{"id":1451,"date":"2019-09-11T05:10:48","date_gmt":"2019-09-11T05:10:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=1451"},"modified":"2019-09-11T05:10:48","modified_gmt":"2019-09-11T05:10:48","slug":"quand-dieu-pleure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/quand-dieu-pleure\/","title":{"rendered":"Quand Dieu pleure"},"content":{"rendered":"<p><main class=\"layout-version-1\"><\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"byline\">Richard W. Coffen<\/p>\n<p class=\"subhead\">Montrez-leur que ce n&rsquo;est pas le Seigneur qui est l&rsquo;auteur de leurs souffrances. &#8212; Ellen White.<sup>1<\/sup><\/p>\n<p>Un mois avant le seizi\u00e8me anniversaire d&rsquo;Alicia, son p\u00e8re et sa m\u00e8re remarqu\u00e8rent des ganglions \u00e0 son cou. \u00ab\u00a0\u00c7a va Alicia\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ouais. Pourquoi\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est quoi ces ganglions\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je sais pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le m\u00e9decin ne savait pas non plus. Il prescrivit des tests.<\/p>\n<p>Alicia avait un lymphome, une maladie grave. Au moment o\u00f9 j&rsquo;\u00e9cris, elle souffre terriblement \u00e0 cause de sa chimioth\u00e9rapie. Il y a quatre semaines, elle allait bien, mais son traitement l&rsquo;a presque tu\u00e9e. Les m\u00e9decins esp\u00e8rent que ce sont ses cellules canc\u00e9reuses qui disparaissent.<\/p>\n<p>Pourquoi Alicia souffre-t-elle tant\u00a0? Pourquoi les\u00a0<em>innocents<\/em>\u00a0souffrent-ils\u00a0? La plupart d&rsquo;entre nous pourraient accepter que seuls ceux qui font le mal souffrent, mais de\u00a0<em>bonnes<\/em>\u00a0gens souffrent. Pourquoi\u00a0?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<figure><b>Dans\u00a0<em>On the Consolation of Philosophy<\/em>, un livre qui a influenc\u00e9 certains des plus grands penseurs du Moyen Age, Boethius \u00e9crivait en substance\u00a0: \u00ab\u00a0Si Dieu est, alors pourquoi le mal existe-t-il\u00a0?\u00a0\u00bb<\/b>\u00a0(Voir John Hick,\u00a0<em>Evil and the God of Love<\/em>, version r\u00e9vis\u00e9e, p.\u00a011, note\u00a01.)<\/figure>\n<h2>C&rsquo;est la volont\u00e9 de Dieu<\/h2>\n<p>Alicia et ses parents devraient-ils \u00e9couter ceux qui pensent que Dieu a voulu son lymphome\u00a0? En attribuant sa maladie, qui peut lui co\u00fbter la vie, \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu, ces gens semblent dire que Dieu\u00a0<em>veut<\/em>\u00a0qu&rsquo;elle soit malade. Dire \u00ab\u00a0c&rsquo;est la\u00a0<em>volont\u00e9<\/em>\u00a0de Dieu\u00a0\u00bb est simplement une autre mani\u00e8re de dire \u00ab\u00a0Dieu le\u00a0<em>veut<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Selon H\u00e9breux 10\u00a0: 7, J\u00e9sus parla du but de son incarnation en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0Je viens pour faire, \u00f4 Dieu, ta volont\u00e9.\u00a0\u00bb* J\u00e9sus est venu pour faire la volont\u00e9 de Dieu &#8212; soit, ce que Dieu voulait.<\/p>\n<p>Et qu&rsquo;a fait J\u00e9sus\u00a0? A-t-il donn\u00e9 la l\u00e8pre \u00e0 quelqu&rsquo;un\u00a0? Non, il gu\u00e9rissait les l\u00e9preux. A-t-il frapp\u00e9 quelqu&rsquo;un de c\u00e9cit\u00e9\u00a0? Non, \u00e0 plusieurs reprises il ouvrit les yeux des aveugles. Rendait-il les gens sourds\u00a0? Non, il gu\u00e9rissait les sourds.<\/p>\n<p>Un jour de sabbat, J\u00e9sus rencontra une femme infirme \u00e0 la synagogue. Elle avait le dos courb\u00e9 depuis dix-huit ans. J\u00e9sus s&rsquo;arr\u00eata au milieu de son sermon, la regarda avec piti\u00e9 et dit\u00a0: \u00ab\u00a0Et cette femme, qui est une fille d&rsquo;Abraham, et que Satan tenait li\u00e9e depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la d\u00e9livrer de cette cha\u00eene\u00a0?\u00a0\u00bb (Luc 13\u00a0: 16.)<\/p>\n<p>Avez-vous remarqu\u00e9 \u00e0 qui J\u00e9sus attribua l&rsquo;infirmit\u00e9 de la femme\u00a0? C&rsquo;est\u00a0<em>Satan<\/em>\u00a0qui l&rsquo;avait rendue infirme pendant dix-huit ans. Mais\u00a0<em>J\u00e9sus<\/em>\u00a0\u00e9tait venu pour nous montrer ce que Dieu veut. Et il la gu\u00e9rit.<\/p>\n<p>Nous pouvons certainement affimer \u00e0 Alicia et \u00e0 ses parents que Dieu est la source de tout ce qui est\u00a0<em>bon<\/em>, mais qu&rsquo;il n&rsquo;est absolument pas \u00e0 l&rsquo;origine des choses\u00a0<em>mauvaises<\/em>. Comment en venir \u00e0 d\u00e9tester le chaos que nous trouvons sur notre plan\u00e8te si nous continuons \u00e0 en rejeter toute la responsabilit\u00e9 sur Dieu\u00a0?<\/p>\n<h2>Dieu ch\u00e2tie ceux qu&rsquo;il aime<\/h2>\n<p>Des chr\u00e9tiens bien intentionn\u00e9s ont dit \u00e0 des personnes comme Alicia\u00a0: \u00ab\u00a0Tu dois \u00eatre tr\u00e8s sp\u00e9ciale aux yeux de Dieu. Il ne gaspille pas ses efforts pour des inutilit\u00e9s. Dieu veut te perfectionner. Quand ton P\u00e8re c\u00e9leste aura termin\u00e9 son travail, tu seras comme l&rsquo;or \u00e9prouv\u00e9 par le feu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elihu, un ami de Job, disait pratiquement la m\u00eame chose. Dieu, selon lui, envoie la souffrance non pas comme une punition (ce qu&rsquo;avaient soutenu les autres amis de Job &#8212; Eliphaz, Bildad et Zophar) mais comme\u00a0<em>discipline<\/em>\u00a0(voir Job 33\u00a0: 15-22, 29, 30).<\/p>\n<p>Qu&rsquo;en-est-il\u00a0?<\/p>\n<p>Les parents d&rsquo;Alicia ont remarqu\u00e9 chez elle des imperfections, et en bons parents, ils l&rsquo;ont disciplin\u00e9e afin qu&rsquo;en grandisant elle fasse honneur \u00e0 la famille et soit utile \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Est-ce l\u00e0 ce que Dieu est en train de faire \u00e0 Alicia\u00a0?<\/p>\n<p>Supposez, un instant seulement, que son lymphome soit parvenu \u00e0 perfectionner son \u00e2me. Cette cause est-elle appropri\u00e9e pour l&rsquo;effet d\u00e9sir\u00e9\u00a0? Ellen White a \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Le corps doit \u00eatre maintenu en bonne forme physique pour que l&rsquo;\u00e2me soit aussi en bonne sant\u00e9.\u00a0\u00bb<sup>2<\/sup><\/p>\n<p>Dans ce cas, comment le lymphome d&rsquo;Alicia peut-il perfectionner son \u00e2me\u00a0? Un corps malade ne m\u00e8ne pas \u00e0 la sanctification.<\/p>\n<p><em>Si<\/em>\u00a0elle est afflig\u00e9e de ce lymphome \u00e0 cause de la discipline divine, pourquoi devrait-elle subir une chimioth\u00e9rapie ayant pour but la gu\u00e9rison\u00a0? Il serait impensable que ses parents aillent \u00e0 l&rsquo;encontre du ch\u00e2timent d&rsquo;amour que Dieu apporte dans la vie de son enfant\u00a0! Leurs objectifs ne doivent pas contrecarrer ceux de Dieu. En effet, si les catastrophes, la maladie et la mort sont destin\u00e9es \u00e0 nous perfectionner, tout chr\u00e9tien consciencieux, au lieu de soulager la douleur, devrait aider Dieu dans son plan de sanctification en infligeant la douleur partout, et chaque fois qu&rsquo;il le peut\u00a0!<\/p>\n<p>Est-ce qu&rsquo;Alicia aimera ce Dieu-l\u00e0 plus profond\u00e9ment\u00a0?<\/p>\n<p>On dirait\u00a0<em>bien<\/em>, cependant, que c&rsquo;est l\u00e0 le genre de Dieu en l&rsquo;existence duquel Satan aimerait nous faire croire. Apr\u00e8s tout, quoi de mieux pour d\u00e9former notre conception de Dieu que de le pr\u00e9senter comme un p\u00e8re abusif\u00a0!<\/p>\n<figure><b>Le philosophe grec Epicure fit ces trois propositions\u00a0: \u00ab\u00a0Soit Dieu d\u00e9sire \u00e9liminer le mal, et ne le peut pas\u00a0; soit il peut, mais il ne veut pas\u00a0; soit il ne peut pas, il est faible.\u00a0\u00bb<\/b>\u00a0(<em>On the Anger of God<\/em>, chapitre 13,\u00a0<em>The Writings of the Ante-Nicene Fathers<\/em>, traduit par William Fletcher, vol. vii, 1951.)<\/figure>\n<h2>Prise dans la grande exp\u00e9rience<\/h2>\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant, la souffrance que la chimioth\u00e9rapie inflige \u00e0 Alicia a fait dispara\u00eetre toute douleur due au lymphome lui-m\u00eame. Cependant, ses souffrances sont terriblement r\u00e9elles &#8212; si r\u00e9elles que r\u00e9cemment, on a d\u00fb la mettre sous s\u00e9dation.<\/p>\n<p>Tout semble si absurde, si insens\u00e9. Mais face \u00e0 cette absurdit\u00e9, des d\u00e9fenseurs de Dieu ont \u00e9labor\u00e9 la m\u00e9taphore de l&rsquo;exp\u00e9rience cosmique entre le bien et le mal comme moyen d&rsquo;expliquer ce qui, en apparence, semble \u00eatre d\u00e9nu\u00e9 de sens.<\/p>\n<p>Alicia sait que Dieu n&rsquo;a pas cr\u00e9\u00e9 le mal\u00a0; il n&rsquo;a fait que ce qui \u00e9tait bon. C&rsquo;est Lucifer (qui est aussi, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre rebell\u00e9, le diable ou Satan) qui l&rsquo;a cr\u00e9\u00e9. Et elle comprend aussi que, selon le concept du grand conflit cosmique, Dieu aurait pu d\u00e9truire Lucifer au premier signe de d\u00e9saffection. Mais alors l&rsquo;univers aurait servi Dieu par peur, et non par amour. Aussi a-t-il permis \u00e0 Lucifer de lancer sa grande exp\u00e9rience sur le mal.<\/p>\n<p>Alicia croit que lorsque tout l&rsquo;univers et le monde entier auront \u00e9t\u00e9 convaincus que Dieu a raison et que Satan a tort, Dieu mettra un terme \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience. En attendant, elle et des milliards d&rsquo;autres traversent une v\u00e9ritable torture sur cette plan\u00e8te &#8212; tels des rats de laboratoire.<\/p>\n<p>Ce qui se passe dans ce laboratoire du mal n&rsquo;est pas agr\u00e9able, mais tout y contribue \u00e0 un plus grand bien.<\/p>\n<p>Oui, elle reconna\u00eet tout cela, mais pouvez-vous imaginer ce qu&rsquo;elle ressent maintenant\u00a0? Probablement quelque chose de ce genre\u00a0: Dieu est en campagne pour prouver quelque chose &#8212; sa propre personne. Satan d\u00e9clare que Dieu est \u00e9go\u00efste, qu&rsquo;il est arbitraire, qu&rsquo;il est exigeant et qu&rsquo;il n&rsquo;est pas vraiment bon. Alors Dieu donne \u00e0 Satan l&rsquo;occasion d&rsquo;essayer de le prouver.<\/p>\n<p>Et la vraie nature de Satan se\u00a0<em>voit<\/em>. Nous la constatons dans les catastrophes, les maladies et la mort qui nous entourent.<\/p>\n<p>Vraiment, le th\u00e8me de la grande controverse a un immense pouvoir explicatif. De toutes les interpr\u00e9tations de l&rsquo;existence du mal, elle est probablement celle qui explique le plus de choses. Mais nous ne devons pas la laisser nous rendre suffisants.<\/p>\n<p>Si nous acceptons le th\u00e8me de la grande controverse comme l&rsquo;une des meilleures explications du mal qui s\u00e9vit sur notre plan\u00e8te, nous ne devons pas admettre que la souffrance d&rsquo;Alicia est acceptable parce qu&rsquo;elle contribue \u00e0 une bonne cause, c&rsquo;est-\u00e0-dire la justification du caract\u00e8re de Dieu.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, quelle quantit\u00e9 de souffrance faut-il pour prouver aux \u00eatres intelligents et non d\u00e9chus de l&rsquo;univers que Dieu a raison et que Satan a tort\u00a0?<\/p>\n<p>Et est-ce que cela ne semble pas int\u00e9ress\u00e9 de la part de Dieu de laisser des milliards de ses cr\u00e9atures subir les atrocit\u00e9s de ce monde pendant des milliers d&rsquo;ann\u00e9es juste pour prouver qu&rsquo;il a raison et que Satan a tort\u00a0? Quel genre de Dieu permettrait ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 pendant les derni\u00e8res vingt-quatre heures &#8212; sans parler des 6 000 ans \u00e9coul\u00e9s &#8212; simplement pour d\u00e9montrer qu&rsquo;il a raison, et personne d&rsquo;autre\u00a0?<\/p>\n<p>Quand nous avons recours \u00e0 l&rsquo;image de la grande controverse pour justifier Dieu face \u00e0 des maladies comme celle d&rsquo;Alicia, nous ne pouvons pas passer outre \u00e0 cette souffrance avec quelques belles figures de style. Ce faisant, nous nous impliquerions dans des m\u00e9thodes diaboliques et nous prendrions part au travail du d\u00e9mon.<\/p>\n<figure><b>\u00ab\u00a0Il vaut mieux&#8230; rester sans r\u00e9ponse plut\u00f4t que d&rsquo;en accepter une qui n&rsquo;est pas ad\u00e9quate.\u00a0\u00bb<\/b>\u00a0(Arthur J. Bachrach,\u00a0<em>Psychological Research\u00a0: An Introduction<\/em>, p.\u00a017.)<\/figure>\n<h2>Etcetera<\/h2>\n<p>On est prodigue d&rsquo;autres explications encore \u00e0 ceux qui souffrent. Et comme celles que nous avons bri\u00e8vement exmin\u00e9es, elles ont aussi de s\u00e9rieux d\u00e9fauts, surtout quand on les applique \u00e0 des cas particuliers. L&rsquo;existence de la maladie, des catastrophes et de la mort reste une absurdit\u00e9. Face \u00e0 des r\u00e9ponses si incompl\u00e8tes, peut-\u00eatre vaut-il mieux s&rsquo;abstenir.<\/p>\n<h2>Alors, qu&rsquo;en est-il\u00a0<em>vraiment<\/em>\u00a0du probl\u00e8me du mal\u00a0?<\/h2>\n<p>Nous avons examin\u00e9 quelques-unes des explications de la pr\u00e9sence ignoble du mal. Elles ont toutes leurs m\u00e9rites, mais elles laissent toutes aussi s\u00e9rieusement \u00e0 d\u00e9sirer.<\/p>\n<p>Comment pouvons-nous \u00e9viter de faire le travail de Satan quand nous essayons de d\u00e9fendre Dieu face aux catastrophes, \u00e0 la maladie et \u00e0 la mort\u00a0?<\/p>\n<p><em>Premi\u00e8rement, quand nous expliquons le but de la soufrance et son rapport avec Dieu, nous devons rester sensible \u00e0 l&rsquo;\u00e9nigme du mal<\/em>. Quand on \u00e9labore des th\u00e9ories sur les causes de la souffrance, ce fait m\u00eame tend \u00e0 encourager l&rsquo;indiff\u00e9rence chez ceux qui s&rsquo;y livrent. Il ne faut jamais permettre \u00e0 nos sensibilit\u00e9s morales d&rsquo;\u00eatre d\u00e9sensibilis\u00e9es quand nous d\u00e9fendons Dieu en essayant de traiter du probl\u00e8me de l&rsquo;existence du mal. Le mal, chaque fois qu&rsquo;il se produit, doit nous r\u00e9volter. La douleur, chaque fois qu&rsquo;elle frappe, doit provoquer nos \u00e9motions les plus tendres.<\/p>\n<p><em>Deuxi\u00e8mement, pour conserver notre sensibilit\u00e9 morale tout en d\u00e9fendant Dieu et son rapport avec le mal, avons deux devoirs<\/em>. En premier lieu, nous devons communier d&rsquo;autant plus avec ceux qui souffrent. Nous devons essayer de nous mettre \u00e0 leur place. Nous devons souffrir\u00a0<em>avec<\/em>\u00a0eux. Ce n&rsquo;est pas toujours facile de se mettre dans la situation de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, mais si nous n&rsquo;essayons pas, l&rsquo;insensibilit\u00e9 s&rsquo;installe. T\u00f4t ou tard, elle devient froideur, et si on donne assez de temps \u00e0 cette froideur, elle passe \u00e0 la cruaut\u00e9.<\/p>\n<p>En second lieu, nous devons toujours critiquer nos th\u00e9ories. Nous devons veiller \u00e0 ne pas nous attacher \u00e0 nos th\u00e9odic\u00e9es th\u00e9oriques au point de perdre de vue leurs faiblesses inh\u00e9rentes.<\/p>\n<p><em>Troisi\u00e8mement, nous devons garder \u00e0 l&rsquo;esprit que Dieu n&rsquo;a pas besoin de nos faibles tentatives pour le d\u00e9fendre<\/em>. Les chr\u00e9tiens mentionnent souvent que Dieu n&rsquo;a pas besoin de leur argent &#8212; m\u00eame si ces m\u00eames chr\u00e9tiens insistent sur l&rsquo;importance de la fid\u00e9lit\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9conomat chr\u00e9tien. De la m\u00eame mani\u00e8re, nous devons reconna\u00eetre que Dieu n&rsquo;a pas\u00a0<em>besoin<\/em>\u00a0des \u00eatres humains pour rationaliser sa relation avec l&rsquo;univers.<\/p>\n<p><em>Quatri\u00e8mement, nous devons reconna\u00eetre que l&rsquo;existence de la souffrance est aussi inexplicable que l&rsquo;existence du p\u00e9ch\u00e9<\/em>. La plupart des chr\u00e9tiens croient que les catastrophes, la maladie et la mort sont les cons\u00e9quences naturelles du p\u00e9ch\u00e9. Il n&rsquo;est pas facile de d\u00e9tecter une relation de cause \u00e0 effet directe entre manger une seule bouch\u00e9e de fruit en Eden et les \u00e9v\u00e8nements funestes qui souillent quotidiennement notre existence sur la plan\u00e8te bleue. Mais s&rsquo;il y a un rapport &#8212; comme le soutient notre tradition &#8212; la r\u00e9ponse \u00e0 la question \u00ab\u00a0pourquoi le p\u00e9ch\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb devrait apporter un peu de lumi\u00e8re \u00e0 la question \u00ab\u00a0pourquoi la souffrance\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucune explication logique au p\u00e9ch\u00e9. Il est sans rime ni raison. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Ecriture l&rsquo;appelle un myst\u00e8re &#8212; \u00ab\u00a0le myst\u00e8re de l&rsquo;iniquit\u00e9\u00a0\u00bb (2 Thessaloniciens 2\u00a0: 7). \u00ab\u00a0Le p\u00e9ch\u00e9 est un intrus myst\u00e9rieux et inexplicable\u00a0; sa pr\u00e9sence est injustifiable. &#8230; S&rsquo;il pouvait \u00eatre excus\u00e9, s&rsquo;il avait une raison d&rsquo;\u00eatre, il cesserait d&rsquo;\u00eatre le p\u00e9ch\u00e9.\u00a0\u00bb<sup>3<\/sup>\u00a0Le mal physique qui nous entoure est vraiment aussi bizarre que le mal moral qui a d\u00e9vast\u00e9 notre plan\u00e8te. Que nous le voulions ou non, elle est devenue un th\u00e9atre de l&rsquo;absurde. Si nous sommes vraiment honn\u00eates avec nous-m\u00eames, les autres et les Ecritures, nous devons admettre que nos interpr\u00e9tations manquent de conviction et de force de persuasion. Le mal est une \u00e9nigme qui d\u00e9fie toute explication.<\/p>\n<figure><b>Goethe a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Si j&rsquo;\u00e9tais Dieu, ce monde de souffrance briserait mon c\u0153ur.\u00a0\u00bb<\/b>\u00a0(Cit\u00e9 par JonTal Murphree,\u00a0<em>A Loving God and a Suffering World<\/em>, p.\u00a085.)<\/figure>\n<h2>Quand Dieu pleure<\/h2>\n<p>Alicia est toujours \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. Sa fi\u00e8vre et son infection font toujours rage. La chimioth\u00e9rapie la maintient encore \u00e0 la fronti\u00e8re de la vie.<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;en est-il du Dieu de la Bible\u00a0? O\u00f9 est-il,\u00a0<em>lui<\/em>, en cette heure de souffrance tragique\u00a0? Que fait-il,\u00a0<em>lui<\/em>\u00a0?<\/p>\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience de Marie et de Marthe, quand leur fr\u00e8re Lazare mourut, nous donne un indice. O\u00f9 \u00e9tait J\u00e9sus\u00a0? Nous le trouvons \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la tombe du d\u00e9funt. Et \u00ab\u00a0J\u00e9sus pleura\u00a0\u00bb (Jean 11\u00a0: 35).<\/p>\n<p>A l&rsquo;entr\u00e9e du tombeau de Lazare, Dieu (en J\u00e9sus) partagea les larmes de Marthe, Marie, leurs voisins et leurs connaissances.<\/p>\n<p>Et nous trouvons la m\u00eame situation dans l&rsquo;Ancien Testament. \u00ab\u00a0L&rsquo;Eternel se\u00a0<em>repentit<\/em>\u00a0d&rsquo;avoir fait l&rsquo;homme sur la terre, et il fut\u00a0<em>afflig\u00e9<\/em>\u00a0en son coeur.\u00a0\u00bb (Gen\u00e8se 6\u00a0: 6.)<\/p>\n<p>J\u00e9r\u00e9mie rapporte cette r\u00e9ponse de Dieu\u00a0: \u00ab\u00a0C&rsquo;est pourquoi je\u00a0<em>g\u00e9mis<\/em>\u00a0sur Moab, Je\u00a0<em>g\u00e9mis<\/em>\u00a0sur tout Moab\u00a0; on soupire pour les gens de Kir H\u00e9r\u00e8s. Vigne de Sibma, je\u00a0<em>pleure<\/em>\u00a0sur toi plus que sur Jaezer.\u00a0\u00bb (J\u00e9r\u00e9mie 48\u00a0: 31, 32.)<\/p>\n<p>Non seulement Dieu est touch\u00e9 par notre sort, mais nous sommes exhort\u00e9s \u00e0 nous d\u00e9charger sur lui de tous nos soucis, car lui-m\u00eame prend soin de nous (1 Pierre 5\u00a0: 7). Et Paul insiste\u00a0: \u00ab\u00a0Car j&rsquo;ai l&rsquo;assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses pr\u00e9sentes ni les choses \u00e0 venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre cr\u00e9ature ne pourra nous s\u00e9parer de l&rsquo;amour de Dieu manifest\u00e9 en J\u00e9sus-Christ notre Seigneur.\u00a0\u00bb (Romains 8\u00a0: 38, 39.)<\/p>\n<p>La maladie d&rsquo;Alicia n&rsquo;implique pas que Dieu l&rsquo;ait abandonn\u00e9e. Dans sa douleur, elle n&rsquo;a pas \u00e0 s&rsquo;inqui\u00e9ter que Dieu la d\u00e9laisse. \u00ab\u00a0Il se peut que la souffrance vienne souvent assombrir votre esprit. Ne vous forcez pas \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Dites-vous que J\u00e9sus vous aime et qu&rsquo;il comprend votre faiblesse. Reposez-vous simplement dans ses bras.\u00a0\u00bb<sup>4<\/sup><\/p>\n<p>Tandis qu&rsquo;Alicia souffre, Dieu pleure.<\/p>\n<p>C&rsquo;est r\u00e9confortant, mais est-ce l\u00e0 tout ce qu&rsquo;il fait\u00a0? Est-il un Dieu attentionn\u00e9 mais impuissant, qui se tord les mains de frustration tout en pleurant de compassion\u00a0? Non.<\/p>\n<p>Retournons vers Marie, Marthe et Lazare. \u00ab\u00a0Otez la pierre\u00a0\u00bb, dit le Christ (Jean 11\u00a0: 39). Puis, apr\u00e8s un courte pri\u00e8re, J\u00e9sus, qui est Dieu incarn\u00e9, ordonna\u00a0: \u00ab\u00a0Lazare, sors\u00a0!\u00a0\u00bb (V. 43)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et le mort sortit.\u00a0\u00bb (V. 44)<\/p>\n<p>Dieu a fait plus que pleurer. Il a vaincu la mort.<\/p>\n<figure><b>John Bowker, conf\u00e9rencier \u00e0 Cambridge University, remarquait\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;impression qu&rsquo;aucune souffrance ne peut s\u00e9parer le chr\u00e9tien de Christ (parce que sa propre souffrance ne l&rsquo;a pas s\u00e9par\u00e9 de Dieu) est extr\u00eamement puissante dans le Nouveau Testament.\u00a0\u00bb<\/b>\u00a0(<em>Problems of Suffering in Religions of the World<\/em>, p. 73, 74.)<\/figure>\n<p>Dieu est \u00e9mu par nos afflictions. Elles le touchent au coeur, mais elles le poussent aussi \u00e0 montrer ses intentions. Peut-\u00eatre ne voyons-nous pas toujours les manifestations de sa puissance aujourd&rsquo;hui, alors que nous sommes confront\u00e9s aux catastrophes, \u00e0 la maladie et \u00e0 la mort. Il est possible que nous ne percevions que ses larmes. Cependant, le Nouveau Testament est tr\u00e8s clair sur l&rsquo;objectif de Dieu. A la fin, il fera toutes choses nouvelles (Apocalypse 21\u00a0: 5).<\/p>\n<p>Un jour, \u00ab\u00a0il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n&rsquo;y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premi\u00e8res choses ont disparu\u00a0\u00bb (v. 4).<\/p>\n<p>Et quand Dieu s\u00e9chera nos larmes, j&rsquo;aime \u00e0 penser qu&rsquo;il tamponnera aussi ses propres yeux, une fois de plus. Puis le Dieu qui pleure jettera son divin mouchoir \u00e0 jamais.<\/p>\n<p class=\"about\">Richard W. Coffen est r\u00e9dacteur \u00e0 la Review and Herald Publishing Association, \u00e0 Hagerstown, dans le Maryland. Il est l&rsquo;auteur de nombreux articles et livres, dont\u00a0<em>When God Sheds Tears<\/em>\u00a0(Review and Herald 1994), d&rsquo;o\u00f9 cet article est extrait.<\/p>\n<p><em>* Les passages bibliques sont tir\u00e9s de la version Louis Segond, nouvelle \u00e9dition de Gen\u00e8ve 1979\u00a0; c&rsquo;est nous qui soulignons.<\/em><\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>Richard W. Coffen, \u00ab Quand Dieu pleure \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a07 (1995\/1), p. 9-11<\/p>\n<h2>Notes et r\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<section class=\"references\">\n<ol>\n<li>Ellen G. White,\u00a0<em>T\u00e9moignages pour l&rsquo;Eglise<\/em>\u00a0(Dammarie-les-Lys\u00a0: Editions S.D.T., 1953), vol. 2, p. 604.<\/li>\n<li>Ellen G. White,\u00a0<em>Evang\u00e9liser<\/em>\u00a0(Dammarie-les-Lys\u00a0: Editions Vie et Sant\u00e9, 1986), p. 237.<\/li>\n<li>Ellen G. White,\u00a0<em>La trag\u00e9die des si\u00e8cles<\/em>\u00a0(Dammarie-les-Lys\u00a0: Editions S.D.T., 1973), p. 536.<\/li>\n<li>Ellen G. White,\u00a0<em>Le minist\u00e8re de la gu\u00e9rison<\/em>\u00a0(Mountain View, Calif.\u00a0: Editions Le Monde Fran\u00e7ais, 1977), p. 216.<\/li>\n<\/ol>\n<\/section>\n<\/div>\n<p><\/main><\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2019 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Richard W. Coffen Montrez-leur que ce n&rsquo;est pas le Seigneur qui est l&rsquo;auteur de leurs souffrances. &#8212; Ellen White.1 Un mois avant le seizi\u00e8me anniversaire d&rsquo;Alicia, son p\u00e8re et sa m\u00e8re remarqu\u00e8rent des ganglions \u00e0 son cou. \u00ab\u00a0\u00c7a va Alicia\u00a0?\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Ouais. Pourquoi\u00a0?\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0C&rsquo;est quoi ces ganglions\u00a0?\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Je sais pas.\u00a0\u00bb Le m\u00e9decin ne savait pas non [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":1453,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[597,677,510],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1451"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1451"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1451\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1453"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1451"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1451"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1451"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}