \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre parfaite, tant y abondaient les g\u00e9misseurs, les idol\u00e2tres, les voleurs, les gloutons et les rebelles. Mais Dieu s\u2019est attach\u00e9 \u00e0 les purifier \u2014 individuellement et collectivement. Son extraordinaire patience a dur\u00e9 au fil des proph\u00e8tes, grands et petits. Il appelait son \u00c9glise de l\u2019AT \u00e0 faire l\u2019exp\u00e9rience personnelle du salut et \u00e0 transmettre son invitation \u00e0 y prendre part (\u00c9sa\u00efe 56.7). Pour finir, Dieu appela encore son \u00c9glise, s\u2019exprimant alors par J\u00e9sus (Jean 1.1-3).<\/p>\n<p>Avec J\u00e9sus, Dieu appelait \u00e0 nouveau les gens. Reprenant la t\u00e2che l\u00e0 o\u00f9 Isra\u00ebl-\u00c9glise l\u2019avait abandonn\u00e9e, J\u00e9sus forma 12 disciples, qui mirent ensuite sens dessus dessous le monde d\u2019alors. Satan s\u2019effor\u00e7a d\u2019\u00e9liminer par la pers\u00e9cution cette \u00c9glise balbutiante, mais ne put la d\u00e9truire et\u00a0<i>l\u2019\u00c9glise<\/i>\u00a0devint plan\u00e9taire. Puis il tenta d\u2019\u00e9touffer l\u2019\u00e9nergie vitale de J\u00e9sus au sein de l\u2019\u00c9glise en faisant appel, durant le Moyen \u00c2ge, \u00e0 des enseignements humains. Dieu pr\u00e9serva les braises de la foi, pendant de longues ann\u00e9es, dans les cachettes des montagnes vaudoises, puis souffla doucement sur celles de la v\u00e9rit\u00e9 pour faire na\u00eetre l\u2019incendie de la R\u00e9forme.<\/p>\n<p>Mais progressivement, l\u2019\u00c9glise oublia une fois encore son divin appel et retomba dans la complaisance. Et une fois de plus, dans les ann\u00e9es 1800, Dieu se tourna vers un petit groupe de jeunes gens (ayant presque tous moins de 30 ans) et les aida \u00e0 red\u00e9couvrir des v\u00e9rit\u00e9s uniques. Il leur accorda des dons et leur attribua l\u2019immense t\u00e2che d\u2019annoncer au monde le prochain retour de J\u00e9sus. C\u2019est \u00e0 ce point que nous entrons dans l\u2019histoire.\u00a0<i>Nous sommes l\u2019\u00c9glise<\/i>. L\u2019\u00c9glise, c\u2019est la communaut\u00e9 des croyants qui ont entendu l\u2019appel de J\u00e9sus.<\/p>\n<h2>Images de l\u2019\u00c9glise<\/h2>\n<p>Qu\u2019est-ce donc qui rend l\u2019\u00c9glise, et particuli\u00e8rement l\u2019\u00c9glise adventiste du septi\u00e8me jour, diff\u00e9rente de n\u2019importe quel club ou communaut\u00e9 en ligne ? Telle que l\u2019interpr\u00e8tent les auteurs du NT, elle est form\u00e9e de gens qui \u00e9changent entre eux et constituent, ensemble, une chose neuve, au-del\u00e0 de la somme de ses membres individuels. Pour nous aider \u00e0 avoir une vision compl\u00e8te, Dieu a r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de m\u00e9taphores les plans qu\u2019il nourrit pour son \u00c9glise. Ces m\u00e9taphores ne sont pas des formules math\u00e9matiques mais des entit\u00e9s conceptuelles vivantes. Elles se caract\u00e9risent souvent par la multiplicit\u00e9 de leurs significations et exigent une r\u00e9ponse existentielle et exp\u00e9rientielle, surtout dans le contexte de la foi et de l\u2019\u00c9criture. Elles nous aident \u00e0 saisir tel ou tel concept particulier, abstrait ou totalement nouveau.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9p\u00eetre aux \u00c9ph\u00e9siens renferme un certain nombre de m\u00e9taphores pleines de pertinence : Celles de la\u00a0<i>famille<\/i>\u00a0(1.5, 11, 17, 18b ; 2.18, 19 ; 3.14 ; 4.6, 14 ; 5.1, 23, 24, 25 ; 6.6, 9), des\u00a0<i>b\u00e2timents<\/i>\u00a0(2.20, 21, 22 ; 3.17 ; 4.12) et du\u00a0<i>corps<\/i>\u00a0(1.10, 23 ; 2.1, 5, 6, 10, 11, 15, 16 ; 3.6, 10 ; 4.3, 4, 12, 13, 15, 16, 18, 22, 24 ; 5.8, 23, 27, 29, 32 ; 6.13, 14, 15, 16, 17) sont \u00e0 l\u2019\u00e9vidence les plus significatives, apparaissant d\u2019ailleurs en d\u2019autres parties du NT, dans des contextes importants pour notre \u00e9tude sur l\u2019\u00c9glise<sup>3<\/sup>. Et toutes ces m\u00e9taphores remontent \u00e0 l\u2019AT.<\/p>\n<h2>M\u00e9taphore de la famille<\/h2>\n<p>Adam est appel\u00e9 \u00ab Adam, (fils) de Dieu \u00bb dans la g\u00e9n\u00e9alogie de J\u00e9sus pr\u00e9sent\u00e9e par Luc (Luc 3.38). J\u00e9sus n\u2019est pas que le descendant de David, le vrai Messie de la nation juive, mais il fait aussi, de par son incarnation, partie int\u00e9grante de l\u2019humanit\u00e9 reli\u00e9e, \u00e0 cause de la cr\u00e9ation, au Cr\u00e9ateur lui-m\u00eame. La filiation d\u2019Isra\u00ebl est aussi mentionn\u00e9e dans Deut\u00e9ronome 14.1 ; 32.5, 19 ; \u00c9sa\u00efe 1.2 ; 43.6 ; 45.11 ; 63.8 ; J\u00e9r\u00e9mie 3.14, 19, 22 ; Os\u00e9e 2.1 et 11.1<sup>4<\/sup>. D\u2019autres r\u00e9f\u00e9rences soulignent le caract\u00e8re parental du Seigneur, \u00e9l\u00e9ment crucial de la m\u00e9taphore familiale impliquant des traits aussi bien paternels<sup>5<\/sup>\u00a0que maternels<sup>6<\/sup>. Les caract\u00e9ristiques maternelles de Dieu comprennent des exp\u00e9riences d\u2019accouchement (par ex., \u00c9sa\u00efe 1.2 ; 42.14 ; 46.3) et une compassion typique de toute m\u00e8re (\u00c9sa\u00efe 49.15).<\/p>\n<p>En liaison avec la m\u00e9taphore familiale, nous pouvons aussi traiter d\u2019un contexte plus vaste, celui des aspects socio\u00e9conomiques de la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lite antique. Le \u00ab peuple \u00bb h\u00e9breu ne saurait \u00eatre confondu avec le concept moderne de \u00ab nation \u00bb qui a marqu\u00e9 les 150 derni\u00e8res ann\u00e9es de la culture occidentale. Le clan et la tribu, bas\u00e9s sur la famille \u00e9tendue, jouaient un r\u00f4le vital dans les soci\u00e9t\u00e9s m\u00e9diterran\u00e9ennes antiques, Isra\u00ebl compris<sup>7<\/sup>. Chose int\u00e9ressante, jusqu\u2019\u00e0 ce jour, les loyaut\u00e9s claniques et tribales comptent bien plus que les int\u00e9r\u00eats nationaux. Si l\u2019on peut distinguer dans le concept de tribu une composante ethnique, la recherche r\u00e9cente en anthropologie a montr\u00e9 que les clans et tribus du monde antique ne reposaient pas exclusivement sur des consid\u00e9rations ethniques, mais comportaient fr\u00e9quemment, comme fondements communs, une conception du monde ou des pr\u00e9misses id\u00e9ologiques<sup>8<\/sup>.<\/p>\n<p>Dans le NT, l\u2019\u00c9glise reprend le flambeau abandonn\u00e9 par la famille, le clan et la tribu de l\u2019AT et l\u2019on a d\u00e9sormais affaire \u00e0 un groupe qui n\u2019est plus bas\u00e9 sur l\u2019ethnicit\u00e9, mais sur le partage de valeurs communes et d\u2019une m\u00eame conception du monde. Il faut aussi ne pas oublier que dans l\u2019AT, les gens qui n\u2019appartenaient pas \u00e0 un groupe donn\u00e9 en fonction de leur origine ethnique pouvaient cependant en devenir membres. Rahab fut int\u00e9gr\u00e9e au syst\u00e8me tribal d\u2019Isra\u00ebl (Josu\u00e9 2 ; 6.17-25) tout comme Ruth (Ruth 1.16-22). L\u2019institution sociale du \u00ab nouvel arrivant, h\u00f4te de passage \u00bb est tr\u00e8s r\u00e9pandue dans l\u2019AT. La r\u00e8gle mosa\u00efque sur le traitement des \u00e9trangers est proactive, exigeant qu\u2019ils jouissent d\u2019une protection et d\u2019une attention particuli\u00e8res. Le raisonnement du L\u00e9vitique 19.34 est des plus clairs : \u00ab \u201cVous traiterez l\u2019immigr\u00e9 qui s\u00e9journe avec vous comme un autochtone d\u2019entre vous ;\u00a0<i>tu l\u2019aimeras comme toi-m\u00eame car vous avez \u00e9t\u00e9 immigr\u00e9s<\/i>\u00a0en \u00c9gypte. Je suis le Seigneur, votre Dieu\u201d \u00bb (NBS). Respect, tol\u00e9rance et perspective d\u2019int\u00e9gration font partie du plan m\u00e9taphorique dont est l\u2019objet l\u2019\u00c9glise du Seigneur.<\/p>\n<h2>M\u00e9taphore des b\u00e2timents<\/h2>\n<p>Il existe une autre m\u00e9taphore employ\u00e9e pour l\u2019\u00c9glise et que l\u2019on confond souvent avec l\u2019immeuble lui-m\u00eame. Paul fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00c9glise en termes de construction. L\u2019\u00e9p\u00eetre aux \u00c9ph\u00e9siens contient plusieurs occurrences de cette r\u00e9f\u00e9rence, mais il faut \u00eatre attentif \u00e0 leurs nuances : nous (c.-\u00e0.-d. l\u2019\u00c9glise) sommes\u00a0<i>la maison de Dieu<\/i>\u00a0(2.20, 22), b\u00e2tie sur les\u00a0<i>fondations<\/i>\u00a0des ap\u00f4tres et des proph\u00e8tes (2.20). J\u00e9sus-Christ est la\u00a0<i>porte<\/i>\u00a0vivante (voir aussi Jean 10.9), la\u00a0<i>pierre d\u2019angle<\/i>\u00a0de ce b\u00e2timent vivant (\u00c9ph\u00e9siens 2.20) qui est le\u00a0<i>sanctuaire saint<\/i>\u00a0du Seigneur (2.21). Cette m\u00e9taphore transcende la notion de b\u00e2timents r\u00e9els et nous rappelle que l\u2019\u00c9glise nous implique \u00e0 titre individuel. Dieu veut nous utiliser, vous et moi, pour b\u00e2tir l\u2019\u00c9glise sanctuaire vivant, lieu de refuge, organisme vivant qui, certes, se r\u00e9unit dans des b\u00e2timents, mais est bien plus qu\u2019un lieu de culte. Pouvez-vous imaginer le genre d\u2019immeuble que Dieu aurait pu \u00e9riger avec de parfaits moellons ? Mais ce ne fut pas son choix. Son choix, c\u2019est vous et moi, imparfaits \u00e0 100 %, mais pr\u00eats \u00e0 \u00eatre moul\u00e9s afin de faire partie de \u00ab la maison de Dieu \u00bb.<\/p>\n<h2>M\u00e9taphore du corps<\/h2>\n<p>Autre m\u00e9taphore importante de l\u2019\u00c9glise, celle qui implique le corps (1 Corinthiens 12.12-23) et souligne l\u2019interconnexion des ses membres et de leurs diff\u00e9rentes fonctions. Avec J\u00e9sus comme t\u00eate (\u00c9ph\u00e9siens 1.10 ; 4.15 ; 5.23), cette m\u00e9taphore est l\u2019une des principales servant \u00e0 d\u00e9signer l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>Faire partie d\u2019un seul et m\u00eame corps, c\u2019est bien plus que de se connecter sur\u00a0<i>Facebook<\/i>. Dans une culture d\u2019individualisme absolu, pareille notion d\u2019\u00c9glise est peut-\u00eatre pour nous la plus ardue \u00e0 comprendre \u2014 et \u00e0 accepter<sup>9<\/sup>. Il est clair que l\u2019histoire d\u2019Acan (Josu\u00e9 7.1-5) et de la cons\u00e9quence de ses actes refl\u00e8te une imagerie corporelle o\u00f9 le bien-\u00eatre (ou son absence) d\u2019un des membres affecte la totalit\u00e9 de ce corps.<\/p>\n<p>Mais par ailleurs, la fid\u00e9lit\u00e9 d\u2019un des membres du corps donne lieu \u00e0 de multiples bienfaits pour le reste du groupe, comme on le voit avec le minist\u00e8re des juges ou la br\u00e8ve r\u00e9f\u00e9rence faite \u00e0 certains des rois de Jud\u00e9e dont les actes permirent \u00e0 Dieu de b\u00e9nir son people<sup>10<\/sup>. Dans notre monde perclus de relations dysfonctionnelles, l\u2019\u00c9glise est le lieu o\u00f9 nous sommes inconditionnellement \u00e0 notre place et o\u00f9 nous apprenons comment donner, recevoir et vivre avec des gens que nous n\u2019aurions peut-\u00eatre pas choisi de fr\u00e9quenter. Faisant partie du corps du Christ, nous sommes \u00e9troitement imbriqu\u00e9s les uns aux autres. Vos douleurs et vos deuils sont directement ou indirectement les miens. Il me faut faire preuve de plus de sensibilit\u00e9 \u00e0 votre \u00e9gard. La conception de Dieu, en mati\u00e8re d\u2019\u00c9glise, n\u2019a rien \u00e0 voir avec mes efforts pour trouver mon chemin particulier pour gagner les cieux. Elle tient \u00e0 notre besoin de nous montrer solidaires les uns des autres, d\u2019apprendre comment vivre ensemble tant que nous sommes encore sur cette terre \u2014 et au service que nous devons au monde qui nous entoure.<\/p>\n<h2>Pourquoi ce besoin d\u2019\u00c9glise ?<\/h2>\n<p><i>L\u2019\u00c9glise nous affine<\/i>\u00a0: en ce monde o\u00f9 tout est cens\u00e9 arriver sur-le-champ et o\u00f9 la pers\u00e9v\u00e9rance et l\u2019endurance semblent des qualit\u00e9s bien d\u00e9mod\u00e9es en dehors des cercles sportifs, l\u2019\u00c9glise est le lieu o\u00f9 Dieu peut nous affiner, nous, son reste. L\u2019or est ce qui reste des grandes quantit\u00e9s de minerais enfourn\u00e9es dans les fonderies. Les impuret\u00e9s y sont incin\u00e9r\u00e9es \u2014 ne reste que de l\u2019or pur.<\/p>\n<p><i>Dieu a pr\u00e9vu une mission sp\u00e9ciale pour l\u2019\u00c9glise des temps de la fin<\/i>\u00a0: tout au long de l\u2019histoire humaine, il y a toujours eu un reste pour le servir. Lors des p\u00e9riodes d\u2019apostasie en Isra\u00ebl, il y avait toujours un reste. Plus tard, la R\u00e9forme protestante fit appel \u00e0 un reste issu du vieux syst\u00e8me eccl\u00e9sial d\u00e9grad\u00e9. Nous parlons souvent de l\u2019\u00c9glise adventiste comme de l\u2019\u00c9glise du reste. Et en termes bibliques, c\u2019est ce que nous sommes (Apocalypse 12.17). Le syst\u00e8me purificateur du Seigneur continue tranquillement et individuellement d\u2019agir au sein de l\u2019\u00c9glise adventiste. C\u2019est en faisant partie de l\u2019\u00c9glise que je l\u2019invite \u00e0 m\u2019affiner afin que je puisse faire partie du reste.<\/p>\n<p><i>Par l\u2019\u00c9glise vous faites partie de quelque chose de grand<\/i>\u00a0: elle est tellement plus grande que cette toile, Internet, qui couvre pourtant le monde entier. Le concept d\u2019\u00c9glise remonte au r\u00e9cit de la cr\u00e9ation et se prolonge dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Il nous aide \u00e0 surmonter ce sentiment croissant d\u2019isolement qui d\u00e9vore des communaut\u00e9s enti\u00e8res du monde occidental. L\u2019appartenance communautaire n\u2019est pas optionnelle, c\u2019est une n\u00e9cessit\u00e9 si l\u2019on veut survivre \u00e0 la crise qui nous attend. Il importe, dans ce contexte, de noter que le livre qui cl\u00f4t la Bible et d\u00e9crit des sc\u00e8nes situ\u00e9es tant sur terre que dans les cieux, fait surtout appel \u00e0 des images de groupe, mettant ainsi l\u2019accent sur le concept de communaut\u00e911 plut\u00f4t que sur celui d\u2019un individualisme farouche.<\/p>\n<p>Tout comme le salut, l\u2019\u00c9glise n\u2019est pas une id\u00e9e humaine, mais divine. Tant dans l\u2019AT que le NT, tout comme dans l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise, Dieu a appel\u00e9 des individus \u00e0 faire partie d\u2019une communaut\u00e9 qu\u2019il continue d\u2019affiner. Il a cr\u00e9\u00e9 cette communaut\u00e9 \u2014 son \u00c9glise \u2014 pour qu\u2019elle proclame \u00e0 \u00ab toute nation, tribu, langue et peuple \u00bb (Apocalypse 14.6, NBS) l\u2019invitation \u00e0 suivre l\u2019Agneau. Elle nous rappelle qu\u2019ensemble, nous pouvons nous pr\u00e9parer \u00e0 faire partie de la communaut\u00e9 c\u00e9leste. L\u2019\u00c9glise, pas de doute, il faut y \u00eatre et en \u00eatre !<\/p>\n<p class=\"about\">Chantal J. Klingbeil (Mast\u00e8re en philosophie de l\u2019Universit\u00e9 de Stellenbosch,Afrique du Sud) est une m\u00e8re de famille, enseignante \u00e0 la maison, r\u00e9dactrice en chef et auteure qui vit \u00e0 Silver Spring, Maryland, U.S.A. Elle est mari\u00e9e \u00e0 Gerald A. Klingbeil (Doctorat en litt\u00e9rature de l\u2019Universit\u00e9 de Stellenbosch, Afrique du Sud), r\u00e9dacteur en chef adjoint des magazines Adventist World et Adventist Review, publi\u00e9s par la Conf\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale des adventistes du septi\u00e8me jour, ainsi que chercheur-enseignant en Ancien Testament et en \u00c9tudes sur le Proche-Orient antique \u00e0 Andrews University. Son courriel : klingbeirg@gc.adventist.org.<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>Chantal J. Klingbeil et Gerald A. Klingbeil, \u00ab L&rsquo;\u00c9glise, en \u00eatre, ou pas ? \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a022 (2010\/1), p. 9-11, 30<\/p>\n<h2>R\u00c9F\u00c9RENCES<\/h2>\n<section class=\"references\">\n<ol>\n<li>Pour une discussion plus approfondie de cet important concept et pour une bibliographie d\u00e9taill\u00e9e, se reporter \u00e0 G. Klingbeil, \u00ab The \u201cChurch\u201d in the Ancien Testament : Systematic, Linguistic, and Metaphor Perspectives \u00bb,\u00a0<i>Journal of Asia Adventist Seminary<\/i>\u00a09.1 (2006), p. 3-23.<\/li>\n<li>La langue d\u2019Exode 1.1-7 rappelle puissamment le langage de cr\u00e9ation de Gen\u00e8se 1, sugg\u00e9rant l\u2019existence d\u2019un lien textuel et conceptuel tr\u00e8s clair entre la cr\u00e9ation du monde et celle du peuple de Dieu, lien relev\u00e9 par de nombreux commentateurs. Voir, par exemple, James K. Bruckner,\u00a0<i>Exodus<\/i>, New International Biblical Commentary 2 (Peabody, Mass. : Hendrickson Publishers, 2008), p. 19, 20.<\/li>\n<li>Ces r\u00e9f\u00e9rences bibliques reposent sur mon \u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e de la carte m\u00e9taphorique de l\u2019\u00c9p\u00eetre aux \u00c9ph\u00e9siens. Voir G. Klingbeil, \u00ab Metaphors and Pragmatics: An Introduction to the Hermeneutics of Metaphors in the Epistle to the Ephesians \u00bb,\u00a0<i>Bulletin for Biblical Research<\/i>\u00a016 (2006), p. 273-293, o\u00f9 sont trait\u00e9es nombre de contributions \u00e0 la discussion des m\u00e9taphores de l\u2019\u00c9glise.<\/li>\n<li>Cornelis Houtman,\u00a0<i>Exodus. Vol. 1<\/i>, Historical Commentary on the Old Testament (Kampen : Kok Pharos, 1993), p. 13.<\/li>\n<li>Voir, par ex., Deut\u00e9ronome 32.6 ; 2 Samuel 7.12-14 [s\u2019adressant \u00e0 David] ; 1 Chroniques 17.13 ; 22.10 ; 28.6 ; 29.10 ; \u00c9sa\u00efe 63.16 ; 64.7 [ET 8], etc.<\/li>\n<li>Voir David R. Tasker, \u00ab The Fatherhood of God : An Exegetical Study from the Hebrew Scriptures. \u00bb \u00c0 propos des caract\u00e9ristiques maternelles de Dieu, voir John J. Schmitt, \u00ab The Motherhood of God and Zion as Mother \u00bb,\u00a0<i>Revue Biblique<\/i>\u00a092 (1985), p. 557-569 ; Marc Zvi Brettler, \u00ab Incompatible Metaphors for Yhwh in Isaiah 40-66, \u00bb\u00a0<i>Journal for the Study of the Ancien Testament<\/i>\u00a078 (1998), p. 97- 120 ; G. Klingbeil et Ch. Klingbeil, \u00ab Met\u00e1foras femeninas de Dios en Isa\u00edas\u2014reflexiones sobre la hermen\u00e9utica de la teolog\u00eda feminista \u00bb,\u00a0<i>Theologika<\/i>\u00a014 (1999), p. 38-65.<\/li>\n<li>\u00d8ystein LaBianca et Randy Younker, \u00ab The Kingdoms of Ammon, Moab and Edom : the Archaeology of Society in Late Bronze\/Iron Age Transjordan (ca. 1400\u2013500 bce) \u00bb in\u00a0<i>The Archaeology of Society in the Holy Land<\/i>, Thomas E. Levy, \u00e9d. (Londres : Leicester University Press, 1998), p. 399-415 ; Baruch A. Levine, \u00ab The Clan-Based Economy of Biblical Israel \u00bb in\u00a0<i>Symbiosis, Symbolism, and the Power of the Past. Canaan, Ancient Israel, and Their Neighbors from the Late Bronze Age through Roman Palestina<\/i>, William G. Dever et Seymour Gitin, \u00e9d. (Winona Lake : Eisenbrauns, 2003), p. 445-53.<\/li>\n<li>Voir Randall W. Younker, \u00ab Moabite Social Structure \u00bb, BA 60 (1997), p. 237-248, ainsi que LaBianca et Younker, \u00ab The Kingdoms of Ammon, Moab and Edom \u00bb,\u00a0<i>op. cit<\/i>., p. 404-406.<\/li>\n<li>Comparer de mani\u00e8re plus d\u00e9taill\u00e9e avec G. Klingbeil, \u00ab Between \u2018I\u2019 and \u2018We\u2019 : The Anthropology of the Hebrew Bible and Its Importance for a 21st-Century Ecclesiology \u00bb,\u00a0<i>Bulletin for Biblical Research<\/i>\u00a019 (2009), p. 319\u2013 339.<\/li>\n<li>Il faut malheureusement admettre que la tendance n\u00e9gative est bien plus pr\u00e9\u00e9minente dans l\u2019Ancien Testament.<\/li>\n<li>Comparer les descriptions des \u00c9glises (Apocalypse 1\u20133), du groupe de 24 anciens (4.4), des 144 000 et de la grande multitude (7.4, 9 ; 14.1), des vainqueurs (15.2), de la grande multitude au paradis (19.1, 6), etc.<\/li>\n<\/ol>\n<\/section>\n<\/div>\n<p><\/main><\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2019 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chantal J. Klingbeil et Gerald A. Klingbeil L\u2019\u00c9glise tient \u00e0 notre besoin de nous montrer solidaires les uns des autres, d\u2019apprendre comment vivre ensemble tant que nous sommes encore sur cette terre &#8211; et au service que nous devons au monde qui nous entoure. Pourquoi l\u2019\u00c9glise reste l\u2019id\u00e9al du Seigneur pour le XXIe\u00a0si\u00e8cleCommunaut\u00e9s virtuelles, Tweeter, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":1470,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[220,218],"tags":[272],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1468"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1468"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1468\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1470"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1468"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1468"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1468"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}