{"id":1355,"date":"2019-08-12T08:22:18","date_gmt":"2019-08-12T08:22:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=1355"},"modified":"2019-08-12T08:22:18","modified_gmt":"2019-08-12T08:22:18","slug":"jusqua-quel-point-les-decouvertes-archeologiques-confirment-elles-la-bible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/jusqua-quel-point-les-decouvertes-archeologiques-confirment-elles-la-bible\/","title":{"rendered":"Jusqu\u2019\u00e0 quel point les d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques confirment-elles la Bible ?"},"content":{"rendered":"<p><main class=\"layout-version-1\"><\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"byline\">Randall W. Younker<\/p>\n<p class=\"subhead\">L\u2019arch\u00e9ologie n\u2019a pas pour objectif de prouver la Bible. Conf\u00e9rer \u00e0 cette discipline une telle position d\u2019autorit\u00e9, c\u2019est soumettre l\u2019autorit\u00e9 ins\u00e9parable de la Bible \u00e0 une autre autorit\u00e9.<\/p>\n<p>La Bible est-elle vraie ?<\/p>\n<p>Pourquoi cette question continue-t-elle de hanter la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine ? C\u2019est une chose de lire, et m\u00eame d\u2019appr\u00e9cier ses r\u00e9cits ; mais c\u2019est une toute autre chose de croire qu\u2019ils sont r\u00e9ellement arriv\u00e9s. En fait, si Dieu est entr\u00e9 dans l\u2019histoire \u00e0 travers notre espace-temps \u2013 si les r\u00e9cits de la Bible sont v\u00e9ridiques, si ses d\u00e9clarations sont authentiques (un exemple : J\u00e9sus va vraiment revenir en Juge et R\u00e9dempteur) \u2013 cela signifie \u00e9galement que les \u00eatres humains ont certaines obligations morales envers Dieu et leurs semblables !<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h2>L\u2019importance du r\u00e9cit biblique pour la foi<\/h2>\n<p>Ronald Nash<sup>1<\/sup>, philosophe, et Gerhard Maier<sup>2<\/sup>, th\u00e9ologien, tous deux chr\u00e9tiens \u00e9vang\u00e9liques, reconnaissent que la foi, ainsi que la relation personnelle avec Dieu qu\u2019elle implique, est impossible sans la narration biblique. Selon eux, c\u2019est dans les \u00e9v\u00e8nements historiques (pass\u00e9s et pr\u00e9sents) que nous rencontrons Dieu, que nous le connaissons, et que nous d\u00e9veloppons une relation personnelle avec lui. Apr\u00e8s avoir \u00e9toff\u00e9 cette id\u00e9e de plusieurs exemples scripturaires, Maier commente : \u00ab La foi ne peut surgir que l\u00e0 o\u00f9 Dieu, auparavant, a non pens\u00e9 mais agi. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle surgit en tant que foi biblique uniquement dans le domaine de la r\u00e9v\u00e9lation biblique dont l\u2019incidence s\u2019est prolong\u00e9e dans l\u2019histoire. \u00bb<sup>3<\/sup><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9rudit \u00e9vang\u00e9lique Carl R. H. Henry souligne que \u00ab Dieu se r\u00e9v\u00e8le lui-m\u00eame [&#8230;] au sein de cette histoire ext\u00e9rieure par des actes salvateurs uniques \u00bb<sup>4<\/sup>. Par cons\u00e9quent, ajoute Gerhard Maier, nous nous devons d\u2019insister l\u00e0-dessus parce que les \u00ab actes historiques \u00bb appartiennent inextricablement \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation divine, \u00ab Dieu \u00e9tant le fondement ultime de l\u2019histoire. Dieu se r\u00e9v\u00e9la dans l\u2019histoire de sorte qu\u2019on puisse le discerner m\u00eame parmi une race humaine d\u00e9chue. Lorsque nous parlons de la nature historique de la Bible, nous avons pr\u00e9cis\u00e9ment en t\u00eate cette travers\u00e9e de la r\u00e9v\u00e9lation divine \u00e9ternelle dans le monde espace-temps pr\u00e9sent (<i>transitio revelationis<\/i>). \u00bb<sup>5<\/sup><\/p>\n<p>Il est significatif que Maier prenne soin de noter que l\u2019examen historique seul ne peut engendrer la foi, car la foi exige une relation personnelle avec ce Dieu qui vient \u00e0 notre rencontre dans les p\u00e9rip\u00e9ties de l\u2019histoire. Cette rencontre avec Dieu n\u2019est pas simplement la connaissance ou la persuasion intellectuelle qu\u2019il existe. En effet, beaucoup peuvent croire en l\u2019existence de Dieu mais ils ne croient pas en lui et ne pourront \u00eatre sauv\u00e9s.<\/p>\n<p>C\u2019est en partie la raison pour laquelle les croyants sont (ou devraient \u00eatre) peu dispos\u00e9s \u00e0 dire que l\u2019histoire (ou l\u2019arch\u00e9ologie) \u00ab prouve \u00bb la foi. En elle-m\u00eame, l\u2019arch\u00e9ologie n\u2019en a pas le pouvoir. N\u00e9anmoins, l\u2019histoire joue un r\u00f4le crucial, car une connaissance interpersonnelle authentique est impossible en dehors de la connaissance historique. Nash commente : \u00ab Peu importe la mesure dans laquelle la connaissance de la foi est comparable \u00e0 une connaissance interpersonnelle, il est certain qu\u2019un engagement de foi exige une connaissance historique pr\u00e9alable. Confiance et connaissance vont de pair. Lorsqu\u2019une personne noue une amiti\u00e9 ou tombe amoureuse, elle prend un engagement qui surpasse sa connaissance, certes, mais qu\u2019elle n\u2019aurait jamais pris sans une certaine connaissance pr\u00e9alable. La personne qui s\u2019engage se dit que m\u00eame si elle ne conna\u00eet pas tout sur l\u2019autre, elle en sait assez pour le croire, pour lui faire confiance, pour prendre un engagement qui va au-del\u00e0 des preuves. Mais son engagement est malgr\u00e9 tout fond\u00e9 sur un minimum de preuves. \u00bb<sup>6<\/sup><\/p>\n<p>De plus, la connaissance cognitive reste importante, essentielle m\u00eame, pour la connaissance interpersonnelle ; la connaissance\u00a0<i>historique<\/i>, elle, reste pertinente m\u00eame apr\u00e8s s\u2019\u00eatre engag\u00e9 personnellement<sup>7<\/sup>.<\/p>\n<h2>Le possible et l\u2019impossible de l\u2019arch\u00e9ologie<\/h2>\n<p>L\u2019arch\u00e9ologie est bien entendu un moyen scientifique de \u00ab ressusciter \u00bb l\u2019histoire. Ainsi, sa pertinence dans l\u2019exploration du r\u00e9cit biblique para\u00eet \u00e9vidente. Cependant, il existe certaines choses que l\u2019arch\u00e9ologie ne peut ou ne doit pas faire. Par exemple, on ne doit pas la consid\u00e9rer comme une autorit\u00e9 d\u00e9finitive quant \u00e0 la v\u00e9racit\u00e9 de la Bible, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle ne peut pas avoir pour objectif de prouver la Bible. Conf\u00e9rer \u00e0 cette discipline une telle position d\u2019autorit\u00e9, c\u2019est soumettre l\u2019autorit\u00e9 ins\u00e9parable de la Bible \u00e0 une autre autorit\u00e9. En outre, comme l\u2019observe Lloyd Willis, arch\u00e9ologue adventiste et sp\u00e9cialiste de l\u2019Ancien Testament, \u00ab l\u2019arch\u00e9ologie \u00e9tant explicative par nature [c\u2019est-\u00e0-dire, subjective], des contradictions apparentes sont in\u00e9vitables, si bien que le chr\u00e9tien risque de se trouver face \u00e0 un dilemme. C\u2019est en Dieu et en l\u2019\u00c9criture qu\u2019il faut croire. \u00bb<sup>8<\/sup>\u00a0Par ailleurs, l\u2019arch\u00e9ologie pr\u00e9sente d\u2019autres faiblesses inh\u00e9rentes qui l\u2019emp\u00eachent de servir d\u2019autorit\u00e9 absolue. En g\u00e9n\u00e9ral, elle ne peut prouver les d\u00e9tails des faits historiques significatifs, ni v\u00e9rifier les dimensions th\u00e9ologiques des faits bibliques. Pour ces raisons et d\u2019autres encore, l\u2019arch\u00e9ologie ne peut servir de fondement appropri\u00e9 pour la foi.<\/p>\n<h2>Contributions positives de l\u2019arch\u00e9ologie<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 ces limites, l\u2019arch\u00e9ologie peut apporter quantit\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments positifs au regard de la Bible. Par exemple, servir de test pour les reconstructions de textes bibliques faites par des critiques historiques. Autrement dit, l\u2019arch\u00e9ologie peut \u00ab r\u00e9futer \u00bb des th\u00e9ories erron\u00e9es au sujet de la Bible, ou, en termes plus positifs, elle peut fournir un point de vue diff\u00e9rent \u00ab pour \u00e9prouver&#8230; [une] interpr\u00e9tation [historico-critique] des documents \u00bb<sup>9<\/sup>. Deuxi\u00e8mement, l\u2019arch\u00e9ologie peut fournir le cadre contemporain et le contexte historique, culturel, linguistique et religieux pour la r\u00e9daction de documents bibliques et les circonstances que ces documents d\u00e9crivent. En ce sens, elle fournit parfois une clarification. Troisi\u00e8mement, elle peut offrir des preuves corroboratives de l\u2019existence de personnes, de lieux, et m\u00eame de faits pr\u00e9cis mentionn\u00e9s dans les \u00e9crits bibliques.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019\u00e9difiantes pour une foi d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablie, les contributions positives de l\u2019arch\u00e9ologie ne sont pas forc\u00e9ment essentielles pour le croyant. Cependant, l\u2019arch\u00e9ologie peut aider l\u2019incroyant qui se demande si les faits et les personnages de la Bible sont totalement fictifs. \u00c9videmment, les donn\u00e9es arch\u00e9ologiques ne peuvent pas en elles-m\u00eames convertir quelqu\u2019un \u2013 seul le Saint- Esprit en a le pouvoir. Cependant, elles sont apte \u00e0 fournir une information que le Saint-Esprit utilisera par la suite pour impressionner positivement une \u00e2me qui cherche \u00e0 d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<h2>Arch\u00e9ologie, personnages bibliques et \u00e9v\u00e8nements<\/h2>\n<p>Il serait int\u00e9ressant et utile d\u2019examiner des exemples de contributions positives de l\u2019arch\u00e9ologie pour la compr\u00e9hension de la narration biblique. Depuis les tout d\u00e9buts des explorations modernes dans l\u2019ancien Proche-Orient, l\u2019arch\u00e9ologie a continuellement v\u00e9rifi\u00e9 l\u2019existence de personnages et d\u2019\u00e9v\u00e8nements bibliques. Paul-\u00c9mile Botta (1802-1870), consul de France et arch\u00e9ologue, fit en 1843 la premi\u00e8re de ces d\u00e9couvertes qui eut une port\u00e9e directe sur la Bible. Il fit des fouilles sur le monticule de Khorsabad, aussi connu sous le nom de Dur Sharrukin (forteresse de Sargon), en Irak. Il d\u00e9couvrit de nombreuses tablettes cun\u00e9iformes ainsi que des bas-reliefs comportant des inscriptions. Quand il les rapporta en Europe, un \u00e9rudit du nom de Longperrier parvint \u00e0 discerner le nom\u00a0<i>Sar-gin<\/i>\u00a0sur l\u2019une des inscriptions. Il d\u00e9couvrit que ce nom \u00e9tait celui de Sargon, le roi d\u2019Assyrie mentionn\u00e9 dans \u00c9sa\u00efe 20.1. Il s\u2019agit, \u00e0 ma connaissance, du premier personnage biblique dont l\u2019existence fut confirm\u00e9e ind\u00e9pendamment de l\u2019\u00c9criture.<\/p>\n<p>En 1846, Edward Hincks, un pasteur irlandais, r\u00e9ussit \u00e0 lire le nom du roi Nebucadnetsar (II) et celui de son p\u00e8re sur des briques d\u2019argile que des voyageurs avaient rapport\u00e9es de M\u00e9sopotamie. Ceci confirma l\u2019existence de ce roi mentionn\u00e9 dans le livre de Daniel, ainsi que sa pr\u00e9tention de grand constructeur de Babylone.<\/p>\n<p>Vers la m\u00eame \u00e9poque, Austen Henry Layard, un arch\u00e9ologue britannique, se livra \u00e0 des fouilles sur les sites jumeaux de Kuyunjik et de Nebi Yunus (site traditionnel du tombeau de Jonas) ; on d\u00e9couvrit que ces deux sites faisaient partie de la Ninive biblique<sup>10<\/sup>. Parmi les d\u00e9couvertes bibliquement significatives et mises au jour par Layard, on compte l\u2019ob\u00e9lisque noir (1846). Des \u00e9rudits parvinrent \u00e0 d\u00e9chiffrer l\u00e0 les noms de personnes mentionn\u00e9es dans la Bible : Salmanasar (III), mentionn\u00e9 dans 2 Rois 17.13, et J\u00e9hu, fils de la maison d\u2019Omri. J\u00e9hu est le roi d\u2019Isra\u00ebl bien connu pour conduire agressivement son char (2 R 9.20). En 1853, Layard, avec l\u2019aide de ses \u00e9pigraphistes, d\u00e9clara qu\u2019il avait d\u00e9couvert pr\u00e8s de 55 dirigeants, villes et pays mentionn\u00e9s dans l\u2019Ancien Testament et dans les textes assyriens r\u00e9cemment d\u00e9couverts<sup>11<\/sup>.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019instar de nombreuses d\u00e9couvertes suppl\u00e9mentaires entre 1850 et 1990, certaines d\u00e9couvertes plus r\u00e9centes sont passionnantes. De leur nombre, l\u2019ossuaire probable de Ca\u00efphe, le souverain sacrificateur qui pr\u00e9sida une partie du proc\u00e8s de J\u00e9sus ; la d\u00e9couverte du nom du roi David sur une st\u00e8le aram\u00e9enne de Tel Dan ; le nom de Baruc, le scribe de J\u00e9r\u00e9mie (de m\u00eame que son empreinte digitale) ; et le sceau du roi \u00c9z\u00e9chias.<\/p>\n<h2>Contexte et milieux historiques, culturels, linguistiques et religieux<\/h2>\n<p>L\u2019arch\u00e9ologie a fourni de fascinantes perspectives historiques, culturelles, linguistiques et religieuses sur la chute de Lakis (2 R 18). Nous n\u2019avons pas seulement le r\u00e9cit biblique, mais aussi le r\u00e9cit imag\u00e9 de Sanch\u00e9rib, retrouv\u00e9 dans son palais, de m\u00eame que son propre rapport de la bataille. De plus, le site de Lakis a \u00e9t\u00e9 excav\u00e9, mettant au jour encore plus d\u2019\u00e9l\u00e9ments de la bataille. Ces d\u00e9couvertes ont fourni toutes sortes de d\u00e9tails sur cet \u00e9pisode biblique.<\/p>\n<h2>R\u00e9futer la critique contre l\u2019historicit\u00e9 de la Bible<\/h2>\n<p>La r\u00e9futation des d\u00e9fis que les critiques ont lanc\u00e9s au sujet de la v\u00e9racit\u00e9 historique de la Bible constitue le dernier secteur auquel l\u2019arch\u00e9ologie peut apporter sa contribution. Par exemple, pendant la derni\u00e8re partie du XIXe si\u00e8cle, lorsque la m\u00e9thode historico-critique devint largement accept\u00e9e, un exemple prit le pas sur d\u2019autres pour illustrer l\u2019inexactitude des faits : les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Belschatsar en tant que dernier roi de Babylone, tir\u00e9es du livre de Daniel. Certains \u00e9rudits, tel Ferdinand Hitzig dans son commentaire sur Daniel<sup>12<\/sup>, all\u00e8rent jusqu\u2019\u00e0 sugg\u00e9rer que Belschatsar \u00e9tait une pure invention de la part de l\u2019auteur du chapitre 5 de Daniel. Cependant, comme on le sait fort bien aujourd\u2019hui, en 1854, des cylindres d\u2019argile furent d\u00e9couverts dans l\u2019antique cit\u00e9 d\u2019Ur. Sur l\u2019un d\u2019entre eux, on peut lire une pri\u00e8re en faveur du roi Nabonide et de son fils \u2013 Belschatsar. D\u2019autres documents furent d\u00e9couverts par la suite, indiquant que le roi Nabonide pr\u00e9f\u00e9ra habiter \u00e0 Teima, dans le nord de l\u2019Arabie, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 Babylone, la capitale. Selon toute apparence, il \u00e9tablit son fils en tant que second du royaume \u2013 en fait, cor\u00e9gent. Ceci explique pourquoi Belschatsar offrit \u00e0 Daniel la troisi\u00e8me place du royaume, et non la seconde, cette derni\u00e8re \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 la sienne.<\/p>\n<p>Ici, il n\u2019est pas question de montrer comment l\u2019arch\u00e9ologie a prouv\u00e9 la v\u00e9racit\u00e9 de la Bible. Aucune de ces tablettes au sujet de Belschatsar ne se r\u00e9f\u00e8re aux derniers incidents fatidiques qui se produisirent dans la grande salle du palais o\u00f9, selon le livre de Daniel, le roi fut pes\u00e9 et trouv\u00e9 trop l\u00e9ger. Dans ce cas, l\u2019arch\u00e9ologie est plus efficace pour r\u00e9futer les d\u00e9clarations des critiques affirmant que Belschatsar n\u2019a pas exist\u00e9 que pour prouver la v\u00e9racit\u00e9 du r\u00e9cit biblique. La preuve arch\u00e9ologique qu\u2019un tel individu a vraiment exist\u00e9 est satisfaisante pour le croyant, certes, mais n\u2019est pas et ne devrait pas \u00eatre n\u00e9cessaire pour prouver l\u2019historicit\u00e9 de la Bible.<\/p>\n<p>Les critiques soul\u00e8vent une autre objection : la pr\u00e9sence apparente d\u2019anachronismes dans la Bible. Par anachronisme, nous entendons un \u00e9v\u00e8nement ou un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019une p\u00e9riode ult\u00e9rieure de l\u2019histoire rapport\u00e9 lors d\u2019une p\u00e9riode ant\u00e9rieure. Parmi les bons exemples, mentionnons les chameaux et les tentes auxquels les r\u00e9cits patriarcaux font allusion (Gn 12.16). On a avanc\u00e9 que les chameaux ne furent pas domestiqu\u00e9s avant le premier mill\u00e9naire av. J.-C., soit bien apr\u00e8s la suppos\u00e9e p\u00e9riode patriarcale du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire. De m\u00eame, on a avanc\u00e9 qu\u2019habiter sous la tente (comme dans l\u2019histoire d\u2019Abraham et de sa famille) \u00e9tait plus courant au cours du premier mill\u00e9naire que du deuxi\u00e8me. Les r\u00e9f\u00e9rences aux tentes et aux chameaux \u00e9tant, par cons\u00e9quent, anachroniques, elles mettent en doute la fiabilit\u00e9 historique des r\u00e9cits de la Gen\u00e8se o\u00f9 elles sont consign\u00e9es.<\/p>\n<p>Mes propres recherches sur les chameaux domestiqu\u00e9s montrent que ces critiques ont tort. Par exemple, en juillet 1998, lors d\u2019une excursion dans le Wadi Nasib du Sina\u00ef, j\u2019ai remarqu\u00e9 non loin d\u2019une st\u00e8le d\u2019Amm\u00e9n\u00e9m\u00e8s III le p\u00e9troglyphe d\u2019un chameau conduit par un homme, et des inscriptions protosina\u00eftiques (premi\u00e8re alphab\u00e9tisation). D\u2019apr\u00e8s la patine des p\u00e9troglyphes, les dates des inscriptions qui l\u2019accompagnaient et les restes arch\u00e9ologiques \u00e0 proximit\u00e9, ce p\u00e9troglyphe de chameau remonte \u00e0 la fin de l\u2019\u00e2ge de bronze, probablement pas plus tard que 1500 av. J.-C<sup>13<\/sup>. Il est clair que les \u00e9rudits qui ont ni\u00e9 la pr\u00e9sence de chameaux domestiques au cours du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire av. J.-C. se sont tromp\u00e9s en avan\u00e7ant l\u2019argument du silence, ou raisonnement n\u00e9gatif. On ne devrait pas permettre \u00e0 cette approche de semer le doute sur la v\u00e9racit\u00e9 de tout document historique, et encore moins des \u00c9critures.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>Jusqu\u2019ici, nous avons tent\u00e9 de d\u00e9crire le rapport entre l\u2019arch\u00e9ologie et l\u2019\u00e9tude des \u00c9critures \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un contexte qui accepte la Bible en tant que Parole de Dieu enti\u00e8rement inspir\u00e9e, et qui fait autorit\u00e9. Cette vision d\u00e9clare que la Bible fournit une histoire v\u00e9ridique et exacte de la relation entre Dieu et l\u2019humanit\u00e9 de la cr\u00e9ation \u00e0 nos jours. Le Dieu de la Bible \u00e9tant la source de la v\u00e9rit\u00e9 et de la justice, il nous invite \u00e0 l\u2019\u00e9prouver et \u00e0 examiner ses d\u00e9clarations. Nous pouvons le faire au moyen de nombreuses disciplines, y compris l\u2019arch\u00e9ologie. Les \u00c9critures nous rappellent que le Dieu de la Bible est venu partager notre espace-temps et notre parcours par sa Parole, son Fils et les \u00e9v\u00e8nements. Ainsi, par l\u2019histoire, nous pouvons rencontrer Dieu. En outre, parce que Dieu est aux commandes de l\u2019histoire, le chercheur qui a une relation avec lui peut mieux la comprendre. Par cons\u00e9quent, aucune recherche historique objective authentique n\u2019est possible sans une relation avec Dieu. Comme la Bible nous informe que les r\u00e9v\u00e9lations de Dieu sont vraies, les arch\u00e9ologues qui croient en la Bible ne se servent pas de leur discipline pour \u00e9prouver l\u2019authenticit\u00e9 des d\u00e9clarations scripturaires \u2013 l\u2019arch\u00e9ologie ne s\u2019\u00e9rige pas en juge des \u00c9critures. Cependant, on peut avantageusement se servir de l\u2019arch\u00e9ologie pour clarifier et corroborer les d\u00e9clarations des \u00c9critures, pour \u00e9difier les croyants, et pour montrer les lacunes des reconstructions historiques qui entrent en conflit avec les d\u00e9clarations bibliques. Finalement, l\u2019arch\u00e9ologie devrait avoir pour objectif d\u2019inspirer l\u2019humanit\u00e9 \u00e0 mieux comprendre sa relation r\u00e9demptrice avec Dieu, le Cr\u00e9ateur.<\/p>\n<p class=\"about\">Randall W.Younker (titulaire d\u2019un doctorat de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Arizona) enseigne l\u2019Ancien Testament et l\u2019arch\u00e9ologie biblique au S\u00e9minaire adventiste de th\u00e9ologie de l\u2019Universit\u00e9 Andrews, Berrien Springs, Michigan, o\u00f9 il est aussi directeur de l\u2019Institut d\u2019arch\u00e9ologie et du mus\u00e9e Siegfried Horn.<\/p>\n<blockquote><p>Cet article est quelque peu adapt\u00e9 de l\u2019ouvrage\u00a0<i>Always Prepared<\/i>\u00a0(\u00e9d. H. Rasi et N. Vyhmeister). Imprim\u00e9 avec permission.<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>Randall W. Younker, \u00ab Jusqu\u2019\u00e0 quel point les d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques confirment-elles la Bible ? \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a027 (2015\/2), p. 5-8<\/p>\n<h2>R\u00c9F\u00c9RENCES<\/h2>\n<section class=\"references\">\n<ol>\n<li>Ronald Nash,\u00a0<i>Christian Faith and Historical Understanding<\/i>, Zondervan, Grand Rapids, MI., 1984.<\/li>\n<li>Gerhard Maier,\u00a0<i>Biblical Hermeneutics<\/i>, tr. R. W. Yarbrough, Crossway, Wheaton, IL, 1994.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>. p. 219.<\/li>\n<li>C. F. H. Henry,\u00a0<i>Revelation and Authority<\/i>, Word Books, Waco, TX : 1976, p. 11.<\/li>\n<li>Maier, p. 210.<\/li>\n<li>Nash, p. 149.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li>A. Willis,\u00a0<i>Archaeology in Adventist Literature : 1937- 1980<\/i>, Andrews University Press, Berrien Springs, MI., 1982, 560nl.<\/li>\n<li>H. Darrell Lance,\u00a0<i>The Old Testament and the Archaeologist<\/i>, Fortress Press, Philadelphie, 1981, p. 66.<\/li>\n<li>Austen H. Layard,\u00a0<i>Discoveries in the Ruins of Nineveh and Babylon<\/i>, Londres, John Murray, 1883.<\/li>\n<li>P. R . S. Moorey,\u00a0<i>A Century of Biblical Archaeology<\/i>, Westminster John Knox Press, Louisville, KY, 1991, p. 11.<\/li>\n<li>F. Hitzig,\u00a0<i>Das Buch Daniel<\/i>, Weidmann, Leipzig, 1850, p. 75.<\/li>\n<li>Randall W. Younker, \u00ab Late Bronze Age Camel Petroglyphs in the Wadi Nasib, Sinai \u00bb,\u00a0<i>Near East Archaeological Society Bulletin<\/i>\u00a042, 1977, p. 47-54.<\/li>\n<\/ol>\n<\/section>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<p><\/main><\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2019 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Randall W. Younker L\u2019arch\u00e9ologie n\u2019a pas pour objectif de prouver la Bible. Conf\u00e9rer \u00e0 cette discipline une telle position d\u2019autorit\u00e9, c\u2019est soumettre l\u2019autorit\u00e9 ins\u00e9parable de la Bible \u00e0 une autre autorit\u00e9. La Bible est-elle vraie ? Pourquoi cette question continue-t-elle de hanter la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine ? C\u2019est une chose de lire, et m\u00eame d\u2019appr\u00e9cier ses [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":1357,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[220,218],"tags":[641,291],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1355"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1355"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1355\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1357"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1355"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1355"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1355"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}