{"id":1304,"date":"2019-07-28T09:00:38","date_gmt":"2019-07-28T09:00:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=1304"},"modified":"2019-08-04T11:11:27","modified_gmt":"2019-08-04T11:11:27","slug":"le-defi-du-postmodernisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/le-defi-du-postmodernisme\/","title":{"rendered":"Le d\u00e9fi du postmodernisme"},"content":{"rendered":"<p><main class=\"layout-version-1\"><\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"byline\">Gary Land<\/p>\n<p>Dieu est mort\u00a0! Voici, je vous montre le surhomme. Ainsi parlait Nietzsche, le philosophe allemand du XIX\u00e8me si\u00e8cle, en donnant naissance au postmodernisme.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que le postmodernisme\u00a0? Avant de d\u00e9finir le terme, nous devons comprendre ce qu\u2019est le modernisme. En deux mots, c\u2019est le mouvement qui a mis en valeur la raison et dont la science est l\u2019expression la plus compl\u00e8te. Avec au d\u00e9part des philosophes comme Locke, Kant, Hegel, le modernisme cherchait \u00e0 comprendre le monde \u00e0 travers la raison. Des scientifiques comme Bacon et Newton consid\u00e9raient que la r\u00e9alit\u00e9 physique fonctionnait \u00e0 partir de lois naturelles. Ils ont cr\u00e9\u00e9 une science moderne aux m\u00e9thodes empiriques et aux interpr\u00e9tations rationnelles. Le Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res a essay\u00e9 d\u2019appliquer la raison et la science \u00e0 l\u2019ensemble de la r\u00e9alit\u00e9, une tentative que les postmodernistes appellent p\u00e9jorativement le \u00ab\u00a0Projet des Lumi\u00e8res\u00a0\u00bb. Le XIX\u00e8me si\u00e8cle a vu les efforts de Henri Buckle, Auguste Comte et Karl Marx pour transformer l\u2019\u00e9tude de la soci\u00e9t\u00e9 humaine, actuelle et pass\u00e9e, en des disciplines qui d\u00e9couvriraient des lois similaires \u00e0 celles trouv\u00e9es dans la nature. Le XX\u00e8me si\u00e8cle a mis en valeur l\u2019application de la m\u00e9thode scientifique aux disciplines acad\u00e9miques. Ce faisant, le modernisme a entra\u00een\u00e9 une d\u00e9gradation de l\u2019environnement, le totalitarisme au nom de la science, des guerres mondiales utilisant les technologies les plus avanc\u00e9es et la destruction atomique.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h2>Postmodernisme\u00a0: un peu d\u2019histoire<sup>1<\/sup><\/h2>\n<p><strong>Nietzsche\u00a0: la r\u00e9alit\u00e9 est ce que je cr\u00e9e.<\/strong>\u00a0Nietzsche est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re ou le pr\u00e9curseur du postmodernisme. En annon\u00e7ant la mort de Dieu, il a soulign\u00e9 que les choses n\u2019avaient plus de base fondamentale, qu\u2019il n\u2019y avait plus de fondement sur lequel on pouvait reposer ses croyances. Les \u00eatres humains ont donc et l\u2019opportunit\u00e9 et la responsabilit\u00e9 de cr\u00e9er leur propre monde.<\/p>\n<p>Mais il y a un probl\u00e8me. Nietzsche a dit que la connaissance des choses comme elles existent r\u00e9ellement est impossible. Ce que nous croyons \u00eatre connaissance est une cr\u00e9ation humaine, une illusion ou une production artistique. Le langage avec lequel nous exprimons notre connaissance est un monde contenu en lui-m\u00eame, enti\u00e8rement s\u00e9par\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure et purement arbitraire dans sa formation. Ce que nous appelons v\u00e9rit\u00e9 est donc une invention humaine.<\/p>\n<p><em>Heidegger\u00a0: la r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est l\u2019\u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb.<\/em>\u00a0La deuxi\u00e8me figure importante \u00e0 influencer le postmodernisme est Martin Heidegger, le philosophe allemand du XX\u00e8me si\u00e8cle. Etant essentiellement d\u2019accord avec le point de vue de Nietzsche selon lequel le langage cr\u00e9e la r\u00e9alit\u00e9, il a b\u00e2ti une bonne partie de sa compr\u00e9hension du langage \u00e0 partir d\u2019exemples artistiques, et sa position envers celui-ci \u00e9tait mystique, voire religieuse. Plut\u00f4t que d\u2019analyser le langage, il voulait arriver \u00e0 le vivre, et en le vivant entrer en contact avec l\u2019\u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><em>Foucault\u00a0: la r\u00e9alit\u00e9 est une lib\u00e9ration continuelle.<\/em>\u00a0Dans la p\u00e9riode qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, plusieurs penseurs fran\u00e7ais ont \u00e9t\u00e9 attir\u00e9s par les id\u00e9es de Nietzsche et de Heidegger. Michel Foucault et Jacques Derrida furent les plus importants pour le d\u00e9veloppement du postmodernisme. La connaissance \u00e9tant tentative de contr\u00f4le et d\u2019assujettissement, disait Foucault, elle ne peut pas \u00eatre objective. Il en concluait que l\u2019intellectuel devait remettre en cause cet ordre dans un programme de lib\u00e9ration continuel. Le langage qui exprime la connaissance n\u2019est que du discours \u2014 des mots et des id\u00e9es en relation avec d\u2019autres mots et d\u2019autres id\u00e9es, plut\u00f4t qu\u2019avec les choses en elles-m\u00eames \u2014 permettant ainsi \u00e0 un discours existant de remettre en cause un discours oppos\u00e9. C\u2019est pourquoi Foucault \u00e9tait du c\u00f4t\u00e9 des groupes exclus ou marginaux, surtout des homosexuels, afin de renverser l\u2019ordre existant. Mais si l\u2019un de ces groupes marginaux devait devenir le groupe dominant, il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 s\u2019allier avec un autre groupe marginal pour s\u2019opposer \u00e0 l\u2019ordre oppresseur nouvellement cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n<p><em>Derrida\u00a0: aucun sens \u00e9vident en soi.<\/em>\u00a0Jacques Derrida est aussi pr\u00e9occup\u00e9 par le langage. N\u2019ayant pas la vision imm\u00e9diate de la r\u00e9alit\u00e9, nous d\u00e9pendons de la parole et de l\u2019\u00e9criture. Mais ces deux concepts sont ambigus et ne transmettent pas n\u00e9cessairement ce que nous voudrions qu\u2019ils transmettent. C\u2019est pourquoi Derrida a propos\u00e9 de \u00ab\u00a0d\u00e9construire\u00a0\u00bb les textes, ce qui comprend l\u2019analyse de l\u2019\u00e9tymologie des mots, des jeux de mots fortuits et des lapsus freudiens, dans une tentative pour d\u00e9montrer qu\u2019ils n\u2019ont pas de sens \u00e9vident en eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les diff\u00e9rences importantes entre ces quatre penseurs, ce sont eux qui ont pos\u00e9 les bases philosophiques du postmodernisme \u00e0 travers trois contributions. Premi\u00e8rement, les \u00eatres humains n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et donc aucun moyen de percevoir la v\u00e9rit\u00e9. Deuxi\u00e8mement, la r\u00e9alit\u00e9 est inaccessible parce que nous sommes coinc\u00e9s dans la prison du langage, qui dicte nos pens\u00e9es avant que nous ne pensions et parce que nous ne pouvons pas exprimer ce que nous pensons. Troisi\u00e8mement, nous cr\u00e9ons la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 travers le langage, et la nature de la r\u00e9alit\u00e9 est donc d\u00e9termin\u00e9e par quiconque a le pouvoir de former le langage.<\/p>\n<h2>Le postmodernisme et les sciences humaines<\/h2>\n<p>Le postmodernisme a commenc\u00e9 en tant que mouvement intellectuel reconnu \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante et au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix.<sup>2<\/sup>\u00a0Un examen des \u00e9crits du postmodernisme et \u00e0 son sujet r\u00e9v\u00e8le de fa\u00e7on frappante la mise en valeur de la nature changeante et fragmentaire du mouvement. Quelques-uns des effets de ces mises en valeur sur les sciences humaines peuvent \u00eatre r\u00e9sum\u00e9s comme suit.<\/p>\n<p><strong>L\u2019antifondationalisme.<\/strong>\u00a0En fait, le postmodernisme est souvent appel\u00e9 antifondationalisme. Il provient d\u2019une compr\u00e9hension du langage en tant que r\u00e9alit\u00e9 contenue en elle-m\u00eame. C\u2019est ainsi que Jean Baudrillard peut dire que nous devons laisser la place \u00ab\u00a0\u00e0 toutes les interpr\u00e9tations possibles, m\u00eame les plus contradictoires \u2014 toutes sont vraies, dans le sens o\u00f9 leur v\u00e9rit\u00e9 est \u00e9changeable.\u00a0\u00bb<sup>3<\/sup>\u00a0Rappelant Foucault, Zygmunt Bauman \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 est&#8230; une\u00a0<em>relation sociale<\/em>\u00a0(comme\u00a0<em>la puissance<\/em>,\u00a0<em>la propri\u00e9t\u00e9<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>la libert\u00e9<\/em>)\u00a0: un aspect d\u2019une hi\u00e9rarchie faite d\u2019unit\u00e9s sup\u00e9riorit\u00e9-inf\u00e9riorit\u00e9\u00a0; plus pr\u00e9cis\u00e9ment, un aspect d\u2019une forme de domination h\u00e9g\u00e9monique ou une pr\u00e9tention \u00e0 la domination par l\u2019h\u00e9g\u00e9monie.\u00a0\u00bb<sup>4<\/sup>\u00a0C\u2019est pourquoi les postmodernistes parlent souvent de textes, d\u2019id\u00e9es et de langages \u00ab\u00a0privil\u00e9gi\u00e9s\u00a0\u00bb, dont l\u2019importance, supposent-ils, ne vient pas de qualit\u00e9s inh\u00e9rentes mais de relations de pouvoir hi\u00e9rarchiques.<\/p>\n<p><strong>L\u2019importance de \u00ab\u00a0l\u2019autre\u00a0\u00bb.<\/strong>\u00a0Parce qu\u2019il consid\u00e8re la v\u00e9rit\u00e9 comme un symbole ou une expression du pouvoir, le postmodernisme souligne l\u2019importance de ce qu\u2019il appelle souvent \u00ab\u00a0l\u2019autre\u00a0\u00bb\u00a0: les groupes marginaux comme les gens de couleur, les femmes, les homosexuels et les peuples du tiers-monde, qui peuvent remettre en cause le \u00ab\u00a0centre\u00a0\u00bb ou le si\u00e8ge du pouvoir. Dans une affirmation typique, Henri Giroux soutient que\u00a0: \u00ab\u00a0En remettant en cause les notions de raison universelle, d\u2019\u00e9laboration d\u2019un sujet humaniste et blanc, et de l\u00e9gitimation s\u00e9lective de la haute culture comme mod\u00e8les de la pratique culturelle, la critique postmoderniste a \u00e9tal\u00e9 au grand jour comment, dans ses efforts pour maintenir des relations de pouvoir h\u00e9g\u00e9moniques, des discours d\u2019identit\u00e9 eurocentristes et am\u00e9ricains \u00e9liminent la diff\u00e9rence, l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et la multiplicit\u00e9.\u00a0\u00bb<sup>5<\/sup><\/p>\n<p><strong>L\u2019expression du postmodernisme dans la critique litt\u00e9raire.<\/strong>\u00a0Avec sa mise en valeur du langage, il n\u2019est pas surprenant que le postmodernisme ait vu probablement sa plus ample expression dans la critique litt\u00e9raire. Stanley Fish en est un exemple. Il est une figure de proue du mouvement litt\u00e9raire connu comme la th\u00e9orie \u00ab\u00a0r\u00e9action du lecteur\u00a0\u00bb. Dans son livre\u00a0<em>Is There a Text in This Class?<\/em>\u00a0il avance la supposition moderniste selon laquelle un texte litt\u00e9raire a une identit\u00e9 fixe que le critique doit d\u00e9couvrir. Au cours de son \u00e9volution intellectuelle, Fish a d\u2019abord pr\u00e9tendu que le texte a une structure qui est la m\u00eame pour tous les lecteurs, mais que la signification de l\u2019\u0153uvre r\u00e9side dans l\u2019exp\u00e9rience de chaque lecteur. Cependant, apr\u00e8s un examen plus approfondi, il a d\u00e9termin\u00e9 que c\u2019est le lecteur qui d\u00e9cide quelles sont les structures formelles importantes. Plus tard, il a trouv\u00e9 que le lecteur apportait lui-m\u00eame ces structures formelles. Finalement, il a conclu que le lecteur n\u2019agit pas ind\u00e9pendamment mais fait partie d\u2019une communaut\u00e9 interpr\u00e9tative qui cr\u00e9e la mani\u00e8re dont le lecteur comprend le texte.<sup>6<\/sup><\/p>\n<p>D\u2019autres \u00e9coles de critique, dont le formalisme, la s\u00e9miotique, la d\u00e9construction, le f\u00e9minisme et le n\u00e9o-marxisme, ont aussi d\u00e9centr\u00e9 l\u2019auteur et le texte de mani\u00e8res diff\u00e9rentes. Le critique pratique la critique comme une autre forme d\u2019art \u2014 comme un texte en relation avec d\u2019autres textes \u2014 parce qu\u2019il n\u2019est plus possible de d\u00e9finir le \u00ab\u00a0sens du texte par rapport \u00e0 n\u2019importe quel crit\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement valide de valeur, de connaissance et de v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb.<sup>7<\/sup><\/p>\n<p>C\u2019est une telle approche th\u00e9orique qui se cache derri\u00e8re les attaques du suppos\u00e9 \u00ab\u00a0canon\u00a0\u00bb de la litt\u00e9rature occidentale. Alors que certains veulent simplement l\u2019\u00e9largir pour y inclure \u00ab\u00a0d\u2019autres voix\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les femmes et les minorit\u00e9s ethniques, d\u2019autres ont attaqu\u00e9 la notion m\u00eame que les classiques sont d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre des ouvrages sup\u00e9rieurs. A leurs yeux, ces \u00e9crits ont plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s des classiques parce qu\u2019une structure de pouvoir blanche, masculine et h\u00e9t\u00e9rosexuelle les a d\u00e9clar\u00e9s tels.<\/p>\n<h2>Le postmodernisme et l\u2019histoire<\/h2>\n<p>L\u2019histoire a mis plus longtemps \u00e0 r\u00e9agir \u00e0 l\u2019impulsion du postmodernisme, en partie parce que beaucoup d\u2019historiens ne se sont pas int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tayage th\u00e9orique de cette discipline.<sup>8<\/sup>\u00a0Hayden White, cependant, a affirm\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix qu\u2019il existait une grande similarit\u00e9 entre l\u2019histoire et la litt\u00e9rature dans leur forme et dans leur but. De plus, observa-t-il, il semble \u00ab\u00a0qu\u2019il y ait un composant id\u00e9ologique irr\u00e9ductible dans tout r\u00e9cit historique de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb.<sup>9<\/sup><\/p>\n<p>D\u2019autres historiens, surtout en histoire culturelle et intellectuelle, ont repris ce th\u00e8me. Dominick LaCapra a d\u00e9crit l\u2019historien comme \u00e9tant en dialogue avec le pass\u00e9, d\u00e9cidant de \u00ab\u00a0ce qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pr\u00e9serv\u00e9, r\u00e9habilit\u00e9 ou transform\u00e9, d\u2019un \u0153il critique, en tradition\u00a0\u00bb.<sup>10<\/sup>\u00a0De pair avec le philosophe influent Jean-Fran\u00e7ois Lyotard, qui remit en cause la possibilit\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tations de l\u2019histoire incluant tout, les historiens rejet\u00e8rent de plus en plus la notion d\u2019objectivit\u00e9. \u00ab\u00a0L\u2019histoire, \u00e9crit Henri Glassie, \u2014 qui est comme le mythe, puissante, suggestive et in\u00e9vitablement fragmentaire \u2014, existe pour \u00eatre alt\u00e9r\u00e9e, pour \u00eatre transform\u00e9e sans fin, annon\u00e7ant des ordres sociaux jamais encore imagin\u00e9s.\u00a0\u00bb<sup>11<\/sup><\/p>\n<p>Comme en \u00e9tude litt\u00e9raire, les historiens ont cherch\u00e9 de plus en plus \u00e0 apporter de nouvelles voix et de nouvelles perspectives \u2014 les Noirs am\u00e9ricains, les Indiens d\u2019Am\u00e9rique, les femmes, les homosexuels, les petites classes comme les ouvriers, les commer\u00e7ants, les paysans et les peuples colonis\u00e9s \u2014 dans leurs r\u00e9cits. Ils ont souvent suivi le th\u00e8me de l\u2019oppression, notamment en connexion avec la diffusion du christianisme et du colonialisme occidental. Toutefois, ils vont plus loin que simplement apporter de nouvelles voix. A pr\u00e9sent, ils cherchent aussi \u00e0 d\u00e9coder le langage afin de r\u00e9v\u00e9ler les relations de pouvoir et de genre ou les r\u00e9alit\u00e9s psychologiques derri\u00e8re les \u00e9v\u00e8nements. Et de la m\u00eame mani\u00e8re que certains critiques litt\u00e9raires, ils cherchent \u00e0 renverser les hi\u00e9rarchies historiques.<\/p>\n<p>Dans un commentaire sur le d\u00e9bat au sujet de ces nouvelles pouss\u00e9es qui fait rage chez les historiens, l\u2019historienne f\u00e9ministe Joan Wallach Scott d\u00e9crit la mani\u00e8re postmoderniste d\u2019aborder l\u2019histoire et en met la m\u00e9thode en pratique\u00a0: \u00ab\u00a0La connaissance que nous produisons est contextuelle, relative, sujette \u00e0 r\u00e9vision et \u00e0 d\u00e9bat et jamais absolue.\u00a0\u00bb Elle continue en disant\u00a0: \u00ab\u00a0On ne peut pas renier la partialit\u00e9 et la particularit\u00e9 des r\u00e9cits, et par extension, de tous les r\u00e9cits relat\u00e9s par les historiens. Finalement, c\u2019est la pluralit\u00e9 des r\u00e9cits et des sujets de ces r\u00e9cits, ainsi que l\u2019absence d\u2019un r\u00e9cit unique, que les conservateurs trouvent intol\u00e9rables parce que cela \u00e9branle la l\u00e9gitimation de leur qu\u00eate pour la domination.\u00a0\u00bb<sup>12<\/sup><\/p>\n<p>Nous devons reconna\u00eetre que le postmodernisme n\u2019est pas tout d\u2019une pi\u00e8ce. Alors que d\u2019une part certains pr\u00e9tendent que l\u2019\u00e9rudition est fiction, d\u2019autres sugg\u00e8rent qu\u2019il existe un rapport entre la connaissance et le monde r\u00e9el. Autrement dit, certaines versions du postmodernisme sont plus conservatrices et d\u2019autres plus radicales. Mais c\u2019est ce m\u00eame pluralisme dans l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit postmoderniste qui en sugg\u00e8re la nature fondamentale. \u00ab\u00a0A proprement parler, il n\u2019y a pas de \u201c conception postmoderniste du monde \u201d, ni la possibilit\u00e9 qu\u2019il y en ait une, \u00e9crit Richard Tarnas. Le paradigme postmoderniste est, par sa nature, fondamentalement \u201c d\u00e9constructeur \u201d de tous les paradigmes, car en son noyau se trouve une conscience de la r\u00e9alit\u00e9 comme \u00e9tant \u00e0 la fois multiple, locale et temporelle, et sans fondement d\u00e9montrable.\u00a0\u00bb<sup>13<\/sup><\/p>\n<h2>R\u00e9pondre au postmodernisme<\/h2>\n<p>Comment r\u00e9pondrons-nous au postmodernisme\u00a0? De toute \u00e9vidence, il remet en cause tous les concepts qui ont guid\u00e9 la civilisation occidentale depuis 400 ans ou plus. Sa diffusion dans les milieux universitaires et dans la culture g\u00e9n\u00e9rale exige que nous le prenions au s\u00e9rieux.<\/p>\n<p><strong>Contradictions internes.<\/strong>\u00a0Tout d\u2019abord, on constate plusieurs contradictions internes dans le postmodernisme. Bien que beaucoup de postmodernistes affirment que nous n\u2019avons aucun contact avec la r\u00e9alit\u00e9 et que nous ne pouvons donc pas \u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9, cet argument m\u00eame \u00e9tablit une v\u00e9rit\u00e9 sur la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>De m\u00eame, dans sa croyance en une crise, dans son r\u00e9cit historique du changement de moderne \u00e0 postmoderne et dans sa critique du \u00ab\u00a0Projet des Lumi\u00e8res\u00a0\u00bb, le postmodernisme \u00e9crit son propre m\u00e9ta-r\u00e9cit de la culture occidentale, qui semble ne pas tenir compte du m\u00eame pluralisme qu\u2019il dit se trouver au c\u0153ur du processus historique. Le romantisme, le traditionalisme et la religion ont tous et remis en cause la supr\u00e9matie de la raison et jou\u00e9 d\u2019importants r\u00f4les dans la formation de notre culture. Pourtant, ils semblent dispara\u00eetre dans le paradigme du \u00ab\u00a0Projet des Lumi\u00e8res\u00a0\u00bb postul\u00e9 par les postmodernistes.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 son reniement des absolus, l\u2019int\u00e9r\u00eat du postmodernisme pour la domination et l\u2019oppression r\u00e9v\u00e8le son propre ensemble d\u2019absolus moraux. Dans les \u00e9crits postmodernistes, des termes comme tol\u00e9rance, justice et d\u00e9mocratie apparaissent souvent en tant que valeurs morales pour juger la soci\u00e9t\u00e9 existante. Mais si nous ne pouvons conna\u00eetre aucun absolu, il semble qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019autre raison que la pr\u00e9f\u00e9rence pour choisir ces valeurs particuli\u00e8res\u00a0; et si c\u2019est la pr\u00e9f\u00e9rence qui d\u00e9termine nos valeurs, elles paraissent alors perdre leur force morale.<\/p>\n<p>Ces contradictions internes du postmodernisme viennent confirmer l\u2019opinion de beaucoup d\u2019experts selon laquelle plut\u00f4t qu\u2019une nouvelle conception \u2014 ou \u00ab\u00a0anticonception\u00a0\u00bb \u2014 du monde, le postmodernisme est en fait la conclusion logique du modernisme. S\u2019il en est ainsi, il n\u2019est pas surprenant que le postmodernisme ch\u00e9risse encore certaines des valeurs du modernisme, m\u00eame s\u2019il a s\u00e9par\u00e9 ces valeurs de leurs fondements.<\/p>\n<p><strong>Probl\u00e8mes pratiques.<\/strong>\u00a0Le postmodernisme pose aussi des probl\u00e8mes pratiques. Bien que la plupart des postmodernistes croient que le langage nous s\u00e9pare de la r\u00e9alit\u00e9, cela n\u2019explique pas de fa\u00e7on ad\u00e9quate la totalit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience humaine. Alan Megill, un historien sympathique au postmodernisme, \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0On peut tout appeler \u201c illusion \u201d si l\u2019on veut, comme on peut tout appeler \u201c discours \u201d ou \u201c texte \u201d. Mais cela n\u2019abolit pas la distinction entre, disons, une interpr\u00e9tation de l\u2019exp\u00e9rience d\u2019\u00eatre renvers\u00e9 par un camion et l\u2019exp\u00e9rience elle-m\u00eame \u2014 une distinction dont doivent tenir compte tous les langages s\u2019il veulent fonctionner \u00e0 partir de quelque chose d\u2019autre qu\u2019un niveau purement fantastique.\u00a0\u00bb<sup>14<\/sup><\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, il existe une connexion entre le langage et la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure que le postmodernisme ne reconna\u00eet pas suffisamment. Par exemple, Evelyn Fox, historienne f\u00e9ministe de la science, pr\u00e9tend que la science moderne doit \u00eatre comprise comme le produit d\u2019une hi\u00e9rarchie masculine privil\u00e9gi\u00e9e. Mais elle s\u2019interroge quand m\u00eame sur le fait que cette connaissance \u00ab\u00a0sexu\u00e9e\u00a0\u00bb ait si bien fonctionn\u00e9. \u00ab\u00a0Quelles que soient les explications philosophiques que nous acceptions, \u00e9crit-elle, il n\u2019en demeure pas moins que la vision particuli\u00e8re de la science que des hommes comme Bacon ont contribu\u00e9 \u00e0 formuler a, au fil du temps, plus qu\u2019accompli les proph\u00e9ties de celui-ci, produisant une sorte et un degr\u00e9 de pouvoir surpassant ses r\u00eaves les plus fous. La science telle que nous la connaissons fonctionne trop bien.\u00a0\u00bb Bien que Keller reconnaisse une connexion \u00ab\u00a0l\u00e2che\u00a0\u00bb entre la science et la r\u00e9alit\u00e9 physique, elle la consid\u00e8re limit\u00e9e et affirme que nous avons besoin \u00ab\u00a0d\u2019une meilleure compr\u00e9hension de ce que nous entendons par\u00a0: la science \u201c fonctionne \u201d, et surtout, du\u00a0<em>but<\/em>\u00a0de ce fonctionnement. Ce qu\u2019il faut, c\u2019est un r\u00e9examen de la signification du succ\u00e8s.\u00a0\u00bb<sup>15<\/sup><\/p>\n<p>Un autre probl\u00e8me pratique pos\u00e9 par le postmodernisme, et peut-\u00eatre le plus important, est la question de savoir si une soci\u00e9t\u00e9 ou civilisation peut \u00eatre construite sans fondement ou sans absolus. L\u2019un des principaux postmodernistes am\u00e9ricains, Richard Rorty, pr\u00e9tend que dans un monde o\u00f9 les v\u00e9rit\u00e9s n\u2019existent pas et ne peuvent pas exister, tout ce dont nous avons besoin est la tol\u00e9rance mutuelle.<sup>16<\/sup>\u00a0Mais la tol\u00e9rance mutuelle est-elle d\u2019une force morale suffisante pour pr\u00e9server une soci\u00e9t\u00e9 mise au d\u00e9fi soit au dedans soit au dehors par des voix de dissension qui avancent une vision diff\u00e9rente, peut-\u00eatre fond\u00e9e sur des absolus moraux\u00a0? La tol\u00e9rance mutuelle est-elle suffisante pour motiver les g\u00e9n\u00e9rations futures \u00e0 maintenir une civilisation sans fondation plus s\u00fbre que la pr\u00e9f\u00e9rence\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Les pr\u00e9occupations du chr\u00e9tien.<\/strong>\u00a0Certains chr\u00e9tiens ont vu le postmodernisme, avec son int\u00e9r\u00eat pour \u00ab\u00a0l\u2019autre\u00a0\u00bb, son souci pour la pluralit\u00e9 des choix et son rejet de la domination de la raison et de la science comme pr\u00e9sentant une situation plus favorable que le modernisme au christianisme. Arthur J. DeJong, par exemple, d\u00e9clare que le postmodernisme \u00ab\u00a0met en valeur ouverture d\u2019esprit et diversit\u00e9, il r\u00e9introduit myst\u00e8re et contemplation. S\u2019il n\u2019exige pas la transcendance, il la permet, peut-\u00eatre m\u00eame qu\u2019il la sugg\u00e8re.\u00a0\u00bb<sup>17<\/sup><\/p>\n<p>Si cette affirmation est correcte dans une certaine mesure, elle semble aussi na\u00efve. Le postmodernisme permet la transcendance, la contemplation et le myst\u00e8re parce qu\u2019il n\u2019accepte aucune explication comme vraie ou, en d\u2019autres termes, parce qu\u2019il consid\u00e8re toutes les explications comme \u00e9tant \u00e9galement vraies. Le christianisme peut \u00eatre admis dans la discussion ou dans le discours seulement s\u2019il abandonne toute pr\u00e9tention \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 absolue.<\/p>\n<p>En tant que chr\u00e9tiens, nous pouvons \u00eatre d\u2019accord \u2014 et en apprendre beaucoup \u2014 avec une bonne partie du postmodernisme quand il affirme que notre connaissance est limit\u00e9e, que la raison est une voie inadapt\u00e9e \u00e0 l\u2019absolu, et que le langage forme et emprisonne la pens\u00e9e. Apr\u00e8s tout, Paul a dit que \u00ab\u00a0nous voyons au moyen d\u2019un miroir, d\u2019une mani\u00e8re obscure\u00a0\u00bb (1 Corinthiens 13\u00a0: 12). Le probl\u00e8me est qu\u2019en tant que chr\u00e9tiens, nous croyons en des absolus r\u00e9v\u00e9l\u00e9s, alors que les postmodernistes n\u2019y croient pas. Gene Edward Veith observe que \u00ab\u00a0les modernistes d\u00e9montreraient de plusieurs mani\u00e8res que le christianisme n\u2019est pas vrai. On n\u2019entend presque plus cette objection. La critique la plus commune aujourd\u2019hui, c\u2019est que \u201c les chr\u00e9tiens croient d\u00e9tenir la seule v\u00e9rit\u00e9. \u201d\u00a0\u00bb<sup>18<\/sup><\/p>\n<p>En contraste avec le reniement par le postmodernisme de tout m\u00e9ta-r\u00e9cit, les chr\u00e9tiens croient que la \u00ab\u00a0petite histoire\u00a0\u00bb, comme l\u2019appelle Lyotard, de la naissance de J\u00e9sus, de sa crucifixion et de sa r\u00e9surrection s\u2019est non seulement pass\u00e9e, mais qu\u2019elle est l\u2019\u00e9l\u00e9ment-clef dans le m\u00e9ta-r\u00e9cit de l\u2019histoire cosmique \u2014 ce que les adventistes appellent \u00ab\u00a0le grand conflit\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0la grande controverse\u00a0\u00bb. De plus, les chr\u00e9tiens affirment que notre relation personnelle par rapport \u00e0 cette histoire globale d\u00e9termine notre destin\u00e9e \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>On ne doit pas conclure \u00e0 partir de la liste de probl\u00e8mes \u00e9voqu\u00e9s plus haut qu\u2019il faille rejeter le postmodernisme en bloc. Nous sommes ind\u00e9niablement et in\u00e9vitablement influenc\u00e9s par la culture qui nous entoure. Mais nous devons aussi nous efforcer de rester en contre-courant de la culture, d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois hors du modernisme et hors du postmodernisme, les \u00e9valuant de fa\u00e7on critique et identifiant les points communs o\u00f9 un dialogue peut commencer. Avec le postmodernisme, des \u00e9l\u00e9ments comme les limitations de la raison, l\u2019acceptation de voies non rationnelles vers la connaissance et l\u2019int\u00e9r\u00eat pour la justice, entre autres caract\u00e9ristiques, peuvent \u00eatre des points communs \u00e0 l\u2019origine d\u2019une discussion. Mais nous entrons dans ce dialogue avec nos amis postmodernistes en sachant que notre discours n\u2019est pas seulement inter textuel \u2014 pour utiliser la terminologie postmoderniste \u2014 mais bas\u00e9 sur la foi en Dieu qui s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 nous \u00e0 la fois \u00e0 travers la Parole \u00e9crite et \u00e0 travers la \u00ab\u00a0Parole&#8230; faite chair\u00a0\u00bb (Jean 1\u00a0: 14).<\/p>\n<p class=\"about\">Gary Land (Ph.D., University of California, Santa Barbara) est directeur du d\u00e9partement d\u2019histoire \u00e0 Andrews University. Il a \u00e9dit\u00e9\u00a0<em>Adventism in America<\/em>\u00a0(Eerdmans, 1986) et\u00a0<em>The World of Ellen G. White<\/em>\u00a0(Review and Herald, 1987), et publi\u00e9 plusieurs articles dans des revues professionnelles. Son adresse\u00a0: Andrews University\u00a0; Berrien Springs, MI 49104\u00a0; U.S.A.<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>LAND Gary, \u00ab Le d\u00e9fi du postmodernisme \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a08 (1996\/1), p. 5-8<\/p>\n<h2>Notes et r\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<section class=\"references\">\n<ol>\n<li>Cette \u00e9tude est bas\u00e9e sur Allan Megill,\u00a0<em>Prophets of Extremity\u00a0: Nietzsche, Heidegger, Foucault, Derrida<\/em>\u00a0(Berkeley\u00a0: University of California Press, 1985).<\/li>\n<li>Pour des \u00e9tudes int\u00e9ressantes de la pens\u00e9e postmoderniste, voir Richard Tarnas,\u00a0<em>The Passion of the Western Mind\u00a0: Understanding the Ideas That Have Shaped Our Worldview<\/em>\u00a0(New York, Ballentine Books, 1991), p. 395-413\u00a0; Marvin Perry,\u00a0<em>An Intellectual History of Modern Europe<\/em>\u00a0(Boston\u00a0: Houghton Mifflin Company, 1992), p. 471-485.<\/li>\n<li>Jean Baudrillard\u00a0: \u00ab\u00a0The Precession of Simulacra\u00a0\u00bb, dans\u00a0<em>A Postmodern Reader<\/em>, Joseph Natoli et Linda Hutcheon, \u00e9diteurs (Albany\u00a0: State University of New York Press, 1993), p. 355.<\/li>\n<li>Zygmunt Bauman\u00a0: \u00ab\u00a0Postmodernity, or Living with Ambivalence\u00a0\u00bb, dans Natoli et Hutcheon, p. 11.<\/li>\n<li>Henri Giroux\u00a0: \u00ab\u00a0Postmodernism as Border Pedagogy\u00a0: Redifining the Borders of Race and Ethnicity\u00a0\u00bb dans Natoli et Hutcheon, p. 467.<\/li>\n<li>Stanley Fish,\u00a0<em>Is There a Text in This Class? The Authority of Interpretive Communities<\/em>\u00a0(Cambridge, Massachussets\u00a0: Harvard University Press, 1980), p. 4, 5.<\/li>\n<li>Robert Weimann\u00a0: \u00ab\u00a0Textual Identity and Relationship\u00a0: A Metacritical Excursion into History\u00a0\u00bb dans\u00a0<em>Identity of the Literary Text<\/em>, Mario J. Valdez et Owen Miller, \u00e9diteurs (Toronto\u00a0: University of Toronto Press, 1985), p. 282.<\/li>\n<li>Peter Novick,\u00a0<em>That Noble Deam\u00a0: The \u201c Objectivity Question \u201d and the American Historical Profession<\/em>\u00a0(Cambridge University Press, 1988), p. 593, 594.<\/li>\n<li>Hayden White,\u00a0<em>Metahistory\u00a0: The Historical Imagination in Nineteenth-Century Europe<\/em>\u00a0(Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1973), p. 21.<\/li>\n<li>Dominick LaCapra,\u00a0<em>Rethinking Intellectual History\u00a0: Texts Contexts Language<\/em>\u00a0(Ithaca\u00a0: Cornell University Press, 1985), p. 61.<\/li>\n<li>Henry Glassie\u00a0: \u00ab\u00a0The Practice and Purpose of History\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Journal of American History<\/em>, 81 (d\u00e9cembre 1994), p. 962.<\/li>\n<li>Joan Wallach Scott\u00a0: \u00ab\u00a0History in Crisis\u00a0? The Others\u2019 Side of the Story\u00a0\u00bb,\u00a0<em>American Historical Review<\/em>, 94 (juin 1989), p. 690, 691.<\/li>\n<li>Tarnas, p. 401.<\/li>\n<li>Megill, p. 42.<\/li>\n<li>Evellyn Fox Keller\u00a0: \u00ab\u00a0Gender and Science\u00a0: 1990\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The Great Ideas Today<\/em>\u00a01990 (Chicago\u00a0: Encyclopedia Britannica Inc., 1990), p. 88, 89.<\/li>\n<li>Richard Rorty\u00a0: \u00ab\u00a0The Independence of Intellectuals\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The Journal of Philosophy<\/em>, 80 (octobre 1983), p. 584-588.<\/li>\n<li>Arthur J. DeJong,\u00a0<em>Reclaiming a Mission\u00a0: New Directions for the Church-Related College<\/em>\u00a0(Grand Rapids, Michigan\u00a0: William B. Eerdmans, 1990), p. 99.<\/li>\n<li>Gene Edward Veith, Jr.,\u00a0<em>Postmodern Times\u00a0: A Christian Guide to Contemporary Thought and Culture<\/em>\u00a0(Wheaton, Illinois\u00a0: Crossway Books, 1994), p. 19.<\/li>\n<\/ol>\n<\/section>\n<\/div>\n<p><\/main><\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2019 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gary Land Dieu est mort\u00a0! Voici, je vous montre le surhomme. Ainsi parlait Nietzsche, le philosophe allemand du XIX\u00e8me si\u00e8cle, en donnant naissance au postmodernisme. Qu\u2019est-ce que le postmodernisme\u00a0? Avant de d\u00e9finir le terme, nous devons comprendre ce qu\u2019est le modernisme. En deux mots, c\u2019est le mouvement qui a mis en valeur la raison et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":1306,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[220,218,222],"tags":[619,618,620],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1304"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1304"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1304\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1306"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1304"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1304"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1304"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}