{"id":1364,"date":"2019-08-16T18:33:38","date_gmt":"2019-08-16T18:33:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=1364"},"modified":"2019-08-28T19:42:13","modified_gmt":"2019-08-28T19:42:13","slug":"sola-scriptura-une-comparaison-des-comprehensions-lutherienne-et-adventiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/sola-scriptura-une-comparaison-des-comprehensions-lutherienne-et-adventiste\/","title":{"rendered":"Sola Scriptura: une comparaison des compr\u00e9hensions luth\u00e9rienne et adventiste"},"content":{"rendered":"<p>Remwil R. Tornalejo,<\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"has-drop-cap\"><i>Sola scriptura<\/i>\u00a0fut l\u2019un des principes de la R\u00e9forme<sup>1<\/sup>. Ce concept, bien que n\u2019\u00e9tant pas unique \u00e0 Martin Luther, fut popularis\u00e9 par lui<sup>2<\/sup>. C\u2019est en 1519 que l\u2019une des premi\u00e8res r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 ce principe fut faite lors d\u2019un d\u00e9bat avec Johann Eck, \u00e0 Leipzig. Luther d\u00e9clara : \u00ab Aucun croyant chr\u00e9tien ne peut \u00eatre forc\u00e9 [\u00e0 croire un article de foi] qui n\u2019est pas tir\u00e9 des \u00c9critures<sup>3<\/sup>. \u00bb La m\u00eame id\u00e9e figure dans sa d\u00e9fense \u00e0 la di\u00e8te de Worms le 18 avril 1521 : \u00ab \u00c0 moins qu\u2019on ne me convainque de mon erreur par des attestations de l\u2019\u00c9criture ou par des raisons \u00e9videntes \u2013 car je ne crois ni au pape ni aux conciles seuls puisqu\u2019il est \u00e9vident qu\u2019ils se sont souvent tromp\u00e9s et contredits \u2013 je suis li\u00e9 par les textes de l\u2019\u00c9criture que j\u2019ai cit\u00e9s, et ma conscience est captive de la Parole de Dieu ; je ne peux ni ne veux me r\u00e9tracter en rien, car il n\u2019est ni s\u00fbr, ni honn\u00eate d\u2019agir contre sa propre conscience. Me voici donc en ce jour. Je ne puis faire autrement. Que Dieu me soit en aide<sup>4<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les adventistes adh\u00e8rent au principe de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>. Qualifi\u00e9s de \u00ab peuple du Livre \u00bb, ils accordent la plus grande consid\u00e9ration aux \u00c9critures. Par contre, les historiens et les th\u00e9ologiens de l\u2019\u00c9glise ont diff\u00e9rentes opinions sur ce que Luther entendait par\u00a0<i>sola scriptura<\/i><sup>5<\/sup>. Ce chapitre explore et compare la signification du principe de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0selon Luther et tel qu\u2019il est compris par les adventistes.<\/p>\n<h2>LUTHER ET LA\u00a0<i>SOLA SCRIPTURA<\/i><\/h2>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes r\u00e9centes maintiennent qu\u2019il est erron\u00e9, ou du moins excessivement simplifi\u00e9, d\u2019avancer que les \u00c9critures constituaient la seule autorit\u00e9 pour les r\u00e9formateurs, et que pour eux, la tradition ne jouait aucun r\u00f4le<sup>6<\/sup>. Par exemple, Irena Backus d\u00e9clare : \u00ab C\u2019est aujourd\u2019hui un fait bien connu : les r\u00e9formateurs ne rejetaient pas la tradition de l\u2019\u00c9glise primitive. \u00c0 leurs yeux, il fallait plut\u00f4t la distinguer carr\u00e9ment des corruptions des structures eccl\u00e9siastiques m\u00e9di\u00e9vales<sup>7<\/sup>. \u00bb Ces d\u00e9veloppements exigent un examen plus minutieux de ce que\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0signifiait pour Luther. Pour comprendre cette expression, il est n\u00e9cessaire de la placer dans son contexte historique.<\/p>\n<h2>LE PRINCIPE DE\u00a0<i>SOLA SCRIPTURA<\/i>\u00a0DANS SON CONTEXTE HISTORIQUE<\/h2>\n<p>Aux jours de Luther, la question n\u2019\u00e9tait pas l\u2019autorit\u00e9 des \u00c9critures elles-m\u00eames, mais plut\u00f4t la mesure de cette autorit\u00e9 par rapport \u00e0 l\u2019\u00c9glise catholique et ses dirigeants. Les dirigeants catholiques enseignaient que \u00ab la tradition non \u00e9crite pourrait faire tout aussi autorit\u00e9 que les \u00c9critures \u00bb. Parfois, elle pourrait m\u00eame leur \u00eatre sup\u00e9rieure puisqu\u2019elle est une cr\u00e9ation de l\u2019\u00c9glise<sup>8<\/sup>. Luther adh\u00e9ra \u00e0 cette croyance au d\u00e9but de sa vie sacerdotale. M\u00eame apr\u00e8s avoir placard\u00e9 ses 95 th\u00e8ses, il accordait toujours un grand respect aux \u00e9crits des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise et aux d\u00e9crets papaux. Il d\u00e9clara : \u00ab Premi\u00e8rement, j\u2019atteste que je ne d\u00e9sire dire ou maintenir absolument rien, except\u00e9, tout d\u2019abord, ce qui se trouve dans les Saintes \u00c9critures et que l\u2019on peut soutenir \u00e0 partir d\u2019elles ; et ensuite, ce qui est tir\u00e9 des \u00e9crits des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise, accept\u00e9 par l\u2019\u00c9glise catholique, et pr\u00e9serv\u00e9 tant dans les canons que les d\u00e9crets papaux<sup>9<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>En outre, selon une autre compr\u00e9hension courante, le pape ou un concile de l\u2019\u00c9glise repr\u00e9sentait l\u2019ultime autorit\u00e9 pour d\u00e9terminer la signification de la Bible<sup>10<\/sup>.<\/p>\n<h2>LUTHER : SON OPINION SUR LES P\u00c8RES DE L\u2019\u00c9GLISE ET LEURS ENSEIGNEMENTS<\/h2>\n<p>Luther n\u2019\u00e9carta pas enti\u00e8rement la tradition. Il lutta contre les r\u00e9formateurs radicaux qui voulaient \u00e9liminer toutes les traditions de l\u2019\u00c9glise11. D\u2019o\u00f9 son avertissement : \u00ab Il faut un esprit plus prudent, plus mod\u00e9r\u00e9, un esprit attaquant l\u2019accumulation qui menace le temple sans d\u00e9truire le temple de Dieu lui-m\u00eame<sup>12<\/sup>. \u00bb Et \u00e0 ceux qui l\u2019accusaient de rejeter tous les enseignements des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise, il r\u00e9pondait : \u00ab Je ne les rejette pas. Par contre, tout le monde sait fort bien qu\u2019ils sont souvent tomb\u00e9s dans l\u2019erreur, comme il arrive aux hommes ; par cons\u00e9quent, je ne suis pr\u00eat \u00e0 leur faire confiance que lorsqu\u2019ils me prouvent leurs opinions par les \u00c9critures, lesquelles n\u2019ont jamais err\u00e9<sup>13<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>Luther, apr\u00e8s plusieurs d\u00e9bats avec les repr\u00e9sentants pontificaux, rejeta la compr\u00e9hension courante stipulant que \u00ab l\u2019enseignement des \u00c9critures et l\u2019enseignement de l\u2019\u00c9glise catholique romaine sont forc\u00e9ment identiques \u00bb<sup>14<\/sup>. Il \u00e9crivit : \u00ab Je ne lutte que pour une chose : amener toute \u00e2me \u00e0 faire la diff\u00e9rence entre les divines \u00c9critures et l\u2019enseignement ou la tradition des hommes<sup>15<\/sup>. \u00bb Les Saintes \u00c9critures sont \u00ab plus fiables que tout autre \u00e9crit \u00bb et par elles, on peut juger tous les autres \u00e9crits, car elles sont l\u2019unique \u00ab vrai seigneur et ma\u00eetre de tout \u00e9crit et de toute doctrine terrestre \u00bb<sup>16<\/sup>. Il donna ce conseil : \u00ab Les Saintes \u00c9critures doivent \u00eatre nettement dissoci\u00e9es des \u00e9crits invent\u00e9s par des hommes au sein l\u2019\u00c9glise, aussi \u00e9minents soient-ils en saintet\u00e9 et en savoir<sup>17<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>Luther d\u00e9fendit la primaut\u00e9 des \u00c9critures sur les \u00e9crits des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise, mais en m\u00eame temps, il soutint la valeur de ces \u00e9crits. En 1539, il \u00e9crivit : \u00ab Nous, les Gentils, ne devons pas attribuer aux \u00e9crits de nos P\u00e8res une valeur \u00e9gale \u00e0 celle des Saintes \u00c9critures, mais une valeur un peu moindre<sup>18<\/sup>. \u00bb Il ajouta : \u00ab Les enseignements des P\u00e8res ne sont utiles que pour nous conduire aux \u00c9critures, tels qu\u2019ils furent conduits. Ensuite, nous devons nous en tenir aux \u00c9critures seules<sup>19<\/sup>. \u00bb En outre, il expliqua : \u00ab Les \u00e9crits de tous les saints P\u00e8res devraient \u00eatre lus seulement pour un temps, pour que par eux, nous puissions \u00eatre conduits aux Saintes \u00c9critures. [&#8230;] Les chers P\u00e8res souhaitaient, par leurs \u00e9crits, nous conduire aux \u00c9critures, mais nous les utilisons de mani\u00e8re \u00e0 nous \u00e9loigner des \u00c9critures, bien qu\u2019elles seules soient notre vignoble dans lequel nous devons tous travailler et peiner<sup>20<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<h2>LUTHER ET L\u2019AUTORIT\u00c9 RELIGIEUSE<\/h2>\n<p>Luther ne m\u00e9prisa pas l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise sans r\u00e9serve. Son objection muscl\u00e9e \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9tention papale que l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise surpasse celle de la Parole de Dieu, et par cons\u00e9quent, doit \u00eatre son arbitre<sup>21<\/sup>. Pour lui, les \u00c9critures sont leur propre interpr\u00e8te, et par cons\u00e9quent, elles doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es en comparant les \u00c9critures avec les \u00c9critures<sup>22<\/sup>. Il protesta contre l\u2019enseignement catholique qui d\u00e9clare que les \u00c9critures sont insuffisantes \u00ab en dehors du tr\u00e9sor des papes et des conciles \u00bb<sup>23<\/sup>. Contrairement \u00e0 la croyance populaire de son temps, il ne croyait pas que l\u2019\u00c9glise \u00e9tait au-dessus des \u00c9critures. Il avait plut\u00f4t la conviction que la Parole de Dieu portait l\u2019\u00c9glise et la nourrissait : \u00ab La Parole de Dieu est incomparablement sup\u00e9rieure \u00e0 l\u2019\u00c9glise, et dans cette Parole, l\u2019\u00c9glise, \u00e9tant une cr\u00e9ature, n\u2019a rien \u00e0 d\u00e9cr\u00e9ter, prescrire, ni modeler. Au contraire, elle doit recevoir les d\u00e9crets, les prescriptions, et \u00eatre model\u00e9e<sup>24<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>Artur Wood atteste que Luther citait abondamment les P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise. Cependant, il soumettait leur autorit\u00e9 aux \u00c9critures et la refusait chaque fois qu\u2019ils semblaient contredire la Parole de Dieu<sup>25<\/sup>. Selon Luther, \u00ab tous les saints P\u00e8res, d\u00e8s qu\u2019ils sortent du cadre des \u00c9critures, sont aussi faillibles que quiconque \u00bb<sup>26<\/sup>. Il ajouta : \u00ab Je n\u2019\u00e9couterai ni l\u2019\u00c9glise, ni les p\u00e8res, ni les ap\u00f4tres, \u00e0 moins qu\u2019ils n\u2019apportent et n\u2019enseignent la pure Parole de Dieu<sup>27<\/sup>. \u00bb Dans les\u00a0<i>Sermons sur l\u2019\u00c9vangile de Jean<\/i>, il fait r\u00e9f\u00e9rence au message de Paul aux Galates (Ga 1.8) alors que ce dernier souligne que toute personne (peu importe son statut ou son rang) et m\u00eame les anges seraient suspects s\u2019ils pr\u00eachaient le contraire de la Parole de Dieu<sup>28<\/sup>. Les proph\u00e8tes qui font des prodiges et des miracles doivent aussi \u00eatre jug\u00e9s \u00ab \u00e0 la lumi\u00e8re de la Parole de Dieu \u00bb<sup>29<\/sup>.<\/p>\n<h2>LUTHER ET LA SOLA SCRIPTURA : R\u00c9SUM\u00c9<\/h2>\n<p>Pour Luther, l\u2019id\u00e9e de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0ne veut pas dire que les \u00c9critures sont l\u2019<i>unique<\/i>\u00a0autorit\u00e9 religieuse. Il est \u00e9vident que les d\u00e9clarations cit\u00e9es plus haut n\u2019ont pas pour intention de dire que Luther m\u00e9prisait tous les enseignements des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise. Bien qu\u2019il e\u00fbt clairement indiqu\u00e9 que les \u00c9critures doivent \u00eatre au-dessus des credo et des d\u00e9crets papaux, son acceptation de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise et des credo reposait sur l\u2019autorit\u00e9 biblique<sup>30<\/sup>.<\/p>\n<p>James R. Payton Jr. r\u00e9sume judicieusement la compr\u00e9hension de Luther de la\u00a0<i>sola scriptura<\/i>. Il d\u00e9clare que pour Luther, \u00ab les \u00c9critures \u00e9taient\u00a0<i>la seule autorit\u00e9 religieuse incontestable<\/i>. Cela ne voulait pas dire que les \u00c9critures \u00e9taient l\u2019<i>unique<\/i>autorit\u00e9 religieuse \u2013 comme cela a \u00e9t\u00e9 souvent pr\u00e9sum\u00e9 ou mal compris dans le protestantisme ult\u00e9rieur \u00bb<sup>31<\/sup>.<\/p>\n<p>Pour Luther, la\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0signifiait que la Parole de Dieu est la norme ultime, la pierre de touche, et l\u2019autorit\u00e9 finale en mati\u00e8re de foi et de pratique. Toute autre autorit\u00e9 doit \u00eatre jug\u00e9e et \u00e9valu\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00c9critures. De plus, pour lui, la Parole de Dieu se suffit \u00e0 elle-m\u00eame. Elle est son propre interpr\u00e8te et ne devrait jamais \u00eatre redevable \u00e0 n\u2019importe quelle autre autorit\u00e9 quant \u00e0 son authentification<sup>32<\/sup>.<\/p>\n<h2>LA COMPR\u00c9HENSION ADVENTISTE DE LA\u00a0<i>SOLA SCRIPTURA<\/i><\/h2>\n<p>Les adventistes adh\u00e8rent au principe de\u00a0<i>sola scriptura<\/i><sup>33<\/sup>. La premi\u00e8re croyance fondamentale de l\u2019\u00c9glise adventiste est la suivante : \u00ab Les saintes \u00c9critures \u2013 l\u2019Ancien et le Nouveau Testament \u2013 sont la Parole de Dieu \u00e9crite, communiqu\u00e9e par l\u2019inspiration divine au moyen de saints hommes de Dieu qui ont parl\u00e9 et \u00e9crit, pouss\u00e9s par le Saint-Esprit. Dans cette Parole, Dieu a confi\u00e9 \u00e0 l\u2019homme la connaissance n\u00e9cessaire au salut. Les saintes \u00c9critures constituent la r\u00e9v\u00e9lation infaillible de sa volont\u00e9. Elles sont la norme du caract\u00e8re, le crit\u00e8re de l\u2019exp\u00e9rience, le fondement souverain des doctrines, et le r\u00e9cit digne de confiance des interventions de Dieu dans l\u2019histoire<sup>34<\/sup>. \u00bb Cependant, les penseurs adventistes ne se sont pas entendus sur leur compr\u00e9hension de la\u00a0<i>sola scriptura<\/i><sup>35<\/sup>. Pour saisir la compr\u00e9hension adventiste du principe de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>, j\u2019examinerai les \u00e9crits d\u2019Ellen White afin d\u2019\u00e9tablir une perspective de base adventiste. Il est important de noter que lorsqu\u2019elle faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019id\u00e9e de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>, elle faisait le rapprochement de cette id\u00e9e avec celle de la R\u00e9forme sur ce sujet. Elle a \u00e9crit : \u00ab Il existe, de nos jours, une forte tendance \u00e0 s\u2019\u00e9loigner de la saine doctrine ; il est donc n\u00e9cessaire de revenir au grand principe protestant : les \u00c9critures, seule r\u00e8gle de la foi et de la vie<sup>36<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<h2>ELLEN WHITE ET LA\u00a0<i>SOLA SCRIPTURA<\/i><\/h2>\n<p>Ellen White soutenait constamment le principe de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>. Pour elle, \u00ab la Bible, et la Bible seule, est notre r\u00e8gle de foi \u00bb<sup>37<\/sup>. Ailleurs, elle a \u00e9crit : \u00ab La Bible est son propre interpr\u00e8te. Un passage des \u00c9critures servira de cl\u00e9 d\u2019acc\u00e8s \u00e0 d\u2019autres passages, faisant appara\u00eetre le sens cach\u00e9 d\u2019un mot. En comparant diff\u00e9rents textes traitant du m\u00eame sujet, en \u00e9tudiant leur port\u00e9e sous tous les angles, on mettra en \u00e9vidence la v\u00e9ritable signification des \u00c9critures<sup>38<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>Contrairement aux affirmations de ses d\u00e9tracteurs, Ellen White n\u2019a jamais pr\u00e9tendu que ses \u00e9crits devraient \u00eatre sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 avec les \u00c9critures. Sur ce point, elle est cat\u00e9gorique : \u00ab Les\u00a0<i>T\u00e9moignages<\/i>\u00a0de s\u0153ur White ne devraient pas \u00eatre mis au premier rang. La Parole de Dieu est la norme infaillible. [&#8230;] Que tous \u00e9tablissent leurs positions en s\u2019appuyant sur les \u00c9critures et qu\u2019ils justifient par la Parole de Dieu r\u00e9v\u00e9l\u00e9e chaque point qu\u2019ils pr\u00e9sentent comme \u00e9tant la v\u00e9rit\u00e9<sup>39<\/sup>. \u00bb Par rapport \u00e0 la Bible, elle d\u00e9clara que ses \u00e9crits \u00e9taient \u00ab une plus petite lumi\u00e8re pour conduire [les gens] vers la plus grande lumi\u00e8re qui soit \u00bb<sup>40<\/sup>. Elle a \u00e9crit : \u00ab Si les\u00a0<i>T\u00e9moignages<\/i>\u00a0ne s\u2019accordent pas avec la Parole de Dieu, rejetez-les<sup>41<\/sup>. \u00bb Et encore : \u00ab Notre position et notre foi reposent sur la Bible. Nous ne voulons \u00e0 aucun prix que qui que ce soit place les\u00a0<i>T\u00e9moignages<\/i>\u00a0au-dessus de la Bible \u00bb<sup>42<\/sup>. Les\u00a0<i>T\u00e9moignages<\/i>, a-t-elle sp\u00e9cifi\u00e9, ne seraient pas n\u00e9cessaires si le peuple de Dieu \u00e9tudiait diligemment les \u00c9critures<sup>43<\/sup>. Elle a expliqu\u00e9 : \u00ab Les\u00a0<i>T\u00e9moignages<\/i>\u00a0\u00e9crits ne sont pas destin\u00e9s \u00e0 apporter de nouvelles lumi\u00e8res, mais \u00e0 graver d\u2019une mani\u00e8re plus vivante dans les c\u0153urs les v\u00e9rit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 r\u00e9v\u00e9l\u00e9es<sup>44<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<h2>ELLEN WHITE ET L\u2019UTILISATION D\u2019AUTRES SOURCES<\/h2>\n<p>L\u2019adh\u00e9sion d\u2019Ellen White au principe de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0ne veut pas dire qu\u2019elle n\u2019a jamais consid\u00e9r\u00e9 d\u2019autres sources. Elle nous donne cet avertissement : \u00ab Bien des croyants pensent qu\u2019ils doivent consulter des commentaires des \u00c9critures pour comprendre la Parole de Dieu, et ne prennent pas la position que l\u2019on peut se passer d\u2019eux. Cependant, il faudra beaucoup de discernement pour d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9 divine dans la somme des paroles humaines<sup>45<\/sup>. \u00bb Elle a invariablement maintenu que les \u00c9critures sont l\u2019ultime crit\u00e8re de foi et de pratique. En outre, elle a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab sa Parole [est] la pierre de touche de toute doctrine et le fondement de toute r\u00e9forme \u00bb<sup>46<\/sup>\u00a0et que tout autre enseignement et toute autre pratique doivent passer le test des \u00c9critures<sup>47<\/sup>.<\/p>\n<h2>R\u00c9SUM\u00c9 DE LA COMPR\u00c9HENSION D\u2019ELLEN G. WHITE DE LA\u00a0<i>SOLA SCRIPTURA<\/i><\/h2>\n<p>Pour Ellen White, la\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0signifiait que la Bible, et la Bible seule, est le fondement de la foi chr\u00e9tienne et de sa pratique. Cependant, ceci ne veut pas dire qu\u2019elle ne tenait aucun compte d\u2019autres \u00e9crits religieux. Quant \u00e0 ses propres \u00e9crits, elle d\u00e9clara qu\u2019ils n\u2019avaient pas la m\u00eame fonction que les \u00c9critures, mais qu\u2019ils \u00e9taient plut\u00f4t destin\u00e9s \u00e0 ramener les croyants \u00e0 la Parole de Dieu. M\u00eame si elle maintenait le prin- cipe que les \u00c9critures sont leur propre interpr\u00e8te, elle tenait compte du fait que d\u2019autres outils et ressources bibliques peuvent s\u2019av\u00e9rer utiles pour \u00e9tudier la Bible. Elle soutenait que les \u00c9critures doivent toujours avoir la priorit\u00e9 sur les autres sources d\u2019autorit\u00e9 pour d\u00e9terminer la signification du texte.<\/p>\n<h2>CONCLUSION<\/h2>\n<p>\u00ab Luther et les adventistes ont deux points communs principaux au sujet du principe de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>. Premi\u00e8rement, les deux d\u00e9clarent r\u00e9solument que la Bible est l\u2019unique pierre de touche infaillible et finale de la foi et de la pratique. Ceci signifie que toute doctrine doit passer le test des \u00c9critures pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme valable. La Bible est l\u2019unique source de connaissance religieuse. Deuxi\u00e8mement, les deux s\u2019accordent pour dire que les \u00c9critures sont leur propre interpr\u00e8te. Elles ne d\u00e9pendent d\u2019aucune autorit\u00e9 ni de science externe pour authentifier leurs d\u00e9clarations. Un passage scripturaire difficile doit \u00eatre compris \u00e0 la lumi\u00e8re du t\u00e9moignage des \u00c9critures dans son ensemble. Finalement, en application du principe de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>, tout enseignement et toute doctrine qui ne passent pas le test des \u00c9critures doivent \u00eatre rejet\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p><sup>Cet essai est une version l\u00e9g\u00e8rement adapt\u00e9e de l\u2019original paru dans l\u2019ouvrage intitul\u00e9\u00a0<i>Here We Stand: Luther, the Reformation, and Seventh-day Adventism<\/i>, de Michael W. Campbell et Nikolaus Satelmajer, \u00e9ds., Boise, ID, Pacific Press, 2017. Cet ouvrage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 par 27 \u00e9rudits et publi\u00e9 en comm\u00e9moration du 500e\u00a0anniversaire de la R\u00e9forme de Luther. Utilis\u00e9 avec permission. Voir aussi la recension de l\u2019ouvrage dans la rubrique Livres.<\/sup><\/p>\n<p class=\"about\">Remwil R. Tornalejo, titulaire d\u2019un doctorat de l\u2019Institut international adventiste des \u00e9tudes sup\u00e9rieures (AIIAS), est professeur adjoint de la th\u00e9ologie syst\u00e9matique \u00e0 AIIAS.<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>Remwil R. Tornalejo, \u00ab Sola Scriptura: une comparaison des compr\u00e9hensions luth\u00e9rienne et adventiste \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a029 (2017\/3), p. 5-9<\/p>\n<h2>NOTES ET R\u00c9F\u00c9RENCES<\/h2>\n<section class=\"references\">\n<ol>\n<li><i>Sola scriptura<\/i>\u00a0est g\u00e9n\u00e9ralement accept\u00e9 comme signifiant que la Bible seule est l\u2019autorit\u00e9 en mati\u00e8re de foi et de pratique. Les deux autres principes compl\u00e9tant\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0sont\u00a0<i>sola gratia<\/i>\u00a0(la gr\u00e2ce seule), et\u00a0<i>sola fide<\/i>\u00a0(la foi seule).<\/li>\n<li>Voir Arthur Skevington Wood,\u00a0<i>Captive to the Word: Martin Luther, Doctor of Sacred Scripture<\/i>, Londres, Paternoster, 1969, p. 31-40. Wood s\u2019est \u00e9vertu\u00e9 \u00e0 expliquer que Luther est redevable de maintes fa\u00e7ons \u00e0 ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, particuli\u00e8rement \u00e0 Augustin d\u2019Hippone et \u00e0 Guillaume d\u2019Occam, et plus tard aux th\u00e9ologiens occamistes quant \u00e0 sa perception des \u00c9critures. N\u00e9anmoins,\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0est, en tant que formule th\u00e9ologique, un sous-produit de la R\u00e9forme plut\u00f4t que sa pr\u00e9supposition. Voir Bernhard Lohse,\u00a0<i>Martin Luther: An Introduction to His Life and Work<\/i>, Edinburgh, T &amp; T Clark, 1986, p. 153 ; voir aussi Bernhard Lohse,\u00a0<i>Martin Luther\u2019s Theology: Its Historical and Systematic Development<\/i>, trad. et \u00e9d., Roy A. Harrisville, Minneapolis, MN, Fortress, 2011, p. 22, 23. L\u2019expression\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0en soi ne se trouve pas dans les \u0153uvres de Luther. N\u00e9anmoins, l\u2019id\u00e9e que les \u00c9critures ont une autorit\u00e9 supr\u00eame sur l\u2019\u00c9glise et sur d\u2019autres autorit\u00e9s religieuses est au c\u0153ur de sa th\u00e9ologie plus \u00e9labor\u00e9e.<\/li>\n<li>Lohse,\u00a0<i>Martin Luther\u2019s Theology<\/i>, p. 123.<\/li>\n<li>https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Martin_Luther.<\/li>\n<li>Pour une discussion sur la signification de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>, voir James R. Payton Jr.,\u00a0<i>Getting the Reformation Wrong: Correcting Some Misunderstandings<\/i>, Downers Grove, IL, IVP Academic, 2010, p. 132-159 ; John C. Peckham, \u00ab\u00a0<i>Sola Scriptura: Reductio ad Absurdum?<\/i>\u00bb,\u00a0<i>Trinity Journal<\/i>, n.s., 35, n\u00b0 2, automne 2014, p. 195-223 ; Aleksandar S. Santrac, \u00ab The\u00a0<i>Sola Scriptura<\/i>\u00a0Principle in the Current Debate \u00bb,\u00a0<i>Journal of the Adventist Theological Society<\/i>\u00a024, n\u00b0 1, 2013, p. 107-126 ; Kwabena Donkor, \u00ab Contemporary Responses to\u00a0<i>Sola Scriptura<\/i>: Implications for Adventist Theology \u00bb,\u00a0<i>Reflections: The BRI Newsletter<\/i>\u00a041, janvier 2013, p. 5-8.<\/li>\n<li>Payton,\u00a0<i>Getting the Reformation Wrong<\/i>, p. 133.<\/li>\n<li>Irena Backus, \u00ab The Disputation of Baden, 1526, and Berne, 1528: Neutralizing the Early Church \u00bb, \u00e9dition sp\u00e9ciale,\u00a0<i>Studies in Reformed Theology and History<\/i>\u00a01, n\u00b0 1, hiver 1993, p. 81, consult\u00e9 le 18 d\u00e9cembre 2016, http:\/\/scdc.library.ptsem.edu\/mets\/mets. aspx?src=SRTH199311&amp;div=11&amp;img=3.<\/li>\n<li>Roger E. Olson,\u00a0<i>The Story of Christian Theology: Twenty Centuries of Tradition and Reform<\/i>, Downers Grove, IL, IVP Academic, 1999, p. 385.<\/li>\n<li>Martin Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, vol. 31,\u00a0<i>Career of the Reformer 1<\/i>, \u00e9d. Harold J. Grimm, Philadelphie, PA, Fortress, 1957, p. 83.<\/li>\n<li>Wood,\u00a0<i>Captive to the Word<\/i>, p. 120.<\/li>\n<li>Les r\u00e9formateurs radicaux ou anabaptistes \u00e9taient plus coh\u00e9rents en appliquant le principe de\u00a0<i>sola scriptura<\/i>. Voir Alister E. McGrath,\u00a0<i>Reformation Thought: An Introduction<\/i>, 3<sup>e<\/sup>\u00a0\u00e9d., Malden, MA, Blackwell, 1999, p. 155.<\/li>\n<li>Martin Luther,\u00a0<i>Martin Luther\u2019s Basic Theological Writings<\/i>, \u00e9ds. Timothy F. Lull et William R. Russell, Minneapolis, MN, Fortress, 1989, p. 346.<\/li>\n<li>Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, 32:11.<\/li>\n<li>Wood,\u00a0<i>Captive to the Word<\/i>, p. 120 ; voir Lohse,\u00a0<i>Martin Luther\u2019s Theology<\/i>, p. 188. Selon Ernst Zeeden, \u00ab Luther n\u2019innova pas quand il se tourna vers la Bible, mais seulement lorsqu\u2019il s\u00e9para la Bible du pape et de l\u2019\u00c9glise, ou qu\u2019il les subordonna \u00e0 celle- ci \u00bb ; Ernst W. Zeeden,\u00a0<i>The Legacy of Luther: Martin Luther and the Reformation<\/i>, Westminster, MD, Newman Press, 1954, cit\u00e9 dans Wood,\u00a0<i>Captive to the Word<\/i>, p. 119.<\/li>\n<li>Martin Luther, \u00ab Answer to the Superchristian, Superspiritual, and Superlearned Book of Goat Emser \u00bb, cit\u00e9 dans Hugh T. Kerr, \u00e9d.,\u00a0<i>A Compend of Luther\u2019s Theology<\/i>, Philadelphie, PA, Westminster Press, 1974, p. 15.<\/li>\n<li>Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, 32:11.<\/li>\n<li>Martin Luther, \u00ab The Babylonian Captivity of the Church \u00bb, cit\u00e9 dans Kerr,\u00a0<i>A Compend of Luther\u2019s Theology<\/i>, p. 12.<\/li>\n<li>Martin Luther,\u00a0<i>On the Councils and the Church, 1539<\/i>, dans\u00a0<i>Selected Writings of Martin Luther, 1529\u20131546<\/i>, \u00e9d. Theodore G. Tappert, Minneapolis, MN, Fortress, 2007, p. 243.<\/li>\n<li>Luther, \u00ab Answer to the Superchristian \u00bb, p. 14.<\/li>\n<li>Martin Luther, \u00ab An Open Letter to the Christian Nobility \u00bb, cit\u00e9 dans Kerr,\u00a0<i>A Compend of Luther\u2019s Theology<\/i>, p. 13.<\/li>\n<li>Martin Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, \u00e9d. Jaroslav Pelikan, vol. 26,\u00a0<i>Lectures on Galatians, Chapters 1\u20134<\/i>, St. Louis, MO, Concordia, 1963, p. 51.<\/li>\n<li>Martin Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, \u00e9d. Jaroslav Pelikan, vol. 9,\u00a0<i>Lectures on Deuteronomy<\/i>, St. Louis, MO, Concordia, 1960, p. 21.<\/li>\n<li>Michael S. Horton, \u00ab Scripture Alone: Luther\u2019s Doctrine of Scripture \u00bb, in\u00a0<i>The Legacy of Luther<\/i>, \u00e9ds. R. C. Sproul et Stephen J. Nichols, Orlando, FL: Reformation Trust, 2016), p. 121.<\/li>\n<li>Martin Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, vol. 36,\u00a0<i>Word and Sacrament 2<\/i>, \u00e9d. Abdel R. Wentz, Philadelphie, PA, Fortress, 1959), p. 107.<\/li>\n<li>Voir Wood,\u00a0<i>Captive to the Word<\/i>, p. 125.<\/li>\n<li>Martin Luther, cit\u00e9 dans l\u2019introduction de 1521\u00a0<i>Avoiding the Doctrine of Men<\/i>, de Luther \u00e0 Tappert,\u00a0<i>Selected Writings of Martin Luther, 1529\u20131546<\/i>, p. 204.<\/li>\n<li>Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, 26:67.<\/li>\n<li>Voir Martin Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, vol. 23,\u00a0<i>Sermons on the Gospel of St. John, Chapters 6\u20138<\/i>, \u00e9d. Hilton C. Oswald, St. Louis, MO, Concordia, 1959, p. 191, 192.<\/li>\n<li>Martin Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, \u00e9d. Jaroslav Pelikan, vol. 24,\u00a0<i>Sermons on the Gospel of St. John, Chapters 14\u201316<\/i>, St. Louis, MO, Concordia, 1961, p. 75 ; cf. Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, 26:383.<\/li>\n<li>Voir Martin Luther,\u00a0<i>Luther\u2019s Works<\/i>, vol. 41,\u00a0<i>Church and Ministry 3<\/i>, \u00e9d. Eric W. Gritsch, Philadelphie, PA, Fortress, 1966, p. 123. Alberto R. Timm observe que pour les r\u00e9formateurs magistraux tels que Luther et Calvin,\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0ne signifie pas le rejet d\u2019autres sources de connaissance religieuse. Alberto R. Timm, \u00ab\u00a0<i>Sola Scriptura<\/i>\u00a0and Ellen G. White: Historical Reflections \u00bb, dans\u00a0<i>The Gift of Prophecy in Scripture and History<\/i>, \u00e9ds. Alberto R. Timm et Dwain N. Esmond, Silver Spring, MD, Review and Herald\u00ae Pub. Assn., 2015, p. 288.<\/li>\n<li>Payton,\u00a0<i>Getting the Reformation Wrong<\/i>, 142 ; soulign\u00e9 dans l\u2019original. Frank M. Hasel arrive \u00e0 une conclusion semblable. Il \u00e9crit : \u00ab Lorsque Luther soutenait le principe\u00a0<i>sola scriptura<\/i>, il ne sugg\u00e9rait pas par l\u00e0 que la tradition de l\u2019\u00c9glise \u00e9tait nulle. Il d\u00e9fendait plut\u00f4t un cas de clart\u00e9 et de poids relatifs. En d\u2019autres termes, si un conflit surgit dans l\u2019interpr\u00e9tation de la foi, alors les \u00c9critures exercent une autorit\u00e9 qui transcende et juge toute tradition de l\u2019\u00c9glise. \u00bb ; Frank M. Hasel, \u00ab Presuppositions in the Interpretation of Scripture \u00bb, dans\u00a0<i>Understanding Scripture: An Adventist Approach<\/i>, vol. 1, \u00e9d. George W. Reid, Silver Spring, MD, Institut de recherche biblique, 2005, p. 37.<\/li>\n<li>Bien que Luther ait soutenu le principe\u00a0<i>sola scriptura<\/i>, il est \u00e9vident qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas d\u2019accord avec le principe\u00a0<i>tota scriptura<\/i>\u00a0\u2013 l\u2019id\u00e9e que\u00a0<b>toutes<\/b>\u00a0les \u00c9critures sont inspir\u00e9es. Il qualifie l\u2019\u00e9p\u00eetre de Jacques d\u2019\u00ab \u00e9p\u00eetre de paille \u00bb parce qu\u2019\u00e0 son avis, l\u2019ap\u00f4tre contredit apparemment l\u2019id\u00e9e de la justification par la foi seule. Luther a \u00e9crit : \u00ab Que Jacques disparaisse. \u00bb \u00ab Son autorit\u00e9 n\u2019est pas suffisamment grande pour me faire abandonner la doctrine de la foi et pour me faire d\u00e9vier de l\u2019autorit\u00e9 des autres ap\u00f4tres et des \u00c9critures tout enti\u00e8res. \u00bb Martin Luther, cit\u00e9 dans Paul Althaus,\u00a0<i>The Theology of Martin Luther<\/i>, trans. Robert C. Shultz, Philadelphie, PA, Fortress, 1966, p. 81. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, les adventistes soutiennent\u00a0<i>tota scriptura<\/i>\u00a0car ils consid\u00e8rent que \u00ab toute \u00c9criture \u00bb est inspir\u00e9e de Dieu et profitable au croyant.<\/li>\n<li>Voir Hasel, \u00ab Presuppositions in the Interpretation of Scripture \u00bb, p. 36.<\/li>\n<li><i>Ce que croient les adventistes<\/i>,p.17.<\/li>\n<li>Par ex., voir Tim Crosby, \u00ab Why I Don\u2019t Believe in\u00a0<i>Sola Scriptura<\/i>\u00a0\u00bb, Viewpoint,\u00a0<i>Ministry<\/i>, octobre 1987, p. 11-15 ; Woodrow W. Whidden II, \u00ab\u00a0<i>Sola Scriptura<\/i>, Inerrantist Fundamentalism, and the Wesleyan Quadrilateral: Is \u2018No Creed but the Bible\u2019 a Workable Solution? \u00bb,\u00a0<i>Andrews University Seminary Studies<\/i>\u00a035, n\u00b0 2, automne 1997, p. 211\u2013226.<\/li>\n<li>Ellen G. White,\u00a0<i>La trag\u00e9die des si\u00e8cles<\/i>, p. 215.<\/li>\n<li>Ellen G. White,\u00a0<i>Counsels on Sabbath School Work<\/i>, Washington, DC, Review and Herald\u00ae Pub. Assn., 1938, p. 84 ; voir Ellen G. White,\u00a0<i>Messages choisis<\/i>, vol. 2 p. 97.<\/li>\n<li>Ellen G. White,\u00a0<i>Fundamentals of Christian Education<\/i>, Nashville, TN, Southern Pub. Assn., 1923, p. 187. En accord avec Ellen G. White, Hasel commente que prendre\u00a0<i>sola scriptura<\/i>\u00a0en tant que principe herm\u00e9neutique ne signifie pas qu\u2019il faille \u00ab exclure l\u2019aide d\u2019autres sources dans la t\u00e2che de l\u2019interpr\u00e9tation, tels que des lexiques, des dictionnaires, des concordances bibliques, et d\u2019autres livres et commentaires. Cependant, dans l\u2019interpr\u00e9tation correcte de la Bible, le texte des \u00c9critures pr\u00e9vaut sur tout autre aspect, toute autre science et toute aide secondaire. Les autres points de vue doivent \u00eatre soigneusement \u00e9valu\u00e9s du point de vue des \u00c9critures dans son ensemble. \u00bb Hasel, \u00ab Presuppositions in the Interpretation of Scripture \u00bb, 1:36.<\/li>\n<li><i>Idem<\/i>., \u00c9vang\u00e9liser, p. 233.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>., p.234.<\/li>\n<li><i>Idem<\/i>.,\u00a0<i>T\u00e9moignages pour l\u2019\u00c9glise<\/i>, vol. 2, p. 354.<\/li>\n<li><i>Idem<\/i>.,\u00a0<i>\u00c9vang\u00e9liser<\/i>, p. 233.<\/li>\n<li><i>Idem<\/i>.,\u00a0<i>T\u00e9moignages pour l\u2019\u00c9glise<\/i>, vol. 2, p. 329. Ellen White a d\u00e9clar\u00e9 que ses\u00a0<i>T\u00e9moignages<\/i>\u00a0doivent les ramener \u00e0 la Parole qu\u2019ils ont n\u00e9glig\u00e9 de suivre (voir \u00c9vang\u00e9liser, p. 234).<\/li>\n<li><i>Idem<\/i>.,<i>T\u00e9moignages pour l\u2019\u00c9glise<\/i>,vol.2,p.330.<\/li>\n<li>White,\u00a0<i>Fundamentals of Christian Education<\/i>, p. 187.<\/li>\n<li><i>Idem<\/i>.,<i>La trag\u00e9die des si\u00e8cles<\/i>,p.645.<\/li>\n<li>Selon Ellen G. White, \u00ab ni l\u2019opinion des savants, ni les d\u00e9ductions de la science, ni les credo, ni les d\u00e9cisions des conciles et assembl\u00e9es eccl\u00e9siastiques \u2013 aussi discordants que nombreux \u2013 ne doivent \u00eatre pris en consid\u00e9ration sur un point de foi religieuse. Avant d\u2019accepter une doctrine quelconque, il faut s\u2019assurer qu\u2019elle a en sa faveur un clair et pr\u00e9cis : \u201cAinsi a dit l\u2019\u00c9ternel.\u201d \u00bb \u2013 Ellen G. White,\u00a0<i>La trag\u00e9die des si\u00e8cles<\/i>, p. 645 ; voir aussi\u00a0<i>T\u00e9moignages pour l\u2019\u00c9glise<\/i>, vol. 2, p. 261.<\/li>\n<\/ol>\n<\/section>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2019 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Remwil R. Tornalejo, Sola scriptura\u00a0fut l\u2019un des principes de la R\u00e9forme1. Ce concept, bien que n\u2019\u00e9tant pas unique \u00e0 Martin Luther, fut popularis\u00e9 par lui2. C\u2019est en 1519 que l\u2019une des premi\u00e8res r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 ce principe fut faite lors d\u2019un d\u00e9bat avec Johann Eck, \u00e0 Leipzig. 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