{"id":1250,"date":"2019-07-09T21:49:16","date_gmt":"2019-07-09T21:49:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/?p=1250"},"modified":"2019-07-20T16:39:56","modified_gmt":"2019-07-20T16:39:56","slug":"comment-choisir-nos-telespectacles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/comment-choisir-nos-telespectacles\/","title":{"rendered":"Comment choisir nos (t\u00e9l\u00e9)spectacles"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"wrapper\">\n<p class=\"byline\">Daniel Reynaud<\/p>\n<p>Les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision se sont multi- pli\u00e9es et sont devenues accessibles en pressant sur un bouton. Films et cassettes vid\u00e9o sont disponibles \u00e0 toute heure du jour et de la nuit. Comment \u00e9viter, dans ces conditions, le dilemme pos\u00e9 aux adventistes du septi\u00e8me jour par les m\u00e9dias visuels, dont la production, pour une grande part, para\u00eet fondamentalement oppos\u00e9e \u00e0 notre foi\u00a0? Violence, sexe, styles de vie nihilistes et mat\u00e9rialisme effr\u00e9n\u00e9 caract\u00e9risent la majeure partie de ce que l\u2019on fait passer pour divertissement. Certains adventistes traitent ce probl\u00e8me en expulsant de leur vie les m\u00e9dias visuels\u00a0: ni t\u00e9l\u00e9vision, ni vid\u00e9o, ni film, autant, selon eux, de facteurs de corruption dont ils se d\u00e9tournent.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Il semble pourtant irr\u00e9aliste de se couper totalement des m\u00e9dias et de leur int\u00e9r\u00eat potentiel. Si nous nous privons de bien les comprendre et de bien les exploiter, notre message risque de tomber dans l\u2019isolationnisme et de perdre toute pertinence. Nous courons aussi le risque de nous retrouver d\u00e9connect\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9, celle-l\u00e0 m\u00eame que nous devons interpeller. Certes, l\u2019acceptation sans restriction ni critique de ce que nous offrent la t\u00e9l\u00e9vision et le cin\u00e9ma n\u2019est pas ce qui convient le mieux au chr\u00e9tien. Mais sur quelle base pouvons-nous alors choisir ce que l\u2019on peut voir et ce qu\u2019il faut \u00e9viter\u00a0?<\/p>\n<h2>M\u00e9dias et valeurs<\/h2>\n<p>Il nous faut d\u2019abord comprendre le mode de fonctionnement des m\u00e9dias, que l\u2019on juge trop souvent \u00e0 l\u2019aune des mythes populaires circulant \u00e0 leur sujet, sans bien r\u00e9fl\u00e9chir aux origines de ces derniers. Or une grande part de ces mythes dont les m\u00e9dias font l\u2019objet sont en fait promus par les m\u00e9dias eux-m\u00eames, dont ils servent les int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>La pr\u00e9occupation premi\u00e8re des m\u00e9dias ne rel\u00e8ve ni de l\u2019esth\u00e9tique ni de la morale. Certains producteurs de ce secteur ont un programme, social ou moral, qu\u2019ils tiennent \u00e0 faire passer, comme, par exemple, une meilleure tol\u00e9rance de l\u2019homosexualit\u00e9 et une attitude plus compatissante envers les personnes atteintes du sida. Mais dans l\u2019ensemble, les m\u00e9dias ne se donnent pas pour t\u00e2che consciente la mise en avant d\u2019un point de vue particulier. Le fait qu\u2019ils adoptent fr\u00e9quemment une position sociale et morale plut\u00f4t uniforme tient plus aux pressions commerciales qui font partie de leur cadre de fonctionnement qu\u2019\u00e0 une quelconque conspiration de m\u00e9chants producteurs.<\/p>\n<p>Il arrive qu\u2019en tant que spectateurs nous nous sentions \u00e0 la merci de ces producteurs et qu\u2019ils semblent nous imposer leurs opinions. Mais on d\u00e9couvre, quand on parle avec eux, qu\u2019ils s\u2019estiment euxm\u00eames souvent \u00e0 la merci de t\u00e9l\u00e9spectateurs peu fiables, dont ils cherchent sans cesse \u00e0 comprendre les go\u00fbts et les d\u00e9sirs afin de les satisfaire. L\u2019histoire des m\u00e9dias est remplie d\u2019exemples de films, d\u2019\u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision et d\u2019albums de musique qui auraient d\u00fb conna\u00eetre le succ\u00e8s mais n\u2019ont rien donn\u00e9. On y avait investi des talents populaires et un travail technique de grande qualit\u00e9, mais, pour une raison qui demeure myst\u00e9rieuse, ces produits ne sont pas parvenus \u00e0 enflammer le public. Comme les \u00e9missions et les films sont en g\u00e9n\u00e9ral fort co\u00fbteux \u00e0 fabriquer, les producteurs sont constamment en qu\u00eate de la formule magique qui leur garantira un rendement digne de leur investissement, toujours fort \u00e9lev\u00e9. D\u2019o\u00f9 la tendance, au cin\u00e9ma, \u00e0 donner \u00e0 un succ\u00e8s commercial des suites et des clones. Il n\u2019emp\u00eache\u00a0: ces producteurs n\u2019ont pas encore pu isoler ce qui fait d\u2019un film un succ\u00e8s et d\u2019un autre un four.<\/p>\n<p>Ayant \u00e9tabli que les m\u00e9dias n\u2019ont pas pour pr\u00e9occupation premi\u00e8re la transmission de valeurs sp\u00e9cifiques, disons alors ce qu\u2019ils sont, avant toute chose\u00a0: des industries. \u00c0 ce titre, leur but essentiel est de faire de l\u2019argent. Comme les films n\u2019engendrent des profits qu\u2019avec la vente des tickets, il leur faut donc plaire au plus large \u00e9ventail possible de publics. Quant \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, sa principale source de revenus est la publicit\u00e9. Si les producteurs de t\u00e9l\u00e9vision attachent de l\u2019importance aux chiffres d\u2019audience, ils en attachent encore plus \u00e0 ce que pensent leurs annonceurs. On pourrait citer de nombreux cas d\u2019\u00e9missions populaires retir\u00e9es des ondes pour la simple raison que les annonceurs ne les consid\u00e9raient pas comme un vecteur ad\u00e9quat pour la promotion de leurs produits. Pour le public, la fonction majeure de la t\u00e9l\u00e9vision est en g\u00e9n\u00e9ral le divertissement, alors que pour les producteurs, elle est le moyen de vendre aux annonceurs l\u2019attention du public.<\/p>\n<p>Quant aux annonceurs, ils attendent des \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision un cadre convenable, qui mette leurs produits en valeur. En g\u00e9n\u00e9ral, cela implique de montrer des gens de race blanche, issus de la strate sup\u00e9rieure de la classe moyenne, au style de vie marqu\u00e9 par une consommation voyante. La pr\u00e9sence de personnages populaires dont le mode de vie est un peu plus on\u00e9reux que le n\u00f4tre encourage la consommation, et c\u2019est donc ce que pr\u00e9f\u00e8rent les annonceurs. Le mat\u00e9rialisme effr\u00e9n\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9vision et, dans une certaine mesure, son racisme (le blanc y est la couleur de peau pr\u00e9dominante) et son sexisme (on voit \u00e0 l\u2019\u00e9cran trois fois plus d\u2019hommes que de femmes et ils tiennent habituellement les leviers de commande) sont largement les retomb\u00e9es de la n\u00e9cessit\u00e9 de programmations qui ne sont l\u00e0 que pour soutenir la publicit\u00e9.<\/p>\n<p>La situation du cin\u00e9ma est l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente, puisqu\u2019il ne d\u00e9pend pas de recettes publicitaires. Son syst\u00e8me de valeurs peut donc varier. Deux facteurs tendent \u00e0 le maintenir dans la ligne des valeurs sociales dominantes\u00a0: le besoin de plaire \u00e0 de vastes segments du public et le placement de divers produits dans les films, une forme d\u00e9guis\u00e9e de publicit\u00e9, puisqu\u2019une entreprise paie pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une couverture significative et favorable de son produit. Si vous distinguez clairement le nom d\u2019une marque au cours d\u2019un film, il est probable que quelqu\u2019un a pay\u00e9 pour qu\u2019elle y soit. C\u2019est particuli\u00e8rement vrai de produits comme les lignes a\u00e9riennes, les cigarettes et l\u2019alcool. Le cin\u00e9ma a tendance \u00e0 renforcer la consommation \u00e9go\u00efste et les attitudes racistes et sexistes.<\/p>\n<p>\u00c0 la t\u00e9l\u00e9vision comme au cin\u00e9ma, ce sont les sc\u00e8nes de sexe et de violence qui retiennent le plus l\u2019attention des chr\u00e9tiens et auxquelles ils s\u2019opposent le plus. Mais souvent, nous nous arr\u00eatons bien moins au mat\u00e9rialisme vulgaire qui rel\u00e8ve de la nature m\u00eame de ces moyens de divertissement, et ce pour la bonne et simple raison que nous partageons les m\u00eames valeurs\u00a0! Or, l\u2019influence des m\u00e9dias est \u00e0 son maximum quand leur message co\u00efncide avec nos valeurs, car ils tendent alors \u00e0 renforcer ce dont nous sommes d\u00e9j\u00e0 convaincus sans en \u00eatre conscients. Quand les m\u00e9dias d\u00e9peignent ce \u00e0 quoi nous nous opposons, nous rejetons alors en toute conscience les id\u00e9es en question, ce qui en minimise l\u2019impact.<\/p>\n<h2>Que regardons-nous\u00a0?<\/h2>\n<p>Ayant d\u00e9crit le processus de fabrication de valeurs par les m\u00e9dias et, dans une certaine mesure, la mani\u00e8re dont ils nous les infligent sans qu\u2019on le sache, nous pouvons maintenant nous pencher sur nos choix de spectacles. Et l\u00e0, deux questions se posent imm\u00e9diatement\u00a0: Qu\u2019allons-nous regarder\u00a0? Et comment allons- nous le regarder\u00a0? Notre choix de programme a besoin d\u2019\u00eatre compl\u00e9t\u00e9 par une certaine attitude \u00e0 adopter en tant que spectateur, par un certain processus de r\u00e9ception et d\u2019\u00e9valuation auquel doivent \u00eatre soumis ces images et ces sons, si nous voulons garder, envers les m\u00e9dias, une saine approche chr\u00e9tienne. Je crois qu\u2019un \u00ab\u00a0comment\u00a0\u00bb ainsi per\u00e7u offre la possibilit\u00e9 d\u2019une interaction chr\u00e9tienne positive avec toute une gamme de m\u00e9dias et que, sans lui, bien peu de m\u00e9dias m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre recommand\u00e9s au (t\u00e9l\u00e9) spectateur chr\u00e9tien.<\/p>\n<p>R\u00e9pondre \u00e0 la question \u00ab\u00a0que regarder\u00a0?\u00a0\u00bb est \u00e0 la fois simple et impossible. Les gens, souvent, r\u00e9clament une liste de films convenables. Mais cela revient beaucoup trop \u00e0 une sorte d\u2019<em>Index<\/em>\u00a0invers\u00e9 \u2014 cette liste de livres interdits sans cesse entretenue par l\u2019\u00c9glise catholique pendant et apr\u00e8s la R\u00e9forme. Or, les films m\u00e9ritant d\u2019\u00eatre vus ne peuvent \u00eatre ainsi class\u00e9s que qualitativement et non quantitativement. En d\u2019autres termes, ce qu\u2019une personne tiendra pour acceptable en un contexte donn\u00e9 s\u2019av\u00e9rera inappropri\u00e9 en d\u2019autres circonstances. \u00c0 l\u2019\u00e9vidence, des personnalit\u00e9s diff\u00e9rentes r\u00e9agiront diversement \u00e0 certains films et programmes t\u00e9l\u00e9visuels, comme il en est pour toute cr\u00e9ation artistique, qu\u2019il s\u2019agisse de musique ou de peinture. Il faut admettre les diff\u00e9rences de go\u00fbt comme faisant partie de la diversit\u00e9 humaine cr\u00e9\u00e9e par Dieu. De quelle mani\u00e8re, donc, choisir un film ou une \u00e9mission \u00e0 regarder\u00a0?<\/p>\n<p>Pour ma part, je me poserais ces questions\u00a0: Ce spectacle refl\u00e8te-t-il le monde ou une partie du monde\u00a0? Va-t-il me rendre plus sensible \u00e0 la souffrance et \u00e0 la joie, \u00e0 la douleur et \u00e0 l\u2019\u00e9merveillement\u00a0? Me fait-il toucher du doigt les \u00e9motions de quelqu\u2019un d\u2019autre\u00a0? Y a-t-il dans sa fabrication un r\u00e9el m\u00e9rite esth\u00e9tique, se r\u00e9gale- t-on en contemplant ses processus cr\u00e9atifs, tels que l\u2019emploi du langage ou la juxtaposition des images\u00a0? Chacun de ces param\u00e8tres offre la possibilit\u00e9 d\u2019une r\u00e9ponse chr\u00e9tienne \u00e0 tout film ou \u00e0 toute \u00e9mission.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re question (cela refl\u00e8te-t-il le monde\u00a0?) revient \u00e0 nous demander de quelle mani\u00e8re les m\u00e9dias nous permettent d\u2019envisager la condition humaine. Cette condition humaine repr\u00e9sent\u00e9e ne sera pas n\u00e9cessairement positive. Bien trop souvent, les chr\u00e9tiens estiment que toute repr\u00e9sentation du mal ne saurait leur convenir et on a eu tendance \u00e0 embrasser une vision du monde tr\u00e8s \u00ab\u00a0Disneyland\u00a0\u00bb, litt\u00e9ralement et m\u00e9taphoriquement. Or, selon moi, cette attitude souffre d\u2019un d\u00e9faut r\u00e9dhibitoire, car elle ne correspond en rien \u00e0 l\u2019image que Dieu nous donne du monde, d\u00e9nu\u00e9e de tout romantisme. La Bible abonde en images du mal tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9es, perturbantes m\u00eame. Le mal y est repr\u00e9sent\u00e9 dans son contexte le plus vaste, b\u00e9n\u00e9ficiant parfois de gains \u00e0 court terme mais toujours source de douleur \u00e0 long terme. Les chr\u00e9tiens doivent donc rejeter les productions qui ignorent la r\u00e9alit\u00e9 du mal et de ses cons\u00e9quences. Bon nombre de programmes sont d\u2019une d\u00e9licatesse excessive, alors qu\u2019un bien plus grand nombre souffre du d\u00e9faut oppos\u00e9, en repr\u00e9sentant le mal sous un angle glamour ou romantique, d\u00e9peignant des comportements sans cons\u00e9quences n\u00e9gatives. Il est typique que leurs h\u00e9ros fassent appel \u00e0 la violence pour parvenir \u00e0 leurs fins ou entretiennent de multiples relations sexuelles sans trace du fardeau affectif propre \u00e0 ce comportement.<\/p>\n<p>Un programme qui refl\u00e8te le monde, ou au moins une partie, doit nous faire ressentir le v\u00e9cu des \u00ab\u00a0vraies gens\u00a0\u00bb. Comprendre la vraie nature du mal, autant que celle du bien, est une d\u00e9marche pr\u00e9cieuse pour un chr\u00e9tien, le rendant plus sensible aux besoins humains et \u00e0 la nature du conflit spirituel qui se d\u00e9roule sur cette plan\u00e8te. Un film n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre r\u00e9aliste pour y parvenir \u2014 pensons aux paraboles de la Bible, qu\u2019il ne faut pas prendre litt\u00e9ralement mais qui n\u2019enseignent pas moins la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Le dernier param\u00e8tre, relatif \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique, est trop souvent n\u00e9glig\u00e9 par les chr\u00e9tiens. Nous avons parmi nos responsabilit\u00e9s le d\u00e9veloppement du jugement esth\u00e9tique, don du Seigneur et reflet de son propre sens de la beaut\u00e9. Outre le plan moral, il convient de regarder et admirer un film ou une \u00e9mission bien r\u00e9alis\u00e9s au plan esth\u00e9tique.<\/p>\n<h2>Comment regarder\u00a0?<\/h2>\n<p>Abordant l\u2019importante question de savoir comment regarder la t\u00e9l\u00e9vision et les films, j\u2019aimerais faire quelques suggestions. N\u2019oubliez pas que les m\u00e9dias sont structur\u00e9s autour de valeurs commerciales. En avoir conscience nous rend plus attentifs \u00e0 leur influence et sert \u00e0 en att\u00e9nuer l\u2019impact. En fait, nous devrions sans cesse garder \u00e0 l\u2019esprit le syst\u00e8me de valeurs sous-jacent que d\u00e9peignent les films. Ces deniers ont tendance \u00e0 comporter deux syst\u00e8mes de valeurs, l\u2019un apparent, l\u2019autre sous-jacent, pouvant d\u2019ailleurs \u00eatre en opposition l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. Prenons par exemple\u00a0<em>Le journal de Bridget Jones<\/em>, r\u00e9cent succ\u00e8s cin\u00e9matographique\u00a0: ses valeurs apparentes semblent favoriser des attitudes sexuelles l\u00e9g\u00e8res, alors que ses valeurs sous-jacentes parlent de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 et de l\u2019identit\u00e9 de la personne. Si on le regarde dans une optique positive, ce film peut sensibiliser aux situations auxquelles sont confront\u00e9s les gens du monde, alors que, si on le voit superficiellement, ce peut \u00eatre simplement \u00e0 titre de divertissement ou m\u00eame comme une exp\u00e9rience n\u00e9gative.<\/p>\n<p>Avoir conscience des valeurs dont sont porteurs les produits m\u00e9diatiques peut nous aider \u00e0 y r\u00e9pondre de mani\u00e8re appropri\u00e9e. Il est aussi utile de conna\u00eetre une partie au moins des processus de fabrication d\u2019une \u00e9mission ou d\u2019un film. La connaissance, par exemple, des techniques cin\u00e9matographiques de base peut nous amener \u00e0 comprendre comment les m\u00e9dias s\u2019y prennent pour nous persuader\u00a0: angles de prise de vue, lumi\u00e8re, montage, bande sonore \u2014 autant de facteurs qui fa\u00e7onnent notre r\u00e9action aux personnages camp\u00e9s par les acteurs. Et mieux nous connaissons ces processus, plus nous serons aptes \u00e0 ma\u00eetriser notre r\u00e9ponse aux m\u00e9dias.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 dix ans que j\u2019enseigne les m\u00e9dias au niveau universitaire. La r\u00e9action la plus courante de mes \u00e9tudiants, une fois qu\u2019ils ont pris connaissance des techniques cin\u00e9matographiques, est un sain m\u00e9pris pour les salet\u00e9s ou imb\u00e9cillit\u00e9s qu\u2019ils regardaient auparavant. Ils se montrent bien plus difficiles dans leur choix de ce qu\u2019ils regardent et dans leur mani\u00e8re de r\u00e9agir \u00e0 ce qu\u2019ils voient. En d\u2019autres termes, le savoir cin\u00e9matographique inverse le rapport de force entre film et spectateur, en faveur du second.<\/p>\n<p>Il y a d\u2019autres fa\u00e7ons d\u2019\u00e9duquer ce dernier. Ainsi, par exemple, la plupart des films et des \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision font l\u2019objet d\u2019\u00e9valuations publi\u00e9es dans la presse, qui ne sont bien entendu pas n\u00e9cessairement r\u00e9dig\u00e9es d\u2019un point de vue chr\u00e9tien. Quant aux critiques, ils ne sont pas toujours justes, faisant souvent preuve d\u2019une attitude \u00e9litiste envers le cin\u00e9ma populaire. Ces articles critiques, n\u00e9anmoins, donnent des perspectives sur les nouveaut\u00e9s offertes par les m\u00e9dias et pveneut permettre au spectateur d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019autonomie. Autre approche utile pour regarder des films d\u2019un point de vue chr\u00e9tien positif\u00a0: on peut en discuter avec d\u2019autres personnes apr\u00e8s les avoir vus et se livrer, en particulier, \u00e0 l\u2019analyse de leurs syst\u00e8mes de valeurs. Le faire r\u00e9guli\u00e8rement contribue \u00e0 renforcer notre aptitude \u00e0 comprendre les films, tandis que s\u2019informer du point de vue d\u2019autrui permet d\u2019\u00e9largir notre champ de vision et de nous faire prendre conscience d\u2019aspects que l\u2019on peut ne pas y avoir d\u00e9cel\u00e9s.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>Je voudrais, pour conclure, faire un bref commentaire sur deux films \u00e0 succ\u00e8s relativement r\u00e9cents\u00a0:\u00a0<em>Shrek<\/em>\u00a0et\u00a0<em>Pearl Harbor<\/em>. Il se peut que ma r\u00e9action vous d\u00e9plaise, mais nous aurons quand m\u00eame examin\u00e9 ensemble les valeurs qui soustendent ces deux films.<\/p>\n<p>J\u2019ai r\u00e9agi plut\u00f4t n\u00e9gativement \u00e0\u00a0<em>Pearl Harbor<\/em>. Expertement r\u00e9alis\u00e9 et d\u2019un excellent niveau technique, ce film montrait clairement les horreurs de la guerre. J\u2019ai pourtant estim\u00e9 que ces vertus \u00e9taient contrebalanc\u00e9es par de graves d\u00e9fauts\u00a0: pauvret\u00e9 du script, surabondance des clich\u00e9s dans le r\u00e9cit, traitement superficiel des personnages et grande l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des th\u00e8mes abord\u00e9s, dont la dynamique r\u00e9sidait surtout dans le besoin de r\u00e9soudre un triangle amoureux. En bien des points, il m\u2019a rappel\u00e9\u00a0<em>Titanic<\/em>, autre film dont les prouesses techniques dissimulaient des d\u00e9fauts du m\u00eame ordre. Ce qui rend ces deux films encore pires est qu\u2019ils donnent l\u2019illusion de nous montrer vraiment des \u00e9v\u00e9nements historiques r\u00e9els. Au plan technique, tous deux pr\u00e9sentent de nombreux aspects du r\u00e9el \u2014 les navires et avions, par exemple, ont l\u2019air tout \u00e0 fait authentiques. Mais ils se servent de cette perfection technique pour nous \u00ab\u00a0vendre\u00a0\u00bb un syst\u00e8me de valeurs sentimentaliste et superficiel.<\/p>\n<p><em>Shrek<\/em>, de son c\u00f4t\u00e9, est l\u2019exemple classique d\u2019une fiction se colletant avec des questions bien r\u00e9elles. Ses images sont produites sur ordinateur et l\u2019histoire qu\u2019il raconte est une fable incorporant tous les contes de f\u00e9es. Mais ce film traite des rapports humains sur un mode qui refl\u00e8te toute la complexit\u00e9 \u00e0 laquelle nous sommes confront\u00e9s dans la vie r\u00e9elle. Ses personnages sont porteurs de valeurs qui se font concurrence et exigent toutes d\u2019\u00eatre prioritaires \u2014 et ils doivent choisir. En fin de compte, les principaux personnages optent pour des rapports reposant sur la confiance et le pardon plut\u00f4t que sur l\u2019enrichissement personnel et les apparences superficielles. Le clou du film, quand la princesse se transforme en cr\u00e9ature rondelette et plut\u00f4t laide, tout comme Shrek, souligne que la vraie valeur humaine ne peut \u00eatre fond\u00e9e sur la seule apparence ext\u00e9rieure. Malgr\u00e9 de l\u2019emploi de quelques mots grossiers, ce film m\u00e9rite, dans une perspective chr\u00e9tienne, qu\u2019on y r\u00e9agisse favorablement.<\/p>\n<p class=\"about\">Daniel Reynaud (doctorat de l\u2019universit\u00e9 de Newcastle, Angleterre) est ma\u00eetre assistant \u00e0 la Facult\u00e9 des lettres et sciences humaines de l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure adventiste d\u2019Avondale, \u00e0 Cooranbong, Australie. Il est l\u2019auteur de Media Values\u00a0: Christian Perspectives on the Mass Media (Cooranbong\u00a0: Avondale Academic Press, 1999). Email\u00a0:\u00a0daniel.reynaud@avondale.edu.au<\/p>\n<h2>Citation recommand\u00e9e<\/h2>\n<p>REYNAUD Daniel, \u00ab Comment choisir nos (t\u00e9l\u00e9)spectacles \u00bb,\u00a0<i>Dialogue<\/i>\u00a014 (2002\/3), p. 15-17, 21<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<footer>\n<div class=\"wrapper\"><a href=\"https:\/\/education.adventist.org\/amicus\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a9 Comit\u00e9 pour les \u00e9tudiants et dipl\u00f4m\u00e9s universitaires adventistes (CEDUA)<\/a>, 2014 &#8211; 2019 \u00a0\u00a0|\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/dialogue.adventist.org\/fr\/confidentialite\">Confidentialit\u00e9<\/a><\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Daniel Reynaud Les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision se sont multi- pli\u00e9es et sont devenues accessibles en pressant sur un bouton. Films et cassettes vid\u00e9o sont disponibles \u00e0 toute heure du jour et de la nuit. Comment \u00e9viter, dans ces conditions, le dilemme pos\u00e9 aux adventistes du septi\u00e8me jour par les m\u00e9dias visuels, dont la production, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":57,"featured_media":1252,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[218,223,217,222],"tags":[594,593],"aioseo_notices":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1250"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1250"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1250\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1252"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1250"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1250"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.adventdesk.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1250"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}